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w 30 | Stratégie cnrs I LE JOUNRAL Entretien Budget, nouvelle loi, programme européen, forum des Fondamentales… Alain Fuchs, président du CNRS, passe en revue les sujets d’actualité de la rentrée. « La recherche reste un domaine protégé et prioritaire » propos recueillis Par fabrice impériali et brigitte perucca En ces temps de crise et de contraintes budgétaires, comment s’annonce cette rentrée pour le CNRS ? Alain Fuchs : Nous savons déjà que la recherche et l’enseignement supérieur vont rester des domaines protégés et prioritaires. Le budget 2014 s’annonce stable, ce qui, dans les temps compliqués que nous vivons, est une bonne nouvelle. En conséquence, le CNRS continuera à recruter en 2014. Le remplacement des départs à la retraite restera notre objectif, mais on sait que nous devons également contenir notre masse salariale du fait de la pyramide des âges. La recherche française est préservée et les efforts du gouvernement en notre faveur sont notables. La nouvelle loi sur l’enseignement supérieur et la recherche a été promulguée le 22 juillet. Concrètement que va-t-elle changer pour le CNRS ? A. F. : Une grande partie de la loi porte, je le rappelle, sur la réussite étudiante, un volet qui nous concerne néanmoins car, sans étudiants bien formés, il ne peut y avoir de bonne recherche. Je note deux aspects importants pour notre organisme. En premier lieu, le CNRS, qui a accompagné les fusions d’universités et les rapprochements d’établissements sous forme de Pôles de recherche et d’enseignement supérieur (Pres) ou d’Initiatives d’excellence, continuera d’être un acteur majeur de la structuration territoriale de la recherche. La loi édicte la création de Communautés d’universités et d’établissements (CUE) qui fixent un cadre pour de futures grandes universités territoriales ou fédérales. Nous ne savons pas encore sous quelle forme nous y participerons, les décrets d’application de la loi devant préciser les modes de gouvernance de ces futures universités. En second lieu, notre organisme doit contribuer, aux côtés des cinq alliances thématiques1 notamment, au processus d’élaboration et de mise en oeuvre de la stratégie nationale de recherche au sein d’un comité de pilotage qui devrait être mis en place dès cet automne. Foundation Walls Falling :tion illustra ©Le CNRS a signé récemment plusieurs conventions de site. Comment vont-elles s’articuler avec les contrats de site prévus par la nouvelle loi ? A. F. : La loi instaure, à travers les CUE, la notion de site. Cette notion était déjà prise en compte au CNRS et reposait sur les Pres. Avec les conventions de site, nous avons en quelque sorte anticipé sur les évolutions actuelles. Le CNRS en a d’ores et déjà signé à Bordeaux, Clermont-Ferrand, Toulouse et Grenoble, et s’apprête à en signer d’autres, à Rennes par exemple. Elles permettent de réunir en une seule toutes les conventions qui étaient auparavant signées avec chacun des établissements hébergeurs de nos unités mixtes de recherche. Mais il ne s’agit pas uniquement de simplification administrative. Nous définissons dans ces conventions une politique scientifique qui dépasse chacun des établissements présents sur le site, avec des actions, des priorités et des programmes scientifiques communs. Le contrat de site prévu par la loi viendra, quant à lui, se substituer aux contrats quinquennaux que l’État passait avec chaque établissement. Ce contrat sera conclu avec la CUE. Bien évidemment, l’objectif est que les priorités scientifiques de nos conventions s’articulent avec celles des contrats de site. Le nouveau programme Horizon 2020 de la Commission européenne, qui fait suite au 7e Programme-cadre de recherche et développement technologique (PCRD), va être lancé en décembre. Comment inciter les chercheurs du CNRS à mieux répondre aux différents appels d’offres ? A. F. : C’est un fait : au regard de la contribution française au budget européen de la recherche, nos équipes n’ont pas suffisamment répondu aux différents appels d’offres du 7e PCRD. On en connaît les raisons, notamment une grande focalisation des chercheurs sur le programme Investissements d’avenir et sur les changements structurels qu’il a entraînés. Ensuite, la réglementation qui accompagne les contrats européens a été jugée trop lourde. De nombreuses simplifications des procédures sont annoncées, même si nous aurions pu, à mon avis, aller plus loin. Je rappelle au passage que le CNRS a trouvé un accord avec la Commission européenne à la suite de l’audit du 6e PCRD. Tout cela étant maintenant derrière nous, on peut penser que les équipes de recherche reviendront spontanément vers l’Europe, car elles en ont l’habitude. De notre côté, nous avons pris toutes les dispositions pour les aider à répondre aux nouveaux appels d’offres dès le mois de décembre (lire pp. 32-33). Vous inaugurez en novembre Les Fondamentales, un forum grand public du CNRS entièrement consacré aux sciences. Quel est son objectif ? A. F. : Nous l’évoquions à l’instant, les questions institutionnelles touchant aux structures et à l’organisation de l’enseignement supérieur et de la recherche ont occupé, depuis quelque temps, le devant de la scène. Après cette séquence assez longue,


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