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[Distinction] Bourses ERC Advanced Grant : deux scientifiques du CNRS à Toulouse récompensé·es

par Clément Blondel - publié le , mis à jour le

L’European Research Council (ERC) a décerné une bourse Advanced Grant, jeudi 28 mars 2019, à 222 chercheurs et chercheuses pour financer des projets de recherche exploratoire d’une durée de 5 ans, pour un budget maximum de 2,5 millions d’euros.
Ces bourses, qui bénéficient d’un budget global de 450 millions d’euros, permettent à des scientifiques reconnu·es dans leur domaine, au niveau national et international, de mener des projets novateurs à haut risque qui ouvrent de nouvelles voies dans leur discipline ou dans d’autres domaines.
Avec 15 bourses hébergées, le CNRS est l‘organisme de recherche européen accueillant le plus grand nombre de projets. Il devance l’University of Oxford (9 projets), Max Planck Institutes (8) et l’University College de Londres (8).
La France se classe en troisième position en accueillant 31 projets, derrière le Royaume-Uni (47 projets) et l’Allemagne (32 projets).

Parmi les projets hébergées par le CNRS, deux sont portés par des chercheur·es toulousain·es :


Projet SCIROCCO : Étude de la combustion de l’hydrogène pour le stockage des énergies renouvelables
Le cadre de SCIROCCO (Simulation and Control of Renewable COmbustion) est l’utilisation de l’hydrogène comme moyen de stockage des énergies renouvelables. Stocker ces énergies est indispensable pour pouvoir augmenter leur contribution dans le mix énergétique. Ce stockage peut être effectué en créant de l’hydrogène (à partir de l’électrolyse de l’eau et d’électricité renouvelable par exemple) et en le stockant jusqu’au moment où les besoins en énergie montent et où cet hydrogène peut être brûlé (en produisant de l’eau et sans émettre de CO2) pour fournir chaleur ou travail. SCIROCCO se focalise sur cette phase de combustion où les extraordinaires propriétés de H2 permettent de contrôler et d’optimiser les chambres de combustion actuelles en injectant de l’hydrogène à des endroits bien choisis. Le travail est théorique, expérimental et numérique. Il s’intègre directement dans les nombreux axes de recherche et de développements actuels sur l’hydrogène où il permettra de couvrir les études fondamentales sur sa combustion.

Thierry Poinsot est directeur de recherche CNRS au l’Institut de mécanique des fluides de Toulouse (IMFT, CNRS/UT3-Paul Sabatier/Toulouse INP). Après un diplôme d’ingénieur de l’Ecole Centrale de Paris, une thèse de docteur ingénieur en 1983 et une thèse d’Etat en 1987, Thierry Poinsot passe deux ans à Stanford avant de rejoindre l’IMFT en 1992 et travaille aussi au Cerfacs. Il étudie la combustion de façon théorique, numérique et expérimentale. Il est éditeur en chef de Combustion and Flame, le premier journal dans le domaine des milieux réactifs. Il est l’auteur de plus de 200 articles de revue et a dirigé une centaine de thèses. Il a reçu un premier ERC Advanced Grant en 2013 dans le domaine des instabilités de combustion (intecocis.inp-toulouse.fr).


PyroSafe : Maîtriser l’assemblage de nanoparticules ou nanofeuillets de métaux et d’oxyde pour produire des nanocomposites très réactifs et versatiles

PyroSafe (Integration of new nano-engineered safe energetic layers with Sensors and Electronics to manufacture Safety-Critical Microsystems) ouvre la voie à la conception et la fabrication de micro-actionneurs à haute énergie capables de produire de multiples fonctionnalités (génération gaz, chaleur et espèces chimiques) afin de mettre en œuvre des mesures de sécurité d’urgence dans des situations non accessibles à l’intervention humaine. Pour atteindre cet objectif d’innovation fort, PyroSafe met en place un programme de recherche pluridisciplinaire mêlant études fondamentales, développement technologique et caractérisations avancées autour de nanothermites (assemblages nanométrique aluminium/oxydes). Il propose de nouveaux paradigmes pour caractériser et modéliser les mécanismes réactionnels extrêmement complexes (formation et propagation d’un front de combustion dans des conditions de température et de pression très élevées) au sein d’assemblages métastables. Le projet poussera aussi les limites d’intégration de ces matériaux dans les circuits électroniques en combinant des techniques de dépôt en phase vapeur et des méthodes de fabrication additive et en travaillant avec un fondeur pour assurer la compatibilité des technologies. PyroSafe constitue une rupture dans le domaine de la « pyrotechnie » en introduisant une nouvelle façon de penser les matériaux énergétiques, imaginés ici tels des composants programmables par la structuration d’échelle.

Carole Rossi, directrice de recherche CNRS au Laboratoire d’analyse et d’architecture des systèmes du CNRS (LAAS-CNRS), est chercheuse en micro nanotechnologies. Ingénieure en science des matériaux et diplômée d’un master en physique du solide, Carole Rossi débute en 1994 un doctorat au LAAS-CNRS en micro-nanotechnologie pendant lequel elle propose d’intégrer des matériaux énergétiques dans des microsystèmes pour actionner des fluides dans des micro-canalisations ; c’est la naissance d’une nouvelle discipline technologique : la micropyrotechnie. Après avoir obtenu son doctorat en 1997, elle rejoint l’Université de Berkeley (USA) où elle intègre des pyroMEMS dans des microbots. Elle est recrutée en 1998 par le CNRS et intègre le LAAS-CNRS. Depuis, elle y développe des recherches originales sur la nano-ingénierie de composites réactifs Al/Oxyde, principalement le couple Al/CuO. Elle s’intéresse notamment aux effets d’échelle et d’interface entre réactifs sur les mécanismes d’initiation et de combustion. Elle explore aussi des voies de synthèses et d’élaborations originales tout en visant l’intégration de ces nanothermites dans des microsystèmes fonctionnels pour des applications dans les domaines de la défense, du spatial et du civil.
Carole Rossi est également responsable scientifique du laboratoire commun IMPYACT avec l’entreprise Lacroix Ruggieri, dédié aux systèmes pyrotechniques.
Lire le communiqué de presse - novembre 2016



Un autre projet toulousain, non hébergé par le CNRS, est également récompensé par une bourse Advanced Grant :

Le projet COGNIBRAINS (Cognition in an Insect Brain) porté par Martin Giurfa, enseignant-chercheur UT3- Paul Sabatier et chercheur au Centre de recherches sur la cognition animale (CRCA, CNRS/UT3 - Paul Sabatier) et hébergée par l’UT3 - Paul Sabatier.

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