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Renforcer la gestion et l’accès aux données. Un effort particulier est nécessaire pour coordonner et diversifier la collecte des données relatives aux milieux profonds, et, à l’instar des travaux et initiatives réalisés pour les milieux terrestres dans le cadre du GBIF (système mondial d’information sur la biodiversité : http://www.gbif.org/), assurer le recensement et la mise à disposition de toutes les données, au sein d’un système mondial d’information. Outre la collecte et la mise à disposition de données, il s’agira également d’inclure les métadonnées sur les facteurs biotiques, abiotiques (incluant les données climatiques), économiques, sociologiques, etc. En effet, ces différentes sources d’information sont souvent stockées et codées suivant des normes contingentes à chaque communauté scientifique, sans réel souci d’interfaçage avec les autres disciplines. Pour une utilisation optimale des différents jeux de données, un effort important semble maintenant nécessaire pour proposer une normalisation de leur codage et de leur mise en forme. Certaines initiatives vont d’ores et déjà dans ce sens, mais elles restent encore limitées et nécessitent un soutien fort des institutions. Il s’agira aussi de vaincre les nombreuses limites techniques et un frein socio-culturel à la mise en commun et à l’utilisation des données, que ce soit dans les opérations de collecte et traitement de données ou dans les activités de synthèse. 7.2. Evaluer les services écosystémiques et développer des mesures en faveur de la gestion des environnements profonds Nous ne sommes pas, actuellement, capables d’établir la liste complète des biens et services fournis par les milieux marins profonds et leurs écosystèmes, ni d’estimer précisément leur valeur. Le développement de modèles écosystémiques intégrant les différents aspects écologiques, sociaux, économiques et environnementaux devrait permettre de quantifier les différentes interactions et constitue une première étape dans l’établissement de scénarii d’impacts et de gestion, ainsi que dans l’identification d’alternatives possibles. Comme pour les services écosystémiques, l’évaluation économique des impacts nécessite le développement de nouvelles approches économiques permettant la combinaison des différentes méthodes de monétarisation existantes. L’évaluation environnementale doit aboutir à la définition de modes de gestion et de gouvernance, qui sont eux-mêmes des objets de recherche en constante évolution. Il s’agira d’envisager des stratégies d’étude intégrées, ciblées sur les habitats types afin de définir les stratégies de conservation, les mesures de compensation ou de restauration et en optimiser l’efficacité. Dans ce cadre, il apparaît pertinent de mettre en place un programme national de recherche géologique et biologique des fonds marins, incluant une exploration ciblée de la ZEE française et des fonds internationaux, sur dix ans pour permettre la définition de protocoles efficaces pour l’évaluation des impacts, sur des zones pilotes. Ces « expériences » doivent servir à affiner les opérations futures et définir un « cahier des charges » d’études d’impact évolutif, en aucun cas définitif. 88


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