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La présence d’oxygène et la dispersion des métaux sous forme de particules fines favoriseront leur oxydation et leur libération. Il sera très important d’établir la distribution et la réactivité des particules émises par l’activité minière, compte-tenu des conditions naturelles. Si des molécules organiques capables de complexer les métaux peuvent ralentir l’oxydation, elles peuvent aussi les stabiliser en suspension sous des formes colloïdales et favoriser leur transport avec les masses d’eaux, étendant grandement la zone impactée. La dissolution des sulfures et leur oxydation peut également conduire à la consommation de l’oxygène de l’eau et une diminution du pH local, entraînant des modifications importantes de la physicochimie de l’environnement. La résilience de la faune des sites actifs, instables, est très étudiée, contrairement à celle des communautés de zones inactives qui sont particulièrement stables dans le temps. Par ailleurs, le rôle écologique d’espèces à croissance lente comme les coraux d’eau froide y est aussi plus marqué. La résilience des communautés de zones inactives ne peut pas être prédite au regard de ce qui est connu pour les zones actives. On dispose de très peu d’éléments permettant de prévoir la réponse des communautés à recoloniser la zone après la destruction de l’habitat. 5.2.4. Impacts spécifiques à l’hydrogène A l’heure actuelle, nous ne disposons d’aucune information sur les technologies envisagées pour une exploitation potentielle de l’hydrogène hydrothermal. La faune des sites hydrothermaux présentant de fortes émissions d’hydrogène est également très peu documentée. Il est dans ce cadre impossible d’identifier des impacts pour l’exploitation de cette ressource. 5.2.5. Impacts d’exploitation communs aux nodules, encroûtements et sulfures Dans les trois cas, les principaux risques pour la biodiversité des zones d’exploitation et à proximité sont donc : De voir disparaître entièrement des espèces ou d’en mettre en danger d’extinction par destruction directe des individus, destruction ou réduction de l’habitat de l’espèce, réduction de leur source de nourriture ou de leur capacité à se nourrir ou encore exposition à des paramètres physicochimiques et écotoxicologiques très différents. Nous n’avons pas trouvé d’information sur la tolérance de la faune des champs de nodules ou des encroûtements aux métaux lourds. Concernant la faune hydrothermale, de nombreuses études traitent des mécanismes d’adaptation d’espèces-clés des zones hydrothermales actives aux métaux lourds, mais très rares sont les données sur leurs seuils de tolérances ou sur les mécanismes d’accumulation des métaux dans l’organisme qui pourraient avoir comme impact secondaire une augmentation et une amplification des métaux lourds dans les différents maillons du réseau trophique. L’intégration de métaux lourds dans ces organismes profonds représente aussi un risque potentiel de rendre impropres à la consommation des espèces commercialisables, en fonction des connectivités locales entre écosystèmes. 64


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