Edith HeardBiologiste
Aujourd’hui directrice générale du Laboratoire européen de biologie moléculaire (EMBL) et professeure au Collège de France, Edith Heard est mondialement reconnue pour ses travaux pionniers sur l'inactivation du chromosome X, un processus essentiel au développement des embryons femelles. Ses recherches ont permis de dévoiler des mécanismes épigénétiques régulant l’expression des gènes, offrant une nouvelle compréhension des premiers stades embryonnaires ainsi que de la biologie des femmes. Ses découvertes ont révolutionné notre compréhension de l'épigénétique, discipline qui explore les changements dans l’activité des gènes qui définissent l’identité d’une cellule. En d'autres termes, l’épigénétique examine la manière dont des modifications, transmissibles et réversibles, peuvent influencer l'expression des gènes sans en altérer l’ADN.
Antoine Petit, président-directeur général du CNRS, a salué les réalisations de la lauréate : « Figure européenne et internationale éminente en épigénétique, Edith Heard est une référence de la biologie moderne comme en témoignent les nombreuses découvertes qui ont jalonné sa carrière et son engagement pour une recherche d’excellence. En lui décernant la médaille d’or 2024, le CNRS rend hommage à une biologiste à la carrière scientifique internationale d’exception et aussi à une biologiste mobilisée dans la promotion de la science et la formation des futurs leaders du domaine ».
Depuis plusieurs dizaines d’années, Edith Heard se consacre en effet à l'étude de l'inactivation du chromosome X chez les mammifères, un processus indispensable au développement des embryons femelles. Alors que les femelles possèdent deux chromosomes X, les mâles n’en ont qu’un, accompagné d’un chromosome Y. Or, le chromosome Y ne porte qu'une centaine de gènes, quand le chromosome X en possède plus d’un millier. Pour compenser ce déséquilibre entre mâles et femelles, l’un des deux chromosomes X chez les femelles est entièrement inactivé par un processus épigénétique
Née en 1965 à Londres, Edith Heard a étudié les sciences naturelles à l’université de Cambridge, avant de s’intéresser à l’épigénétique lors de sa thèse sur l’amplification génique dans le cancer à la Fondation impériale de recherche contre le cancer (ICRF), à Londres. Elle arrive en France en 1990 grâce à une bourse d’étude du Human Frontier Science Program et rejoint l’Institut Pasteur pour un post-doctorat, où elle entame son travail sur l’inactivation du chromosome X qui sera le fil conducteur de sa carrière. Elle est recrutée trois années plus tard par le CNRS, devient chef d’équipe ATIP
Tout au long de sa carrière, Edith Heard a été distinguée par de nombreuses récompenses remarquables. Lauréate de la médaille d'argent du CNRS en 2008, décorée de la Légion d’honneur en 2017, elle a aussi reçu le Grand prix de l'Institut national de la santé et de la recherche médicale en 2017 et le prix L’Oréal-UNESCO Women in Science International en 2020. Elle a également été élue Fellow of the Royal Society en 2013, l’une des distinctions scientifiques les plus prestigieuses au monde.
Edith Heard est également une fervente défenseuse de la science et de la collaboration internationale. Elle s’engage notamment au travers du programme PAUSE
Des photos de la lauréate sont disponibles sur la plateforme CNRS Images, ainsi que son portrait dans CNRS le Journal.