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Parutions

 

Rôle clé des neutrophiles dans l’immunité induite par les immunothérapies antivirales

Les anticorps monoclonaux (AcM) constituent la plus grande classe de biomédicaments. Administrés pour neutraliser les pathogènes, ils peuvent aussi induire une réponse immune durable, comme une vaccination  Des chercheurs de l’Institut de Génétique Moléculaire de Montpellier ont mis en évidence un rôle inattendu des polynucléaires neutrophiles (PNN) dans l’efficacité thérapeutique des AcM. Ces cellules joueraient un rôle clé dans l’orchestration de la réponse immune antivirale aboutissant à l’induction d’une immunité protectrice. Ces travaux ont été publiés le 3 mai 2018 dans la revue  Journal of Clinical Investigation Insight.

 

Les anticorps (Ac) sont des molécules produites par le système immunitaire pour se défendre contre les agents infectieux et les cellules cancéreuses. Certains d'entre eux, les anticorps monoclonaux (AcM), peuvent être produits en masse pour traiter diverses pathologies : cancers, pathologies inflammatoires, maladies infectieuses… Ils constituent la plus grande classe actuelle de médicaments biothérapeutiques. Ces dernières années, ils ont été considérés avec de plus en plus d'intérêt pour traiter des infections virales chroniques graves comme celle par le VIH (Virus de l’immunodéficience humaine) mais aussi par d’autres virus contre lesquels les traitements actuels sont encore insuffisants.
La plupart des AcM anti-viraux ont été sélectionnés via leur effet direct sur la propagation virale sans considérer leur capacité potentielle à exercer des effets immunomodulateurs. En utilisant un modèle préclinique d’infection virale persistante chez la souris (l’infection par le rétrovirus FrCasE), les chercheurs ont montré qu'une immunothérapie courte par un AcM neutralisant, outre l’effet antiviral direct, exerce aussi un effet de type "vaccinal" (immunité antivirale protectrice à long-terme). Si cette observation est applicable à l'homme, ce que suggèrent des expériences publiées récemment chez des patients infectés par VIH et traités par des AcM fortement neutralisants, ceci se traduirait par un bénéfice thérapeutique direct pour les patients mais aussi pour la société en réduisant les coûts des thérapies par AcM. Il est donc important d’identifier les mécanismes moléculaires et cellulaires impliqués dans l’induction de tels effets vaccinaux par les AcM.
Après avoir montré le rôle crucial des complexes "immuns" (formés entre le virus et l’AcM) dans l’activation de différentes cellules du système immunitaire aboutissant à l'induction d'une immunité antivirale protectrice, les chercheurs se sont particulièrement intéressés aux polynucléaires neutrophiles, qui représentent  50 à 70% des leucocytes du sang circulant chez l’Homme. Les PNN ont un rôle essentiel dans l’élimination de pathogènes et, outre leur pouvoir microbicide, sont apparus récemment comme des cellules clés dans l’orchestration des réponses immunes. Grâce à l’utilisation du modèle d’infection FrCasE, les scientifiques ont établi que les PNN ont un rôle central dans la protection antivirale de souris infectées traitées avec un AcM neutralisant alors que, de manière intéressante, ils n’ont pas de rôle dans la limitation de la propagation virale. Cette limitation est assurée par d’autres cellules effectrices du système immunitaire  (comme les cellules  tueuses naturelles, “natural Killer”; NK). En revanche, les PNN ont un rôle crucial dans l’induction des effets vaccinaux car, lors de l’immunothérapie par AcM, ils acquièrent des propriétés immunomodulatrices et induisent une forte réponse humorale antivirale protectrice à très long-terme.

Ces travaux ouvrent de nouvelles voies pour améliorer les immunothérapies antivirales. Ils suggèrent que la préservation des fonctions et de la quantité de neutrophiles circulants pourrait être nécessaire pour obtenir l'immunité protectrice induite par les AcM antiviraux.

 

Figure : L’immunothérapie des souris infectées par un AcM neutralisant induit une immunité protectrice à vie. Cette protection implique différentes cellules du système immunitaire. D’une part, l’AcM recrute de cellules NK qui ont un rôle clé dans le contrôle de la propagation virale, notamment via la lyse de cellules infectées ciblées par l’AcM. D’autre part, en présence de l’AcM thérapeutique, les polynucléaires neutrophiles recrutés dans les sites d’infection acquièrent des propriétés immunomodulatrices et deviennent des orchestrateurs de la réponse immune antivirale. Ils produisent notamment  de molécules impliquées dans l’induction d’une forte réponse humorale, telles que la lymphotoxine α (LTα) et le facteur d’activation de cellules B (B-cell activating factor;BAFF) aboutissant à la production d’anticorps endogènes.

© Mar Naranjo-Gomez, Jennifer Lambour, Mireia Pelegrin

 

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Contact chercheur

  • Mireia Pelegrin
    Institut de Génétique Moléculaire de Montpellier
    UMR 5535 CNRS- Université de Montpellier
    1919, route de Mende
    34293 Montpellier Cedex 5
    France
    Tél. : + 33 4 34 35 96 68

 

Mise en ligne le 11 mai 2018

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