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[80PRIME 2020] Retracer la circulation et la provenance des monnaies d’or anciennes grâce aux isotopes

par Clément Blondel - publié le

La Mission pour les initiatives transverses et interdisciplinaires du CNRS (MITI) a sélectionné dans le cadre de l’appel à projet « 80 Prime », destiné à soutenir et renforcer l’interdisciplinarité entre les instituts du CNRS, le projet intitulé TRISOR - Circulation et provenance de monnaies d’or aux périodes anciennes tracées grâce au développement de mesures des isotopes du plomb, du cuivre et du fer in situ conduit par Sandrine Baron, du laboratoire Travaux de recherches archéologiques sur les cultures, les espaces et les sociétés (TRACES, CNRS/Université Toulouse - Jean Jaurès/Ministère de la culture).

Dans des textes anciens arabes et andalous, datés du Moyen Âge, les témoignages du premier commerce globalisé à l’échelle internationale, basé sur le dinar, une monnaie d’or, sont attestés. Une grande partie de l’or disponible dans le bassin méditerranéen, dans le monde islamique et en Europe, à cette époque-là, était utilisée essentiellement pour des usages monétaires. Cet or était d’origine africaine. Pourtant, mis à part trois petits fragments de creusets découverts lors d’une fouille menée dans le sud du Sahara, il n’existe aucune autre évidence archéologique de ce vaste commerce de l’or.

C’est dans ce contexte que Sandrine Baron, chargée de recherche CNRS au laboratoire TRACES, spécialiste en géochimie et archéométrie, cherche à retracer la circulation et la provenance des monnaies d’or aux périodes anciennes (Projet TRISOR).
Ce projet réunit Franck Poitrasson, directeur de recherche CNRS au laboratoire Géoscience environnement Toulouse (GET-OMP, CNRS/UT3-Paul Sabatier/CNES/IRD), spécialiste de géochimie et du laser femtoseconde, François-Xavier Fauvelle, professeur au Collège de France, chaire d’Histoire et archéologie des Mondes africains et directeur des fouilles du site de Sijilmâsa au Maroc et Maryse Blet-Lemarquand du laboratoire IRAMAT d’Orléans, spécialiste de la caractérisation élémentaire des métaux et alliages anciens non-ferreux.

L’équipe du projet TRISOR mènera ses recherches sur un trésor composé essentiellement de monnaies fatimides (10e-11e siècles), retrouvé au fond du port de Césarée (Israël). L’équipe analysera les indices permettant de remonter jusqu’à la source de l’or étudié. Ces indices sont les Isotopes (ici ceux du plomb, du fer et du cuivre), c’est-à-dire différents composants d’un même élément chimique qui diffèrent par leur nombre de neutrons dans leur noyau atomique. En effet, étudier la composition isotopique des métaux permet de déterminer leur origine géographique ainsi que leur nature. Pour la première fois, cela sera fait sur des monnaies d’or avec un laser femtoseconde, laser qui produit des impulsions de la durée de 10-15 seconde (0,000000000000001 seconde) !

Contact chercheuse
Sandrine Baron, chercheuse CNRS au laboratoire Travaux de recherches archéologiques sur les cultures, les espaces et les sociétés (TRACES, CNRS/Université Toulouse - Jean Jaurès/Ministère de la culture)

Source : Institut écologie et environnement du CNRS (INEE)