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INEE : Prospective écologie fonctionnelle

IV.1.3 Les avancées majeures au cours des 10 dernières années Certains axes, importants au niveau internatio- leur métabolisme et la réponse des organismes nal sont particulièrement bien représentés au vivants à ces forçages (contexte de change- CNRS, ce qui a contribué à des avancées signi- ments globaux) à différentes échelles spatiales ficatives. Parmi ceux-ci, on peut citer : l’éco-épi- (de l'échelle individuelle à celle des écosys- démiologie, l’écotoxicologie (étude intégrant tèmes, voire à l'échelle mondiale). Des travaux des travaux de toxicologie sur plusieurs géné- de modélisation concernant l’exploitation des rations pour comprendre l'impact de contami- ressources (marines, terrestres, énergétiques) nation dans les écosystèmes et pour définir des ont été réalisés, mais impliquant peu le CNRS. seuils de toxicité individuels), les interactions Cela n'empêche évidemment pas la production biologie/physique (avec des approches méca- d'articles co-signés par des personnels du nistiques), comme par exemple l’étude de im- CNRS sur des études de scénarii particuliers et pact des forçages physiques sur la distribution du développement méthodologique en modéli- des organismes vivants, sur leur physiologie, sation. IV.1.4 Perspectives Le développement de telles problématiques re- Pour cela, il conviendrait de travailler par pose sur le recrutement de chercheurs à l’inter- groupes de réflexions ayant pour objectifs : face mathématiques-biologie, mais le challenge 1) d’identifier les acteurs de la discipline et leur est difficile. En effet, le recrutement de mathé- origine en termes de formation, maticiens au service de l’écologie peut traduire 2) d’établir une cartographie des outils mis en une stratégie opportuniste, qui consiste à utili- oeuvre par ces acteurs, et de relever les lacunes ser cette voie pour faire des développements in- et les enjeux de la communauté CNRS vis à vis novants en mathématiques, mais qui serviront de la communauté internationale, peu la communauté des écologues. A contrario, 3) d’identifier les questionnements (échelles les écologues formés aux mathématiques ont spatiales, temporelles, niveaux d’intégration) en général un niveau insuffisant (classe prépa- auxquelles sont destinés ces outils, et où sont ratoire, au mieux) pour développer de réelles in- les compétences et les faiblesses de la com- novations méthodologiques. A l’heure actuelle, munauté nationale sur ces questions, et enfin, les recherches sur cette interface reposent donc 4) déterminer si des questionnements écolo- principalement sur des collaborations, résultant giques qui mériteraient ce type d’approches, ont souvent d’initiatives individuelles. les moyens de les mettre en oeuvre (en termes A l’avenir, il faudrait se donner les moyens de va- de bases de données), et si les acteurs natio- loriser ces initiatives individuelles en en aug- naux ont les outils et les compétences pour re- mentant la transversalité et le domaine lever ces défis de modélisation, s’ils sont d’applications. La difficulté d’atteindre cet objec- porteurs d’innovation. Cette réflexion globale de- tif est cependant grande, et nécessite une ana- vrait ensuite permettre assez naturellement de lyse des outils et des méthodes pour y parvenir définir une politique de recrutement adaptéeaux à l’échelle de la communauté. Un travail de struc- enjeux et besoins de la communauté, et devrait turation de la communauté, des outils et des limiter l’isolement relatif des chercheurs de la champs d’application apparaît donc nécessaire. discipline. 45 PROSPECTIVE DE L’INSTITUT ECOLOGIE ET ENVIRONNEMENT DU CNRS


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