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Start-up

Enyo Pharma réalise une levée de fonds de 40 millions d'euros

L'entreprise fondée par des chercheurs du Centre international de recherche en infectiologie1 et des seniors de l’industrie pharmaceutique a réalisé une levée de fonds de 40 millions d'euros pour financer la poursuite du développement de sa première molécule active. En parallèle, les essais cliniques d'une deuxième molécule doivent démarrer fin 2019.

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A l’horizon 2030, selon l'OMS, et malgré les progrès de la vaccination de masse, 300 millions de personnes dans le monde seront encore infectées chroniquement par le virus de l’Hépatite B. Les malades présentent un haut risque de développer une cirrhose et un cancer du foie. Enyo Pharma, une start-up fondée en 2014 par des chercheurs du Centre international de recherche en infectiologie1, avec des experts du développement de médicaments venus de l'industrie pharmaceutique, développe une petite molécule thérapeutique pour répondre à ce défi de santé publique. Avec une approche innovante : contrairement aux thérapies qui visent exclusivement à empêcher la réplication du virus et qui se prennent à vie, le candidat-médicament d'Enyo Pharma, EYP001, cible le cccDNA (« réservoir du virus ») pour permettre une guérison de la maladie. Le développement de cette molécule se poursuit, financé grâce à une levée de fonds2 de 40 millions d'euros. Cette augmentation de capital, qui est la plus importante jamais réalisée par une société de biotechnologies française, fait entrer à son capital trois nouveaux investisseurs : OrbiMed, l'un des plus gros fonds au monde (14 milliards d'actifs) dédiés à la santé, Andera Partners, l’un des deux fonds de capital risque les plus actifs d’Europe dans la santé, et Bpifrance, via son fonds Large Venture dédié aux grosses opérations. Ces nouveaux actionnaires rejoignent Sofinnova, InnoBio (fonds biotech de Bpifrance) et le fonds américain Morningside Venture, entrés lors d'un premier tour de table en 2016 (22 millions d’euros)` et qui ont également participé à cette levée de fonds.

Le composé EYP001 vise également le traitement de la NASH (stéatose hépatique non alcoolique), la pathologie hépatique la plus commune dans les pays développés. On estime à plus de 5 % la part de la population des pays développés atteinte d’une NASH avancée. « Les développements pour le traitement de l'hépatite B et celui de la NASH sont menés en parallèle », indique Jacky Vonderscher, directeur général d’Enyo Pharma.

Pour développer ses candidats-médicaments, Enyo Pharma a mis en place une approche originale basée sur le biomimétisme du virus. Les chercheurs qui ont cofondé l'entreprise, des experts des interactions protéines-protéines virus/homme, ont mis au point une stratégie de recherche qui s'inspire de la manière dont les virus détournent les fonctions cellulaires pour leurs propres bénéfices. A partir des peptides bioactifs viraux, Enyo Pharma conçoit des petites molécules chimiques actives, mimant la structure et l’activité du peptide. Cette approche innovante permet d’identifier de nouvelles molécules thérapeutiques. La collaboration avec l'équipe du Centre international de recherche en infectiologie se poursuit, notamment sur la compréhension des mécanismes d'action du traitement de l'hépatite B.

La levée de fonds réalisée permettra aussi à Enyo Pharma de continuer à travailler sur un autre composé, EYP0002, ciblant notamment une maladie génétique rare et des maladies métaboliques.

 

1 CNRS/Inserm/ENS Lyon/Université Claude Bernard

Contact :

 

Jacky Vonderscher / Directeur général d’Enyo Pharma / jv@enyopharma.com