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A ce jour, il existe peu de méthodologies d’évaluation des impacts en environnements profonds (projet Nautilus et exploitation pétrolière offshore par exemple). L’AIFM propose ainsi des recommandations aux Etats membres pour l’évaluation de ces impacts. L’accès à ces environnements profonds reste difficile et nécessite de mettre en oeuvre d’importants moyens comme la flotte hauturière au cours de campagnes longues. Les méthodologies et stratégies actuellement mises en place lors de ces campagnes sont du domaine de la recherche fondamentale et donc difficilement applicables directement de manière opérationnelle dans le cadre d’études d’impact. Le besoin affiché concerne le développement, la validation et le test de protocoles standardisés d’évaluation des impacts pouvant aller jusqu’à la mise en place de projets pilotes. Cette étape de recherche méthodologique sera ainsi cruciale pour pouvoir ensuite proposer des protocoles efficaces et compatibles avec les contraintes industrielles tout en respectant le cadre réglementaire. De plus, partant du constat que l’impact d’une exploitation ne se limite pas aux frontières strictes du permis d’exploitation et que les impacts cumulatifs sont également à évaluer et donc à gérer, il apparait nécessaire de mettre en place une gouvernance et une gestion intégrée à l’échelle internationale. Ce mode de gestion intégrée est déjà mis en place pour la pêche profonde dans le cadre notamment du CIEM (qui intègre un groupe sur les environnements profonds). L’AIFM propose également, dans le cadre d’un plan de gestion environnementale liée à l’exploitation des nodules polymétalliques, la mise en place de 9 zones témoins de préservation à l’échelle de la zone Clarion- Clipperton (Figure 20). Ces contraintes liées à l’application de différents outils de préservation de l’environnement au milieu profond font apparaître la nécessité de définir et valider expérimentalement des stratégies d’évaluation et de suivi des impacts environnementaux qui soient réalistes et opérationnelles, acceptables scientifiquement et applicables financièrement. 6.2. Les stratégies d’évaluation et de suivi des impacts environnementaux 6.2.1. Les stratégies dans le cadre d’exploitations connues Aucune exploitation de ressources minérales profondes n’a encore débuté. Seuls des projets d’exploration sont en cours. Il n’existe donc pas de suivis des impacts environnementaux liés à des exploitations (mis à part à l’état de projet pour le cas de Nautilus en Papouasie Nouvelle Guinée) et les quelques suivis existants liés à l’exploration sont pour la plupart confidentiels. Néanmoins, les ressources marines en général sont déjà largement exploitées par l’homme ; c’est le cas des granulats marins, des énergies marines renouvelables, des hydrocarbures et des ressources halieutiques. Les granulats marins sont les matériaux minéraux qui sont extraits du fond de l’océan. La recherche et l’exploitation de ces substances minérales, localisées le plus souvent sur le domaine public maritime sont des activités strictement réglementées, qui relèvent du code minier et du code de l’environnement. L’éolien « posé » repose sur une structure enfoncée dans le fond marin. Il est plutôt installé dans des eaux peu profondes (jusqu’à 30 m de fond) et à moins de 30 kms de la côte (DPM et zone contigüe) 80


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