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PROSPECTIVE RECHERCHES POLAIRES LES MOYENS NÉCESSAIRES Les Moyens à la mer La mise en oeuvre d’une recherche de haut niveau dans les milieux marins polaires ou subpolaires, telle que décrite dans le présent document, implique le recours à des moyens à la mer, à des engins embarqués conséquents dont certains sont aujourd’hui disponibles, et à des moyens de plongée accrus. Il faut néan- moins distinguer les recherches océanographiques de la région Arctique, de celles qui se situent autour des îles subantarctiques et au large de la Terre Adélie. En Arctique En effet, le contexte de réchauffement climatique marqué au nord et de régression rapide de la banquise rend nécessair l’utilisationde naviresde classe glace qui ne sont pas aujourd’hui disponibles en France.Une recherche collaborative au niveau européen, voire avec l’Amérique du Nord doit donc se développer pour que notre communauté nationale puisse accéder aux navires brise-glace tel que le Polar Stern. La création de l’UMI (Unité mixte de recherche Internationale) entre le CNRS et l’Université Laval de Québec, doit pouvoir fa- voriser cette approche internationale. L’acquisition d’engins tels que AUV (Autonomous Underwater Vehi le), ROV (Remotely Operated Vehicle) ou encore échantillonneurs standards est nécessaire à la mise en place de systèmes d'observation à long terme sur des sites clés de l'Océan Arctique pour un suivi même hivernal. Les besoinsémergentspourla recherche française concernentplus particulièrement les stations côtières,leur accèset leurs installationsqui devraient permettre la stabulation de certains organismesdans des conditions non stressantes et des expérimentations en conditions contrôlées. Le développement de tels équipements doit être encouragé à Ny Ålesund,au Spitsber . L'IPEV y dispose déjà d'infrastructures permanentes (laboratoires, embarcations…) et son implicationdans le programme SIOS (Svalbard Integrated Arctic Earth Observing Sys- tem, figurant sur la roadmap ESFRI) doit être mise à profit pour que les scientifiques françaispuissent pren- dre une part active au développement d'une véritable station d'observation de l’Arctiqueà Ny Alesund. En Subantarctique Les îles subantarctiques françaises,Crozet,Kerguelen et Amsterdam,sont ravitaillées par le Marion-Dufresne. Le positionnement récurrent de ce navire dans l’Océan Indien en fait donc une plateforme de choix pour ef- fectuer des campagnes océanographiques d’envergure dans l’Océan Austral. Ce navire est particulièrement bien équipé pour effectuer des carottages sédimentaires grâce à son carottier Calypso unique au monde,des relevés bathymétriques grâce à son sondeurmulti-faisceaux,et des prélèvements classiques en géophysique et géochimie marine. En revanche, ce navire est mal adapté pour accueillir des engins tels que ROV ou AUV, plus orientés vers des recherches dans le domaine de la biodiversité. Il serait donc opportun qu’à l’occasion de la jouvence des apparaux scientifiques du Marion-Dufresne, prévue à l’horizon 2015, les modifications né- cessaires lui soient apportées pour permettre d’embarquer de tels engins et d’étendre ainsi ses domaines de recherche. Une telle évolution, menée dans le cadre de l’UMS « Flotte Océanographique Française » et re- posant sur l’interopérabilité de ses engins, bénéficierait d’ailleurs, au-delà de la communauté « polaire », à l’ensemble de la communautéscientifique. En ce qui concerne les recherches côtières, les TAAF et l’IPEV ont pu disposer jusqu’à ces dernières années d’un navire de 25 m, à chalutage arrière, la Curieuse, qui a permis le développement de nombreux pro- grammes. L’avenir de ce moyen à la mer,qui sert également la logistique de programme terrestre autour de Kerguelen, où il n’y a aucun autre moyen de locomotion ou de secours, doit impérativement être préservé. La création de la Réserve Naturelle des Terres Australes Françaises,en 2006, justifie également le maintien de ce navire pour remplir des missions de gestion. Enfin, le laboratoire de biologie marine présent à Kerguelen doit être remis à niveau de manière à apporter les infrastructures à terre nécessaires au développement de nouveaux programmes. En Terre Adélie L’Astrolabe, navire de classe glace assure la desserte française en Antarctique. De nouveaux équipements ont permis ces dernières années la réalisation de travaux de qualité qui alimententla réflexionactuelle, au ni- veau international, sur le bien fondéde créer,dans cette région, une Aire Marine Protégée.Ces travaux ne peu- vent cependant se dérouler que sur une période d’une quinzaine de jours par an, au mois de janvier et les campagnessontsouventécourtéesdu fait de conditionsde glacesde mer difficiles. Le renouvell ment de l’As- 58


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