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w 10 | Actualités cnrs I LE JOUNRAL Un batracien qui fait du neuf avec du vieux Les neutrinos, rois de la transformation par mathieu grou sson w Depuis 1998, les physiciens en ont la quasi-certitude : les neutrinos, ces particules insaisissables qui existent sous trois formes (électronique, muonique et tauique), possèdent l’étrange faculté d’osciller, c’est-à-dire de se transformer périodiquement l’une en l’autre. Pour la première fois, l’expérience T2K1, au Japon, à laquelle participent des chercheurs du CNRS, vient d’apporter une preuve directe et incontestable de ce phénomène étonnant et non pris en compte par l’actuelle théorie des particules élémentaires, le modèle standard. Jusqu’alors, les spécialistes de l’infiniment petit n’avaient pu que constater un déficit de particules au sein d’un flux de neutrinos d’une certaine forme, après un certain temps de parcours. Ce qu’ils avaient interprété comme le signe d’une oscillation. T2K a fait plus. Les chercheurs ont généré un faisceau de neutrinos muoniques très intense, puis l’ont envoyé en direction du détecteur géant Super-Kamiokande, situé à 295  kilomètres de la ligne de départ. La théorie des oscillations prévoit alors l’observation d’un flux de neutrinos électroniques possédant des caractéristiques en rapport avec celles des neutrinos muoniques émis à Tokai. « En 2011, nous avions déjà constaté un tel phénomène, explique Jacques Dumarchez, du Laboratoire de Particules w On le croyait disparu depuis des dizaines d’années. Le discoglosse d’Israël, une espèce d’amphibien découverte en 1943 et classée éteinte en 1996 par l’Union internationale pour la conservation de la nature, a refait surface. Des individus vivants ont été repérés il y a moins de deux ans dans la vallée de la Houla, en Israël, le seul habitat qu’on leur connaissait. Une équipe internationale incluant des chercheurs français1 livre aujourd’hui une étude approfondie2 de ces spécimens et de leurs ancêtres, dont des fossiles ont été mis au jour dans la même région. Surprise : le discoglosse d’Israël n’en est pas un. En examinant son squelette et son ADN, les scientifiques estiment que le batracien appartiendrait non pas au genre Discoglossus, mais au genre Latonia, que l’on croyait disparu il y a environ 1 million d’années ! En d’autres termes, le discoglosse d’Israël “ressuscité”, rebaptisé Latonia nigriventer, serait une espèce dite relicte, plus connue sous le nom populaire de fossile vivant. 1. D u CNRS , du MNHN et de l’université de Poitiers. 2. T ravaux publiés en ligne dans Nature Communications le 4 juin 2013. Contacts : Institut de paléoprimatologie, paléontologie humaine : évolution et paléoenvironnements, Poitiers Renaud Boistel, renaud.boistel@univ-poitiers.fr Archéozoologie et archéobotanique, Paris Salvador Bailon, salvador.bailon@mnhn.fr à la recherche de la particule manquante Au mois de juillet, le détecteur Nucifer a capté ses premiers neutrinos auprès du réacteur Osiris, à Saclay. Dédié à la surveillance des centrales, Nucifer pourrait également révéler l’existence d’un hypothétique quatrième neutrino, invoqué pour expliquer un étrange déficit dans les flux de neutrinos émis par une vingtaine de réacteurs depuis plusieurs décennies. Cette expérience est le fruit d’une collaboration entre le CEA, le CNRS et le Max Planck Institut für Kernphysik. 01 Le détecteur Nucifer, dans le réacteur de recherche Osiris, pourrait révéler l’existence d’un nouveau neutrino. 02 Vue d’artiste du détecteur Super- Kamiokande dans lequel a été menée l’expérience T2K. © L.Godart /CEA 01 © photos  : T2K q Latonia nigriventer possède un ventre noir typique de son espèce. © S. Gafn y 02


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