Cet ouvrage collectif de 46 auteurs, réalisé par
l’UMR LISA, avec le concours du CNRS, sous la direction de
Marie Antoine Maupertuis (LISA), vient de paraitre aux
éditions Albiana.
La société corse a connu, de juillet 2008 à
mai 2009, une vague de débats et controverses autour du Plan
d’Aménagement et de Développement Durable de la
Corse, sans précédent dans l’histoire des plans
et schémas successifs qui ont jalonné les cinquante
dernières années de la vie politique et
économique de l’île. Alors que la question du
développement "tout court" n’a jamais
dépassé les cercles d’initiés, celle du
développement durable en a franchi les limites mobilisant
toutes les composantes de la société insulaire. Cette
communauté humaine qui n’a pas
expérimenté les étapes successives d’un
développement au sens moderne du terme, est-elle en
capacité de penser et de mettre en œuvre un
développement durable, c’est-à-dire une phase
d’ "après-développement", une forme
de postmodernité? Comment effectuer ce saut
désigné par les experts comme un qualitatif sans
tomber dans le piège d’une vision
édulcorée du développement durable ? Comment
accompagner en conséquence une modification profonde des
structures économiques, de la pratique politique voire des
comportements sociaux ?
C’est à ces interrogations que tentent de
répondre les contributions rassemblées dans cet
ouvrage. Elles sont le fruit d’une réflexion
collective menée à l’Université de Corse
au sein de l’UMR CNRS LISA durant un cycle de
séminaire qui s’est déroulé
d’avril à septembre 2009 et avait pour
problématique : "que peuvent nous apprendre les
sciences humaines et sociales ?"
En effet, les disciplines des sciences humaines et sociales par
leur appréhension "complexe" et
"complète" du développement humain et du
fonctionnement sociétal interrogent de manière
récurrente – même parfois sans le savoir –
différentes facettes du développement durable.
L’enjeu est aussi de rappeler ou de faire découvrir
à toutes les composantes de la société
insulaire et à la communauté scientifique ce qui fait
sens sur les plans économique, écologique, social et
culturel lorsqu’on veut, de manière cohérente,
créer de la durée dans un espace géographique
naturellement limité.