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INEE : Prospective écologie fonctionnelle

(1) l’action à longterme desactionsanthropiques rentes selon la catégorie d’organismes consi- sur le fonctionnement des écosystèmeset dérés), et sont susceptibles de régir de manière (2) les potentialités objectives de restauration différente le fonctionnement des communautés des écosystèmes, qui prennent en compte les et des écosystèmes qui les contiennent (et par bénéfices à long terme de telle actions. là même, les conclusions théoriques que l’on • Les végétaux, en interaction ou non avec les pourrait tirer de l’analyse d’un compartiment bio- communautés de microorganismes, ont un rôle logique donné). majeur dans le fonctionnement des écosys- L’implication du CNRS dans les recherches en tèmes aquatiques et terrestres (production de écologie fonctionnelle s’est manifestée, et conti- matière organique, construction de niches, struc- nue de l’être, à travers plusieurs dispositifs de turation de l’habitat et de sa dynamique). Cette soutien sur le court terme (p.ex., programmes composante de l’écologie fonctionnelle est in- EC2CO portés par l’INSU et l’INEE) ou le long suffisamment considérée dans la communauté terme (systèmes d’observation et d’expérimen- nationale, peut être en partie du fait du faible tation, très grands équipements expérimentaux). nombre d’unités de recherche et de leur concen- Ces dispositifs sont extrêmement utiles, ne se- tration, ce qui diminue l’impact de la commu- rait-ce que pour leur contribution à la structura- nauté au niveau international, en diminuant de tion d’une communauté qui reste clairsemée au manière mécanique les interactions scienti- plan national. Les services écosystémiques com- fiques entre individus et laboratoires, et donc la mencent à être pris en considération, mais ces productivité. La disjonction entre les acteurs de démarches restent encore locales, et parfois em- la recherche (d’une part, les écologues végé- piriques. Les approches prenant en considéra- taux, et d’autre part, les géochimistes étudiant tion l’histoire de gestion des écosystèmes la dynamique des sols et de la matière orga- imposent des rapprochements entre sciences nique) est probablement également une cause sociales, économie, géographie, et écologie. De de cette faiblesse. Ce champ devrait être ren- telles démarches sont en pleine émergence, forcé en veillant à mieux répartir les forces dans grâce en particulier aux observatoires dédiésaux des laboratoires se focalisant sur des écosys- socio-écosystèmes (dans le cadre des ZA par tèmes et des problématiques contrastées. exemple) et aux programmes interdisciplinaires • L’écologie trophique, associée aux principes de l’ANR de type SYSTERRA ou VMCS. Ces inci- de la stochiométrie, est une voie prometteuse tations devraient être fructueuses à moyen pour mieux comprendre la manière dont les flux terme à la condition que de tels programmes de matière et d’énergie s’organisent dans les puissent être poursuivis et amplifiés. écosystèmes, en particulier si l’on articule ces Pour soutenir les démarches de typologie des outils avec les problématiques liées aux altéra- écosystèmes et de mesure de leur vulnérabilité tions des écosystèmes(polluant ,eutrophisation, et des services associés, il serait probablement changements physiques ou thermiques) et non nécessaire de lancer des appels d’offres ciblés pas uniquement dans des approches de chaines sur de telles analyses, en tentant de mieux pren- trophiques déconnectées des contraintes liées à dre en considération les différents types d’éco- l’habitat. Dans ce contexte,émergent des possi- systèmes d’intérêt pour les gestionnaires du bilités de mesurer l’effetde certaines altérations territoire, et de favoriser les analyses situées à environnementalessur les chaines trophiques,et l’échelle des écosystèmes,et mettant en oeuvre la stabilité des écosystèmes. les outils et les angles d’approches cités plus haut. Un soutien affiché aux démarches d’éco- Il existe un cadre théorique du fonctionnement logie expérimentale et d’écologie de la restau- des écosystèmes (voir la synthèse de Leibold et ration permettra de renforcer ces recherches sur al. 2004,par exemple), mais ce cadre théorique, ce volet. Un tel appel à projets pourrait contri- qui repose parfois sur des principes énoncés il buer à renforcer l’équilibre entre modélisation et y a longtemps, reste à approfondir, ne serait ce approches expérimentales et corrélatives (à dé- que dans les échelles spatiales et temporelles velopper et renforcer), en mettant en exergue auxquelles ces modèles sont susceptibles de leur complémentarité. s’appliquer,et dans quel ordre hiérarchique. En effet, les échelles spatiales et temporelles des variations de l’habitat interfèrent avec les échelles spatiales et temporelles de caractéri- sation des compartiments biologiques (diffé- 31 PROSPECTIVE DE L’INSTITUT ECOLOGIE ET ENVIRONNEMENT DU CNRS


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