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16 | En images cnrs I LE JOUNRAL 11 12 Sylvère Mboumba, le manager de la station de recherche, analyse les matières fécales au microscope afin de repérer l’éventuelle présence de parasites. L’hormone du stress, le cortisol, y est aussi dosée. 13 La présence de parasites est également recherchée dans le sang prélevé sur les singes. 14 Située à quelques kilomètres du parc de la Lékédi, la ville de Bakoumba sert de camp de base aux chercheurs. 15 À force d’observations, les primatologues savent à présent identifier 75 individus à l’oeil nu. Contact : Centre d’écologie fonctionnelle et évolutive, Montpellier Marie Charpentier > marie.charpentier@cefe.cnrs.fr à proximité de chaque individu. » Le dispositif est impressionnant, mais se justifie : on en sait tellement peu sur ces primates… Les seuls mandrills étudiés à ce jour l’ont été en captivité. Les observations font ressortir une structure matrilinéaire : comme chez les babouins et les macaques, les mâles migrent. Les groupes sont majoritairement constitués de femelles, auxquelles s’intègrent, de manière transitoire, quelques mâles adolescents et adultes, parmi lesquels un seul est dominant. « Au sein d’un groupe, les liens sociaux semblent déterminés avant tout par la parenté, poursuit Marie Charpentier. Les femelles issues de la même mère restent ensemble, mais on soupçonne que les indi- vidus apparentés par le père entretiennent aussi des liens privilégiés… La génétique peut nous aider à le démontrer. » C’est pourquoi des échantillons de matière fécale sont également ramassés durant les longues journées d’observation en forêt, afin d’en extraire l’ADN et d’établir les liens de parenté entre tous les membres du groupe. Une autre question taraude la chercheuse : « Autant il semble aisé pour des individus issus de la même mère de se reconnaître – ils gardent en effet des liens privilégiés avec elle –, autant cela paraît difficile pour ceux apparentés par le père, puisque celui-ci ne participe pas à l’élevage des petits et souvent quitte rapidement le groupe. Comment se reconnaissent-ils ? par le cri ? par les odeurs ? » En ce petit matin d’avril, l’équipe du projet ne se contente donc pas de prélever du sang ou de l’urine sur les individus capturés, mais enregistre aussi leurs vocalises et collecte leur odeur au moyen de petits cotons frottés sur leur corps. Une chose est sûre : en attendant d’avoir répondu à toutes leurs interrogations, Marie Charpentier et son équipe n’ont pas fini d’arpenter le parc de la Lékédi. 1. U nité CNRS/UM2/UM1/Université Paul-Valéry/Montpellier Sup Agro/EPH E/Cirad/IRD/Inra. À voir sur le journal en ligne : la suite du reportage photo et le film Bakoumba, la forêt des mandrills, à partir de la mi-octobre. 11 12 13 14 15 © photos : C. DELHAYE/CNRS Photothèque


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