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Les impacts potentiels dans le cadre d’une exploitation des encroûtements cobaltifères sont les suivants : La destruction de l’habitat Les encroûtements cobaltifères, couches dont l’épaisseur varie de 1 à 26 cm, servent de substrats durs (comme les nodules) à des communautés microbiennes complexes et à de nombreux organismes sessiles tels que les coraux, gorgones ou éponges. Les espèces arborescentes servent elles-mêmes d’habitat à d’autres nombreuses espèces. La récupération de ce substrat dur modifiera profondément l’habitat et aura un impact indéniable sur les communautés initialement présentes. Formation de nuages de particules fines et grossières Comme pour les nodules, le procédé de broyage est envisagé pour les encroûtements, au niveau de l’engin de récupération du minerai, opération créant une quantité potentiellement importante de particules riches en éléments métalliques. Les monts sous-marins sur les flancs desquels se développent des communautés denses, avec une productivité primaire très importante, se situent à des profondeurs extrêmement variées. Ces encroûtements peuvent être recouverts par endroits d’une couche sédimentaire plus ou moins importante. La quantité et la nature des particules remise en suspension seront donc fortement dépendantes : • des caractéristiques locales du site d’exploitation, • de leur dispersion par les courants locaux. L’emprise spatiale de l’impact apparaît fortement dépendante de la technologie de broyage, mais aussi de la quantité présente initialement dans les sédiments, ainsi que des contraintes physiques, géologiques et courantologiques. Destruction directe et indirecte d’un certain nombre d’animaux et de micro-organismes au niveau du plancher océanique Lors des opérations de collecte et de broyage, certaines communautés d’organismes seront détruites par le passage des collecteurs et par les dispositifs de collecte et de broyage. Les particules en suspension poseront aussi aux organismes survivants les mêmes problèmes d’ensevelissement, de difficulté à se nourrir et de changement dans l’hétérogénéité du substrat que pour les nodules. La principale différence tient au fait que les encroûtements se trouvent à des profondeurs et dans des environnements très variés : de 400 à 4 000 m de profondeur et sur des monts sous-marins isolés, des volcans, sur le bord externe de plateaux sous-marins, au niveau des élévations sousmarines intra-plaques, ou encore dans les formations coralliennes d’anciens atolls immergés. Les récifs coralliens et les monts sous-marins sont connus pour être en règle générale des points chauds de biodiversité. L’ampleur de la perte en termes de biodiversité sera fortement dépendante de chaque site, et ne peut être extrapolée d’un site à l’autre, même si les causes sont sensiblement bien identifiées. Augmentation de la concentration de composés toxiques dans le milieu Si, comme pour les nodules, l’opération de broyage risque d’entraîner la formation de particules fines riches en métaux et susceptibles d’être redisséminées dans le milieu, les capacités technologiques de récupération des métaux des encroûtements, par lixiviation in situ constitue un risque 60


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