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genomique-environnementale

VII Coordinateurs : Line Le Gall et Guillaume Lecointre STRUCTURE ET DYNAMIQUE DE LA BIODIVERSITÉ Contributeurs : Eric Bapteste , Régis Debruyne, Nicolas Puillandre, Jean-François Silvain La biodiversité est un concept permettant la prise en compte de la structure et de la dynamique du vivant non seulement à l’échelle des espèces, mais également aux échelles infra-spécifique et supra-spécifique. La richesse du concept va presque de soi, quand on sait qu’il y a cinq à dix fois plus de divergence génétique entre deux chimpanzés de l’espèce Pan troglodytes qu’entre deux humains les plus distants (figure 7A), et que la variation génétique comprise au sein d’une seule espèce d’angiospermes est en moyenne bien supérieure aux variations génétiques connues au sein d’une espèce de coléoptère. Par ailleurs, les interactions et associations d’es-pèces en coexistence locale réalisent des communautés qui se structurent elles-mêmes à leur échelle. Bref, compter les « espèces » n’est que la première étape d’une étude de la biodiversité, qui se poursuit par l’analyse des liens, y compris historiques, et des interactions. La demande est forte pour que la biodiversité soit d’abord appréhendée en termes de fonc-tions réalisées dans sa dynamique actuelle au sein des écosystèmes, jusqu’à l’estimation des « services écosystémiques » auxquels elle contri-bue et qui permettent de communiquer dans un cadre économique, juridique et social. Cette approche est légitime, puisque la première des demandes de la société est de pouvoir prédire comment les changements apportés par les acti-vités humaines, en perturbant les dynamiques du vivant, vont modifier la fourniture des services à l’homme par les écosystèmes. Derrière les fonc-tions et les services il y a des espèces et si la tendance récente a été de privilégier le rôle écolo-gique de la biodiversité dite commune, éventuel-lement réductible à un nombre limité de groupes fonctionnels, des travaux récents soulignent au contraire l’importance des espèces rares, aux traits de vie remarquables et fonctionnellement vulnérables, dans le fonctionnement des écosys-tèmes, même les plus diversifiés (voir Focus 11.4 Mouillot et al. 2013). Il ne faut donc pas négliger la dimension historique sans laquelle on estime mal l’originalité des structures et des traits des organismes, en termes d’héritage. Dans une sa-vane africaine, un pangolin et un oryctérope sont tous deux des prédateurs d’insectes sociaux, mais en termes de divergence historique et ana-tomique les pangolins sont plus originaux que les oryctéropes, dont il existe dans le même milieu de proches cousins (damans, éléphants, rats à trompe). L’ordre écologique (Barbault 2006) ne reflète pas toujours l’ordre historique. PROSPECTIVE DE L’INSTITUT ECOLOGIE ET ENVIRONNEMENT DU CNRS 35 Variabilité génétique intraspécifique eng Figure 7A. Variabilité génétique intraspéci-fique chez le chimpanzé et l’homme.


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