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Interview de jeune chercheuse

23 janvier 2019

Interview de Manon Michel, recrutée au CNRS en octobre 2018.

Quel est ton domaine de recherche ?

Je suis une recrue 2018 de l’INSMI un peu particulière car j’ai été recrutée en section 2 (physique théorique) pour une intégration à l’INSMI. Mon domaine de recherche est donc interdisciplinaire entre la physique théorique et statistique et les probabilités. Par ce prisme composite, je travaille sur les processus stochastiques et les algorithmes qui les exploitent, en particulier les algorithmes de Monte Carlo, avec comme but des applications en physique, en inférence Bayésienne ou en apprentissage. Cette approche me permet de travailler sur des questions variées allant des transitions de phases des systèmes complexes, au chaos en passant par la complexité, tout en collaborant avec de nombreuses communautés, probabilités, physique statistique, intelligence artificielle, cosmologie computationnelle, statistiques. Finalement, ce sujet laisse une large part à la créativité et à l’intuition, ce qui n’est pas pour me déplaire.

Qu’as-tu fait avant d’entrer au CNRS ?

J’ai été formée au département de physique de l’ENS de Paris avant de réaliser une thèse sur les chaînes de Markov non-réversibles et leurs applications dans les algorithmes de Monte Carlo au Laboratoire de physique statistique de l’ENS de Paris. J’ai ensuite fait deux postdocs d’un an, un aux Orange Labs et l’autre au centre de mathématiques appliquées à l’école Polytechnique sur des questions d’échantillonnage de distribution de probabilités et d’inférence Bayésienne.

Pourrais-tu nous parler de mathématiciens qui t’ont marquée, influencée, ou que tu admires tout particulièrement (personnages historiques ou contemporains) ?

Mon panthéon personnel est peuplé de physiciens et de mathématiciens et, pour ne citer qu’un mathématicien parmi nos contemporains, Persi Diaconis force le respect comme l’admiration. De magicien professionnel, il est devenu l’un des plus grands probabilistes, surtout connu pour ses recherches sur le battage de cartes. Ses travaux sur le "lifting" de chaînes de Markov ont été décisifs pour ma propre recherche.

Qu’est-ce qui t’a amenée à faire des mathématiques ?

Certains tombent dedans quand ils sont petits, mais avec les mathématiques, on peut en abuser après ! J’ai grandi dans un environnement porté sur les mathématiques et la physique théorique et il est difficile pour moi de me rappeler d’un déclic particulier. Par contre, une fois arrivée au lycée, les maths ont dû faire de la place pour la physique mais, heureusement, j’ai le cœur assez grand.

Pourquoi le CNRS ?

À l’échelle mondiale, le CNRS offre des conditions uniques de liberté en terme de charge d’enseignement, de mobilité et de thématiques de recherche, tout cela au niveau jeune chercheur !

Manon Michel est chargée de recherches au CNRS. Elle est membre du laboratoire de mathématiques Blaise Pascal (LMBP - CNRS & Université Clermont Auvergne).

© Manon Michel