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INEE : Prospective écologie fonctionnelle

III.7.4 Perspectives Les grands enjeux de recherche en France dans chant à la gestion et à la restauration des éco- le domaine de la gestion des écosystèmes re- systèmes (voir cependant les études de biore- posent sur : médiation, par exemple). Pourtant, la • L’histoire de la formation et de l’exploitation connaissance de ces organismes pourrait contri- passée des écosystèmes régit fortement leur buer à la mise en place d’une véritable ingénie- biodiversité et leurs fonctionnements actuels. rie écologique. Celle-ci serait ainsi basée, non Elle les influencera encore sur des périodes pas sur des techniques coûteuses en énergies longues (de quelques dizaines d’années à plu- fossiles et impacts environnementaux (génie sieurs siècles), surtout après application de nou- civil), mais sur des techniques durables de veaux régimes de perturbations pour leur gestion conservation, de réhabilitation, de conservation conservatoire et/ou restauration. Les approches ou de réaffectation des écosystèmes. combinant les analyses rétrospectives de la for- mation et de l’utilisation passée des écosys- L’implication du CNRS dans les recherches sur la tèmes (paléoécologie, écologie historique) et les gestion des écosystèmes apparaît faible à études d’impacts de leur gestion actuelle peu- l’heure actuelle. Elle se manifeste notamment vent apporter des éléments essentiels sur via certains programmes interdisciplinaires (1) la persistance à long terme des actions an- comme celui consacré à l’ingénierie écologique thropiques sur le fonctionnement et la biodiver- (2007-2011), ou certains programmes des ANR sité des écosystèmes et BIODIVERSA, VMCS ou SYSTERRA qui ont sou- (2) les potentialités réelles de conservation et tenu des projets et réseaux (REVER, AGéBio et de restauration des écosystèmes intégrant les Gaïe) touchant à la gestion et à la restauration effets à long terme de telles opérations dans des écosystèmes. Des soutiens pour cette thé- contextes macro-écologiques changeants (chan- matique de recherches peuvent également être gements globaux climatiques et d’usages). obtenus via les Zones Ateliers et les Services • La modélisation des réponses des écosys- d’Observation. Du fait de leur objectif fréquem- tèmes aux nouveaux régimes de perturbations ment finalisé, ces recherches sont plutôt ados- associés à leur conservation passe par : sées depuis les années 70 aux programmes du (1) la recherche de bio-indicateurs ou bio-mar- Ministère de l’Ecologie et du DéveloppementDu- queurs précoceset intégrés des succès des opé- rable. Cependant les chercheurs se sont regrou- rations de conservation et/ou de restauration, à pés au niveau national autour de réseaux l’image de ce qui existe déjà pour identifier leur formels (Société Française d’Ecologie depuis dégradation ; 1968) ou informels (Réseau Ecologie des COm- (2) la construction de modèles élaborés à partir munautés VEGétales depuis 2005, REVER de- de méta-analyses permettant de transcender les puis 2008) pour échanger entre scientifiques et limites inhérentes à la multiplicité et à la disper- professionnels de la gestion des espaces natu- sion des recherches en écologie expérimentale. rels. Ces réseaux sont très dynamiques et orga- Cette construction repose également sur la com- nisent chaque année des colloques, séminaires binaison d’analyses comparatives d’écosys- et/ou ateliers qui regroupent entre 100 et 200 tèmes fonctionnant in natura et sur des participants et éditent des actes ou numéros expérimentations de gestion et/ou de restaura- spéciaux à destination des chercheurs. Au ni- tion écologiques in situ ou ex situ en méso- veau international, les chercheurs du CNRS sont cosmes. insuffisamment représentés dans les instances (3) L’évaluation des réponses des écosystèmes des associations internationales (IAVS,SERI, IN- devra également être complétée en termes éco- TECOL, EURECOL, ISBC, ISOMED,etc.), dans les nomiques et sociologiques, ces approches comités éditoriaux des revues scientifiques in- constituent également une prioritéà laquelle des ternationales qu’elles éditent(Applied Vegetation équipes pluridisciplinaires doivent s’atteler. Science, Restoration Ecology, etc.) ou encore • Le rôle essentiel de certains organismes vi- dans les comités scientifiques des manifesta- vants (espèces « clés de voute », organismes « tions internationales qu’elles organisent annuel- ingénieurs de l’écosystème », espèces « nurses lement. Le CNRS apparaît insuffisamment », espèces « facilitantes », etc.) est insuffisam- impliqué, au regard de la compétence de ses la- ment pris en compte dans les recherches tou- boratoires, sur ce domaine essentiel qu’est la 35 PROSPECTIVE DE L’INSTITUT ECOLOGIE ET ENVIRONNEMENT DU CNRS


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