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Rio 2018 : Portrait de conférencier

8 décembre 2017

Interview d’Olivier Schiffmann, directeur de recherche au CNRS, conférencier dans la section "Théorie de Lie et généralisations".

Quel est votre domaine de recherche ?

Je travaille dans le domaine de la théorie géométrique des représentations, avec un oeil pointé vers la physique mathématique (notamment la théorie des cordes), un oeil pointé vers la combinatoire algébrique et un troisième oeil pointé vers la théorie des nombres (notamment le programme de Langlands, sous sa forme géométrique).

Pourriez vous nous parler de mathématiciens ou de mathématiciennes qui vous ont marqué, influencé, ou que vous admirez tout particulièrement (personnages historiques ou contemporains) ?

Les mathématiciens qui m’ont le plus marqué ou que j’admire le plus ne sont pas forcément ceux qui ont développé de grandes théories bien huilées (à l’instar de Grothendieck) —même si leur influence sur les mathématiques est sans nul doute la plus importante— ; je suis personnellement davantage attiré par les farfouilleurs, ceux qui écrivent des papiers remplis de calculs ou de constructions mystérieuses et de conjectures complexes, poussés par une intuition diffuse mais tenace. Dans mon domaine, c’est le cas, par exemple, de Boris Feigin, Igor Frenkel, M. Khovanov ou Tamàs Hausel. Je suis heureux qu’il reste encore quelques découvertes cruciales faites par ce genre de mathématiciens !

Qu’est-ce qui vous a amené à faire des mathématiques ?

Mon père étant mathématicien, je suis tombé dans la marmite très jeune. J’ai eu la chance de participer à un club de mathématiques pour lycéens (à l’IRMA à Strasbourg) ainsi qu’à des écoles d’été (comme le programme de A. E. Ross à Columbus, OSU), où j’ai fait la rencontre de nombreux amis (maintenant collègues). Après avoir goûté ainsi au plaisir de faire des mathématiques dans de tels environnements, difficile de ne pas vouloir en faire son métier.

Qu’est-ce que vous aimez dans votre métier de mathématicien ?

Ce qui me plaît le plus dans mon métier de mathématicien est le sentiment de voyager en terrain inconnu, guidé par ma seule intuition, en se raccrochant comme on peut à quelques certitudes. Je ne suis jamais plus heureux qu’après une journée passée à faire des calculs qui "commencent vaguement" à prendre forme. Après, il y a, bien sûr, le (court) instant pendant lequel tous les éléments du puzzle se mettent soudainement en place et on acquiert une vision globale, essentielle, mais je préfère la phase d’exploration pure.

Olivier Schiffmann est directeur de recherche au CNRS. Il est membre du Laboratoire de Mathématiques d’Orsay (LMO - CNRS & Université Paris-Sud).