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LES CHAMPS THÉMATIQUES MAJEURS POUR L’INEE Une première analyse montre que les recherches en écologie et environnement dans les régions antarctique et subantarctique ont considérablement évolué au cours de ces der- nières années. Quatre thèmes scientifiques majeurs se dégagent nettement. • Fonctionnement des écosystèmes polaires. Les études doivent aborder les pro- cessus mis en jeu à différentes échelles spatiales, pour préciser comment les bio- topes arctiques et antarctiques répondent aux changements environnementaux et, au-delà, au changement global, et dans quelle mesure les populations seront capa- bles de s’y adapter. La biogéographie est envisagée là dans sa définition la plus ac- tuelle, qui considère les êtres vivants dans leurs relations fonctionnelles et dynamiques et prend en compte toutes les dimensions temporelles et toutes les échelles de la répartition des espèces à la surface du globe (lieux, distances, terri- toires, flux, réseaux et tous les modes d’organisation spatiale). • Adaptation des organismes polaires aux milieux extrêmes d’une part et aux changements climatiques d’autre part. Ces recherches introduisant la notion de résilience présentent un fort intérêt pour l’avenir de la biodiversité, elles sont au- jourd’hui porteuses d’innovation et reposent de plus en plus sur des technologies de pointe. Les approches biochimique, physiologique et écologique devront s’intégrer dans un cadre de biologie et d’écologie évolutives. • Biodiversité et évolution. Parmi les axes communs à la biologie animale et à la biologie végétale, il faut citer l’étude de la dynamique et de la génétique des popu- lations, la définition des relations entre l’insularité, les modes de dispersion et les processus de spéciation (genèse de nouvelles espèces) et de diversification (sépa- ration des espèces dans l’espace). La performance des outils d’observation n’est plus à démontrer, leur pérennisation est nécessaire pour l’étude des ressources vi- vantes renouvelables et l’estimation de l’impact de l’homme. • Biodiversité et conservation. La connaissance écologique doit aider dans les prises de décisions en matière de conservation adaptée et c’est bien là le défi qui devra motiver les recherches polaires à venir. Si la présence française s’est affirmée avec force et efficacité dans les terres australes, elle reste encore bien modeste dans le grand Nord où sa compétence est pourtant reconnue. Pour des raisons à la fois écologiques et politiques, les zones arctiques sont devenues le théâtre de bouleversements majeurs. La compréhension des processus mis en oeuvre et de leurs effets est un axe essentiel pour la communauté scientifique qui s’attache à l’étude des interactions hommes-milieux. Ces chercheurs français bénéficient d’une grande indé- pendance qui tient à ce que la France n’est pas directement impliquée ni dans l’histoire ni dans le devenir des régions arctiques et qui facilite leur intégration dans les communautés autochtones. 11


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