Page 8

JDC274

w 8 | ARuctburaiqliuteés cnrs I LE JOUNRAL Astronomie Le satellite Gaia doit s’envoler cet automne pour observer, avec une précision inégalée, plus d’un milliard d’objets célestes. Gaia  La tête dans les étoiles Par vahé ter minassia n La liste de ses découvertes potentielles s’étale sur 300 pages ! C’est peu dire que le lancement, cet automne, de la mission Gaia par une fusée Soyouz, à Kourou, en Guyane, suscite des espoirs chez les astronomes. Depuis son poste d’observation, sur le point dit de Lagrange L2, à 1,5 million de kilomètres de la Terre, le satellite de l’Agence spatiale européenne (ESA) s’apprête à cartographier, pour la première fois en 3D, 1 % des étoiles de la Voie lactée. De quoi faire franchir un pas de géant à la connaissance de notre galaxie. une mission très attendue L’engouement pour Gaia s’explique aisément  : il est tout simplement l’instrument le plus sophistiqué jamais conçu pour l’astrométrie. Tout ce que nous apprenons des étoiles vient de la lumière que nous en recevons. Et l’objet de l’astrométrie, dont les origines remontent à la plus haute Antiquité, est d’évaluer leur position et leur mouvement. « Elle permet par exemple aux astronomes d’établir, grâce à la mesure de l’éloignement par rapport à la Terre, la vraie luminosité intrinsèque des astres », précise Fréderic Arenou, du laboratoire Galaxies, étoiles, physique, instrumentation1, à Meudon. La flamboyance d’une étoile étant liée à sa masse et à son âge, c’est de ce travail d’arpenteur du ciel dont dépend, en définitive, l’ensemble de notre savoir sur les populations et sur la nature des astres. Et donc sur l’histoire et l’évolution de notre galaxie. Les chercheurs responsables de Gaia auront les moyens de se consacrer à cette tâche avec une ardeur inédite. Conçu et réalisé par Astrium, la filiale aérospa- tiale du groupe EADS, ce lointain successeur de la mission Hipparcos (1989-1993) de l’ESA n’a pas de concurrent dans le monde. Durant cinq ans, le satellite tournera sur lui-même en six heures pour observer en continu l’ensemble du ciel. des performances inégalées Grâce à ses deux télescopes en carbure de silicium, couplés à des caméras DTC2 d’un gigapixel au total, à son instrument photométrique et à son instrument spectrométrique, il analysera 70 fois la lumière de chacune du milliard d’étoiles les plus brillantes durant les cinq années que durera sa mission, et évaluera leur distance par rapport à la Terre, leur position sur la Voûte céleste et leur vitesse, avec une précision angulaire de l’ordre de celle qui serait nécessaire pour déterminer l’épaisseur d’un cheveu à 1 000 kilomètres ! Des performances largement suffisantes pour offrir aux astrophysiciens la possibilité non seulement de se repérer dans le fouillis de notre galaxie, mais également d’acquérir de larges échantillons des différents types d’étoiles, dont certaines, comme les naines brunes, sont encore mal connues. L’étude des distances, des spectres, des vitesses de déplacement dans le ciel, d’éloignement ou de rapprochement, devrait permettre aux scientifiques d’approfondir leurs connaissances sur leur état physique, leurs modes de regroupement, leur éclat, leur température, leur composition chimique et même leur masse. Cependant, les données de Gaia qui seront dépouillées et analysées au sein du consortium DPAC3, qui regroupe 400 chercheurs de 25 pays, dont la France, ne concerneront pas uniquement la physique stellaire. « L’engin spatial a aussi pour mission d’observer et de déterminer la position de 500 000  quasars  et de détecter 6 000  supernovae  dans d’autres galaxies, ajoute Frédéric Arenou. Il devrait, par ailleurs, nous servir à préciser certains paramètres de physique fondamentale et même à repérer des exoplanètes et des astéroïdes dont certains seront peut-être observés pour la première fois dans notre système solaire. » 1. Unité CNRS/Observatoire de Paris/ Université Paris-Diderot. 2. Dispositif à transfert de charge. 3. Data Processing and Analysis Consortium. Contact : Galaxies, étoiles, physique, instrumentation, Meudon Frédéric Arenou > frederic.arenou@obspm.fr quasar. Astre le plus lumineux de l’Univers, constitué d’un trou noir supermassif au centre d’un disque de matière. supernova. Explosion d’étoile arrivée en fin de vie. q Vue d’artiste du satellite devant la Voie lactée. © ESA/ATG med iala b; bac kground image : ESO/S. Brun ier


JDC274
To see the actual publication please follow the link above