Page 34

JDC274

w 34 | Stratégie cnrs I LE JOUNRAL Partenariat Gros plan sur les recherches d’un laboratoire commun à l’industriel Air Liquide et au CNRS, qui viennent de renouveler leur accord-cadre pour quatre ans. Un laboratoire plein d’énergie menées en région parisienne au Centre de recherche Claude-Delorme d’Air Liquide, aux Loges-en-Josas. « À Limoges, je prépare des catalyseurs2 afin de faciliter l’extraction de l’hydrogène présent dans le gaz naturel, explique Damien Di Marco, en thèse Cifre3 au LMIPG. Ils sont ensuite montés dans les réacteurs du centre francilien de recherche d’Air Liquide. Mon travail consiste alors à analyser les résultats pour optimiser les catalyseurs jusqu’au prochain test. » Pour Thierry Chartier, qui dirige également le SPCTS, cela ne fait pas de doute : « Les échanges permanents qui résultent de ce fonctionnement ont créé des relations de confiance à long terme. D’ailleurs, la forme du laboratoire commun a permis de pérenniser et d’élargir cette collaboration née au début des années  2000 par le biais des contrats de recherche. » Au LMIPG, des recherches à court, moyen et long termes sont conduites simultanément. Certaines ont pour but d’intensifier les procédés existants d’Air Liquide : des travaux ont déjà permis d’améliorer le rendement énergétique des réacteurs et de limiter les réactions parasitant la production de gaz. D’autres recherches visent de réelles ruptures technologiques, notamment celles menées sur un nouveau procédé de transformation du gaz naturel. Depuis  2002, l’équipe travaille sur le développement de membranes céramiques dotées de catalyseurs plus fiables et plus performants. Ces dernières permettent de capturer et éventuellement de stocker le dioxyde de carbone, ainsi que de réduire les émissions d’oxyde d’azote et de dioxyde de carbone, substances en cause dans le réchauffement climatique. des thématiques stratégiques Le point commun à toutes ces recherches est de « faire progresser les connaissances sur des sujets stratégiques pour le CNRS », souligne Thierry Chartier. L’organisme est en effet très investi dans la recherche d’énergies alternatives au travers de plusieurs axes stratégiques d’innovation tels que « Stockage de l’énergie : technologie de l’hydrogène » et « Nanos : nanomatériaux et nanostructures »4. À ce sujet, Par clai re debôves Réussir à faire de l’hydrogène un nouveau vecteur énergétique, utile pour les piles à combustible comme pour l’élaboration de carburants propres : tel est l’un des grands objectifs poursuivis par la dizaine de scientifiques du Laboratoire des matériaux inorganiques pour procédés gaziers (LMIPG), créé en 2005 à Limoges par le CNRS et Air Liquide. Avec 21 brevets industriels à son actif, cette équipe est emblématique du partenariat entre l’organisme et l’industriel, qui viennent justement de renouveler l’accord-cadre qui les lie. des matériaux très stables « Les matériaux et procédés céramiques que nous développons ont un impact sur la production, la séparation, la purification, le stockage et la distribution des gaz industriels, dont l’hydrogène », indique Thierry Chartier, cofondateur du laboratoire commun avec Pascal Del-Gallo d’Air Liquide. Matériaux inorganiques, les céramiques conservent leurs propriétés mécaniques et une stabilité chimique à haute température. Des atouts non négligeables pour produire de l’hydrogène à moindre coût et de manière plus écologique. Cela tombe bien : le LMIPG est hébergé au sein de l’unité Sciences des procédés céramiques et de traitements de surface (SPCTS)1, en pointe dans le domaine. Les expériences sont aussi 01 Fabriqués à partir de céramique, un matériau très stable, ces catalyseurs permettent d’accélérer des réactions chimiques. air liquide en bref Leader mondial dans son domaine, Air Liquide commercialise des gaz pour l’industrie, la santé et l’environnement dont les applications sont nombreuses : cellules photovoltaïques, biocarburants, captage du dioxyde de carbone, cryogénie, produits anesthésiants… Le groupe réalise 60 % de ses projets de recherche en partenariat, la France représentant 70 % des dépenses totales d’innovation. Un investissement pertinent, puisqu’un tiers de son chiffre d’affaires est réalisé à partir d’applications qui n’existaient pas dix ans plus tôt. © air liquide 01


JDC274
To see the actual publication please follow the link above