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5.3. Conséquences économiques possibles A l’heure actuelle, les études d’impacts environnementaux restent circonscrites aux impacts fonctionnels sur l’environnement. Or le bon fonctionnement des écosystèmes et l’état des divers types d’environnements déterminent la qualité et la valeur des services qu’ils rendent aux sociétés humaines. Une baisse de qualité/rendement des services est fortement susceptible d’avoir des conséquences économiques. La méthodologie d’évaluation des conséquences économiques des impacts environnementaux est cependant toujours à mettre en place et à systématiser. Les impacts environnementaux risquant d’avoir des conséquences économiques sont liés principalement à une atteinte de la biodiversité ; majoritairement indirects, ils agissent en synergie avec des impacts environnementaux liés à d’autres activités anthropiques. Les activités économiques les plus susceptibles d’être impactés sont la pêche (les pêcheries d’eau profonde en particulier) et le tourisme. La probabilité d’une perturbation du transport d’énergie et d’information via les réseaux de câbles sous-marins est moins forte que pour la pêche et le tourisme. Elle tient de l’accident. Cependant, si cet accident devait se produire, les conséquences économiques pourraient s’avérer considérables pour les nations concernées au vu de la dépendance de nos sociétés à l’information, notamment. Les biotechnologies et la recherche sont également fortement concernées, non en termes de gains existants, mais en termes de gains à venir. Une perte de biodiversité est synonyme d’une perte de potentialités économiques et d’améliorations sociétales. Enfin, les activités de préservation de ces écosystèmes profonds exceptionnels et des écosystèmes connectés, au travers notamment d’aires marines protégées, contribuent également à l’économie : ce sont des investissements qui peuvent créer de l’emploi et des infrastructures. Les aires marines protégées permettent de conserver des opportunités économiques, d’en créer de nouvelles, d’améliorer des opportunités récréatives et de préserver des opportunités scientifiques et des valeurs culturelles. Elles sont susceptibles d’attirer les touristes et les chercheurs et participent au « bien-être » général, dans l’acception de la définition du service écosystémique. Le coût de leur mise en place et de leur gestion devra être évalué en regard de l’évaluation économique des services écosystémiques préservés. Tous ces impacts économiques sont cumulatifs, mais ne sont pas susceptibles de se produire tous, en toutes circonstances. Ils dépendent à la fois de la localisation précise des gisements (au sens industriel du terme), de l’organisation économique locale initiale, des services écosystémiques rendus localement et de l’ampleur des impacts environnementaux. Les services écosystémiques sont difficilement monétarisables et les impacts environnementaux (destruction des environnements profonds, perte de la biodiversité sur les sites miniers, en dehors des sites miniers à cause de la diffusion des panaches de particules et dans les zones de rejets des déchets miniers, modification des paramètres physico-chimiques, perturbation voire mise en place de nouveaux écosystèmes profonds ou disparition et dans la zone de rejet des déchets), eux-mêmes, à l’heure actuelle, sont peu quantifiables. Par répercussion, il est donc encore difficile de chiffrer les conséquences économiques de ces impacts environnementaux. 73 Expertise scientifique colective CNRS-Ifremer


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