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N° 274 I septembre-octobre 2013 L’enquête | 19 w « Notre tâche première est d’informer sur le changement climatique, de présenter en toute objectivité les dernières données sur de nombreux aspects du phénomène, dont certains sont encore mal compris.  » C’est ainsi que Rajendra Pachauri définit le travail du Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (Giec), dont il est le directeur. « Le 5e rapport est établi d’après l’expertise de 830 scientifiques travaillant bénévolement à travers le monde et issus de nombreuses disciplines différentes », nous précise-t-il. une somme en tr ois tomes Afin d’établir ce rapport d’évaluation, « les auteurs étudient l’ensemble de la littérature scientifique disponible pour transcrire ce que l’on sait à un moment donné, » explique le climatologue Jean Jouzel1, membre du bureau du Giec. Le Giec n’est donc pas un producteur de science. Ses rapports, élaborés tous les six ou sept ans (le précédent a été achevé en 2007), se présentent en trois volets : le premier sur la science du changement climatique, qui doit être rendu public ces jours-ci, le deuxième sur ses conséquences et les moyens de s’y adapter, et Les 3 volumes du rapport 2007 le troisième sur la manière d’inverser la tendance. Pour le 5e rapport, ces deux dernières parties seront dévoilées respectivement en mars et en avril 2014, avant le document de synthèse en octobre 2014. Comme l’ont souligné Jean Jouzel et de nombreux autres scientifiques, le rapport du Giec n’est qu’un instantané des savoirs sur le changement climatique. Il ne s’agit nullement d’une bible figée qui transmettrait une sorte de pensée unique des scientifiques sur le climat. « Notre position, qui réaffirme la réalité du changement climatique, pourrait faire penser que nous refusons le débat, indique Hervé Le Treut, directeur de l’Institut Pierre- Simon-Laplace (IPSL)2. Or ce débat existe bel et bien : sur l’ampleur du changement, sur les stratégies d’adaptation, sur les manières de lutter contre le phénomène… » Et, malgré un processus de révision strict (lire pp. 20-21), des erreurs sont toujours possibles. Ainsi, le 4e rapport faisait état d’une fonte des glaciers de l’Himalaya plus rapide que dans la réalité. 01 Au centre, Rajendra Pachauri ouvrant une session de travail du Giec, à Bangkok, en avril 2007. © st eve e./flick r © S. KHAN/AFP © j. e. ross /corbis du Giec.


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