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[Distinction] Bourses ERC Consolidator Grants 2018 : 2 projets toulousains récompensés

par Clément Blondel - publié le , mis à jour le

L’European Research Concil (ERC) a décerné une bourse « Consolidator Grant » ce jeudi 29 novembre 2018 à 291 chercheur.e.s européen.ne.s pour financer des projets de recherche exploratoire d’une durée de 5 ans, pour un budget maximum de 2 millions d’euros.
La France se classe en troisième position en accueillant 32 projets récompensés, derrière le Royaume-Uni (55 projets) et l’Allemagne (38 projets).
Avec 21 lauréat.e.s, le CNRS est l‘organisme de recherche européen accueillant le plus grand nombre de scientifiques récompensé.e.s. Il devance le Weizmann Institute of Science (11 lauréats) et l’ETH de Zurich (10 lauréats).
Parmi les projets sélectionnés, deux sont portés par des chercheurs toulousains :

Projet “ECOFEED” : Modification des interactions éco-évolutives dans un climat plus chaud
Les scénarios actuels prédisent une accélération de l’érosion de la biodiversité avec le changement climatique. Les prédictions sont rendues complexes par la diversité des impacts écologiques et évolutifs ainsi que leurs interactions. Grâce à une expérience de réchauffement dans un contexte semi-naturel, ce projet propose d’étudier l’effet de l’évolution d’une espèce prédatrice dans un climat plus chaud sur le fonctionnement des communautés et inversement. Une série d’expériences complémentaires permettra de quantifier la réciprocité des interactions entre les impacts écologiques et évolutifs afin de mieux prédire l’altération de la biodiversité.

Julien Cote, Chargé de recherche CNRS au laboratoire Évolution & diversité biologique (EDB, CNRS/UT3 – Paul Sabatier/IRD) depuis 2011, a obtenu son doctorat sur l’influence de l’information sociale dans le processus de dispersion au laboratoire Fonctionnement et évolution des systèmes écologiques (UPMC). Il a ensuite poursuivi sa recherche au cours de deux postdoctorats à Dijon (laboratoire Biogéosciences, CNRS/EPHE/Université de Bourgogne) et en Californie (UC Davis). Sa recherche lui a permis de s’intéresser à différentes questions (signaux colorés, stress oxydatif et réponse immunitaire, écologie du stress, écologie des personnalités animales, invasions biologiques) et à différents modèles d’études (diamant mandarin, gambusie, lézard vivipare). Sa recherche actuelle se concentre sur les impacts écologiques et évolutifs du changement climatique en utilisant un système expérimental semi-naturel à large échelle, le Métatron de la Station d’écologie théorique et expérimentale de Moulis en Ariège (SETE, CNRS/UT3 - Paul Sabatier).


Projet ‘’SLOW_SOURCE’’ : Trouver l’origine du vent solaire lent
L’atmosphère du Soleil est chauffée à plus d’un million de degrés et en conséquence ‘pousse’ son atmosphère vers le milieu interplanétaire sous la forme d’un vent solaire. Les vents les plus rapides (>800 km/s), sont formés dans des régions bien définies de l’atmosphère appelées les ‘trous coronaux’ qui sont des tâches noires visibles dans l’ultraviolet. En revanche, l’origine des vents lents (300 km/s) reste très énigmatique. Les vents rapides et lents ont des propriétés très distinctes mesurées in situ avec des teneurs en éléments lourds comme le fer très différentes suggérant des mécanismes de formation bien distincts. Le projet SLOW_SOURCE vise à déterminer l’origine des vent lents au travers d’études poussées de la dynamique de ces ions lourds. Le projet doit explorer la physique aux interfaces des différentes couches de l’atmosphère depuis les régions denses près de la surface du Soleil jusqu’aux régions où le vent solaire devient supersonique. Un nouveau modèle de l’atmosphère solaire sera mis en place permettant de simuler l’abondance des ions lourds de la couronne ainsi que les mécanismes d’expulsion de ces ions dans le vent lent. Les résultats de ces modèles seront comparés aux données de la mission NASA Parker Solar Probe lancée en 2018 : première mission à rentrer dans la couronne solaire pour y mesurer ses propriétés in situ. Le projet est aussi une préparation pour la mission ESA Solar Orbiter qui devait être lancée en 2020 et dans laquelle de nombreux laboratoires français sont impliqués, notamment l’IRAP le laboratoire d’accueil de ce projet ERC.

Alexis Rouillard est chercheur CNRS à l’Institut de recherche en astrophysique et planétologie (IRAP, CNRS/UT3 - Paul Sabatier/CNES). Il réalise sa thèse à l’Université de Southampton au Royaume-Uni sous la direction du Professeur Lockwood, sur la modulation du rayonnement cosmique par le vent solaire. Il entreprend ensuite un post-doctorat au US Naval Research Laboratory et au NASA Goddard Space-Flight Center aux États-Unis où il travaille sur l’origine et la propagation des vents solaires en exploitant les données de la mission NASA STEREO. Il intègre le CNRS et l’IRAP à Toulouse en 2012 où il obtient plusieurs financements Européens (FP7) et nationaux (ANR) pour petit à petit créer une équipe étudiant la dynamique de la couronne et des vents solaires. En 2013, il obtient le prix Arne Richter de l’Union Européenne des Géosciences puis, en 2014, le prix Karen Harvey de la Société américaine d’astronomie. Il s’investit aussi beaucoup dans certains aspects plus applicatifs comme la météorologie de l’espace - discipline en plein essor qui vise à développer de nouveaux modèles et outils pour prévoir les effets de l’activité solaire sur notre environnement.

Voir en ligne : Sur le site ERC