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INEE : Prospective écologie fonctionnelle

• Coupler la spéciation des substances avec doit se poursuivre, surtout dans le contexte de leurs réactivités chimique et biologique (incluant l’étude des multi-contaminations: les interac- les réactions biotiques agissant sur la spéciation tions entre les polluants doivent être maîtrisées / production / dégradation de substances) et les pour comprendre les effets sur le vivant. transferts directs et indirects au sein des ré- A l’interface entre écotoxicologie et écologie : les seaux trophiques. recherches sont indispensables pour intégrer les • Hiérarchiser les substances à considérer effets des polluants au niveau des écosystèmes. selon des critères issus de l’expologie intégrant Il est nécessaire de rapprocher les communau- la variabilité spatiale et temporelle des niveaux tés d’écotoxicologues de celle des écologues et de concentration, la spéciation physique (de dis- de partager/confronter les concepts théoriques. sous à nano-matériaux) et chimiques (état redox, A l’interface entre écotoxicologie et sciences so- isotopie, complexes minéraux, organiques…etc) ciales, il est nécessaire de renforcer les colla- et la biodisponibilité des substances. borations destinées à comprendre l’évolution et • Développer des méthodes d'analyse élargis- la diversité des milieux, sous forçages anthro- sant la gamme des molécules quantifiables pique et climatique. Ce lien est indispensable parmi celles susceptibles d'être présentes dans pour intégrer l’Homme de manière centrale à di- diverses matrices (composés macromolécu- verses échelles de temps et d’espace dans laires, métabolites et produits de dégradation, l’évolution des milieux actuels en référence à polluants émergents, colloïdes, nano-maté- ceux du passé. riaux...).Ces méthodes d’analyse et d’évaluati n Ces interfaces soulignent le rôle crucial de rap- d’impact sur le vivant de ces substances et de prochement disciplinaire que l’écotoxicologie leurs métabolites devront permettre de quanti- peut jouer au sein de l’INEE et avec d’autres ins- fier les substances à des teneurs susceptibles tituts du CNRS : INSU, INC et INSHS. d'effets dans l'environnement. Le CNRS doit clairement se positionner sur les • Développer des démarches d'étude du stress mécanismes fondamentaux qui régissent la dy- multiple, incluant les interactions entre contami- namique des contaminants, leurs effets à diffé- nants chimiques (métalliques et/ou organiques), rentes échelles et la complexité régissant les contaminants biologiques (agents pathogènes interactions à différentes échelles. Toute connais- bactériens ou viraux, parasites, toxines) et fac- sance fondamentale doit fournir des informations teurs physico-chimiques majeurs de l'environne- aux organismes orientés vers les problématiques ment (température, oxygénation des eaux par ex, Santé-Environnement (e.g. INSERM) ou Agricul- notamment en lien avec le réchauffement clima- ture-Environnement (e.g. INRA) ou dont les proro- tique global). Ces développements sont néces- gatives sont de fournir un cadre d’usages ou de saires à la définition des interactions entre législation (e.g. INERIS, ANSES, …). facteurs (synergie, antagonisme ou simple effet Afin d’améliorer la lisibilité du CNRS sur les pro- additif) et à la caractérisation des capacités blématiques d’écotoxicologie il est nécessairede d'adaptation des organismes qui y sont soumis. réaliser des recrutements de personnels sur des La vulnérabilité des espèces peut ainsi être for- projetsauxinterfacesde discipli es(e.g.écologie, tement modulée selon la nature, l'intensité et la biogéochimie, sciences sociales et humaines,…). successivité des stress subis. L’évaluation des chercheurs doit tenir comptede la Le CNRS peut avoir une action clef dans le ren- prise de risques liée à ces thématiques d’inter- forcement des recherches et des questionne- faces souvent difficiles à évaluer dans le cadreet ments aux interfaces : avec les critères des évaluations actuelles. Entre écotoxicologie, géochimie et bio-physico- Le CNRS doit être moteur dans la stratégie scien- chimie, il est nécessaire de déterminer les mé- tifique de cette thématique par des appels à pro- canismes réactionnels des interfaces eau – jets financés sur ressources propres ou sur sédiment/sol – organisme vivant. Les notions de ressources inter-organismes sur des questions biodisponibilité et de spéciation s’avèrent es- scientifiques novatrices et fondamentales. sentielles. L’association bio–physico-chimie / Des outils spécifiques à des questions d’éco- écotoxicologie-biologie devient indispensable et toxicologie à moyennes échelles doivent être dé- va au-delà du lien chimie-écotoxicologie. Il existe veloppés en collaboration avec ceux mis en déjà des exemples de cette association que ce oeuvre par d’autres organismes (e.g. INERIS, soit en interne au sein des organismes (IRSTEA, INRA, …). Une lisibilité nationale inter-orga- CNRS, INRA, …), ou grâce à des programmes nismes de ces outils doit être mise en place pour comme PNETOX ou EC2CO etc… mais l’effort une meilleure complémentarité et fonctionnalité. 17


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