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[80PRIME 2020] Étude du transport atmosphérique des microplastiques et de leur devenir sur les surfaces continentales reculées

par Clément Blondel - publié le

La Mission pour les initiatives transverses et interdisciplinaires du CNRS (MITI) a sélectionné dans le cadre de l’appel à projet « 80 Prime », destiné à soutenir et renforcer l’interdisciplinarité entre les instituts du CNRS, le projet intitulé 4Dμplast - Dynamique en quatre dimensions des microplastiques atmosphériques conduit par Gaël Le Roux, du laboratoire Écologie fonctionnelle et environnement (EcoLab-OMP, CNRS/UT3-Paul Sabatier/Toulouse INP).

Depuis la synthèse du premier polymère plastique au début du 20ème siècle, la production de ces matériaux a augmenté de manière exponentielle, et leur usage semble être devenu incontournable. Malgré les avantages au quotidien, la difficulté dans sa prise en charge en tant que déchet est une menace pour les écosystèmes notamment marins. Au niveau mondial, entre 1950 et 2016, environ 6 millions de tonnes de déchets plastiques ont été produites. Une grande partie de ces déchets, échappant au recyclage, finissent leur route enterrés dans des décharges ou dans la nature, arrivant jusqu’aux océans. Les microplastiques, ce sont des résidus plastiques ayant un diamètre inférieur à 5mm, liés à cette perdition de déchets dans la nature. Les microplastiques peuvent avoir des effets directs et indirects sur d’autres contaminants, sur la biodiversité et potentiellement sur la santé humaine. Alors que plusieurs études ont été réalisées sur la pollution de microplastiques dans les fleuves et leur transport vers les océans, il existe très peu de recherches sur les microplastiques dans l’air et celles-ci sont principalement réalisées dans les zones urbaines. Les dépôts atmosphériques en milieux ruraux et/ou éloignées de sources de pollution comme les montagnes ou les Terres Australes ont été jusqu’à présent ignorés.

Fort de ce constat, une étude pionnière a été menée dans une vallée de montagne par l’équipe de Gaël Le Roux, directeur de recherche CNRS en biogéochimie intégrative au laboratoire EcoLab. Cette étude fournit les premières preuves de dépôts par l’atmosphère de microplastiques dans des zones éloignées et inhabitées, à raison de plus de 365 particules par m2 et par jour.
Pour donner suite à cette découverte, il a décidé d’unir ses forces avec Jeroen Sonke, directeur de recherche CNRS au laboratoire Géosciences environnement Toulouse (GET-OMP, CNRS-UT3-Paul Sabatier/IRD/CNES) et expert en biogéochimie des contaminants, afin de comprendre la dynamique à quatre dimensions des microplastiques (Projet 4Dμplast).

Ce projet a pour objectif, tout d’abord, de comprendre les sources d’émission et les mécanismes de transport des microplastiques atmosphériques dans les zones reculées. D’étudier ensuite le devenir de ces microplastiques de l’atmosphère vers le sol puis le milieu aquatique. De reconstituer, enfin, au cours de l’histoire récente les dépôts atmosphériques de microplastiques, grâce aux archives naturels que sont les tourbières. Les résultats du projet 4Dμplast sur la dissémination atmosphérique de microplastiques dans les écosystèmes continentaux permettront d’évaluer l’impact environnemental et le coût de 70 ans de libération de plastique dans notre environnement !

Contact chercheur
Gaël Le Roux, chercheur CNRS au Écologie fonctionnelle et environnement (EcoLab-OMP, CNRS/UT3-Paul Sabatier/Toulouse INP).

Source : Institut écologie et environnement du CNRS (INEE)