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INEE : Prospective écologie fonctionnelle

PROSPECTIVE ECOLOGIE FONCTIONNELLE dans toutes ses acceptions (spécifique ou sciences de la Terre et sciences humaines, fonctionnelle) organise ces flux de matières, et mais beaucoup moins (les rapprochements le poids de l’histoire évolutive des communau- sont pourtant tout aussi ardus) entre sciences tés ou des espèces dans ces boucles de ré- de la Terre et sciences biologiques. trocontrôle, semblent un enjeu fort des prochaines années. Les pistes d’actions sont donc, à notre sens à • Les approches multi-échelles ou multi-mé- creuser plus dans le sens de mesures incita- thodes : les changements d’échelles, tout tives fortes à l’interdisciplinarité avérée, dans comme les approches interdisciplinaires, sont un premier temps, pour aider à la construction un exercice difficile et essentiel pour qui veut d’une communauté qui constituera un vivier de établir des passerelles entre écologie fonc- jeunes chercheurs. tionnelle et sciences de la Terre : en effet, les Un autre volant de manoeuvre est d’augmenter processus clef analysés dans chaque champ la synergie entre les systèmes d’observations de compétence se situent très généralement à mis en place par l’INEE et ceux mis en place des échelles différentes, et sont analysés avec par l’INSU, dans lesquels le volet « mesures des outils différents, reposant sur des bagages physiques » est particulièrement bien maîtrisé, (et donc sur des cursus) différents, ce qui rend mais souffre parfois d’un manque d’ancrage la réalisation de telles approches délicate, et dans des questionnements plus écologiques. souvent jugée imparfaite par chaque commu- Cette synergie pourrait être facilitée par la créa- nauté de spécialistes. Tout l’enjeu réside dans tion de réseaux inter-instituts basés sur des la capacité des acteurs à corréler leurs ana- écosystèmes ou sur des processus. lyses respectives, soit par un ajustement des protocoles ou des échelles d’analyse, soit par la modélisation. De tels efforts sont parfois ré- compensés, mais une démarche offensive à encourager l’établissement de passerelles dis- ciplinaires devrait être menée (par exemple, re- crutement de jeunes chercheurs ayant un profil universitaire de géochimiste, et ayant réalisé des recherches en écologie, ou vice versa). La section 20 du CNRS est l’endroit dans le- quel ces enjeux peuvent être soutenus, mais elle ne peut pas être à l’initiative de la genèse d’une telle interdisciplinarité, qui repose plutôt sur des appels d’offres interdisciplinaires (eg, au niveau national, ANR VMCS, SYSTERRA, EC2CO, INGECO, DIVA). Les Agences de l’Eau sont des organismes qui peuvent soutenir ce genre de démarche, plus difficilement perçue de manière positive par la recherche acadé- mique disciplinaire (allocations ministérielles, par exemple, ou appels d’offres non théma- tiques ANR Blanches), car cette dernière est souvent plus sensible à des approches disci- plinaires, plus maitrisées. La prise de risque in- déniable, mais la valeur ajoutée en termes d’innovations qui l’est tout autant voire plus, devraient être pourtant des moteurs forts d’un soutien ciblé sur ces approches interdiscipli- naires, en ouvrant largement les appels d’of- fres à des projets mêlant des disciplines variées. Dans ce contexte, l’interdisciplinarité est souvent vue au travers du rapprochement 52


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