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Start-up

ENYO Pharma : un financement pour accélérer le développement d’un nouveau traitement de l’hépatite B

Spécialisée dans le développement de nouveaux traitements des infections virales et chroniques, la start-up ENYO Pharma issue du Centre international de recherche en infectiologie1 a levé 22 millions d’euros en février 2016 pour démarrer les premiers essais cliniques de phase 1 d’un nouveau candidat-médicament contre le virus de l’hépatite B.

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Fondée en janvier 2014 par les chercheurs Vincent Lotteau, Patrice André, Laurène Schicklin-Meyniel et Benoît de Chassey du Centre international de recherche en infectiologie1, avec des apports financiers d’Inserm Transfert Initiative, ADV Life Sciences  et  Vonderscher  & Co, la start-up lyonnaise ENYO Pharma a réalisé, en février 2016, une levée de fonds de 22 millions d’euros auprès de Sofinnova Partners, Morningside Ventures, et Bpifrance.

Cette société biopharmaceutique, centrée sur le traitement des infections virales aiguës et chroniques, va ainsi pouvoir accélérer le déploiement de son programme clinique contre l’hépatite B et le développement de son candidat-médicament, la molécule EYP001. Les premiers essais cliniques de phase 1 chez l’Homme sont attendus courant 2016 et le traitement en phase 2 de patients atteints d’hépatite B chronique devrait avoir lieu en 2017 et 2018.

Problème de santé publique et socio-économique majeur, le virus de l’hépatite B infecte aujourd’hui dans le monde plus de 240 millions d’individus de façon chronique et est responsable de près de 650 000 décès par an. Ciblant le foie, l’infection virale débouche, au bout de quelques dizaines d’années, sur une cirrhose ou un cancer du foie. Les médicaments actuellement proposés, auxquels la moitié des malades n’a pas accès, ne permettent pas d’éradiquer le virus ou de guérir totalement de l’infection, mais contrôlent la réplication virale, évitent le développement d’autres dommages, et allongent l’espérance de vie des patients. Le besoin de nouvelles molécules thérapeutiques est donc aujourd’hui important.

La molécule thérapeutique EYP001 est issue de la stratégie de recherche innovante développée par ENYO Pharma : alors que la plupart des anti-viraux actuels ciblent les constituants du virus, ENYO Pharma s’intéresse aux fonctions et à la machinerie cellulaires de l’hôte détournées par les virus pour opérer leur réplication virale. Car en perturbant les interactions existant entre les protéines virales et les protéines cellulaires humaines, les chercheurs fondateurs de la société ont montré qu’il était possible d’empêcher la multiplication des virus.

Pénétrant dans la cellule hépatique suite à sa fixation à deux récepteurs (les protéoglycanes et le transporteur de sels biliaires NTCP), le virus de l’hépatite B y intègre de façon persistante son génome sous la forme d’un mini-chromosome supplémentaire circulaire (cccDNA). Transmis aux cellules filles lors de la division cellulaire, le génome viral provoque la chronicité de la maladie. Mais en modulant l’activité du récepteur nucléaire des sels biliaires FXR par la molécule EYP001, les chercheurs ont montré qu’il était possible de réguler la taille du réservoir de cccDNA, la synthèse protéique virale et, finalement, la réplication du virus. Cette molécule a d’ores et déjà passé avec succès les étapes de développement préclinique - les études de toxicité n’ayant mis en évidence aucun effet indésirable – et s’apprête désormais à suivre les premières étapes d’essais cliniques de phase 1.

La société, qui dispose de licences d’exploitation sur plusieurs brevets issus des travaux de ses fondateurs, est aussi dotée d’une plate-forme destinée à l'identification de nouvelles cibles thérapeutiques intracellulaires, jusque-là inexploitées par l’industrie pharmaceutique, et de molécules actives contre ces cibles. Cette approche évite par ailleurs l’émergence de souches de virus résistantes et diversifie l’arsenal thérapeutique. S’attaquant à des virus touchant l’Homme, la société a également initié des tests toxicologiques pour trois classes de molécules dédiées au traitement des grippes sévères et saisonnières.

1 Centre international de recherche en infectiologie (CNRS/Inserm/ENS Lyon/Université Claude Bernard).

 

Contacts :

Jacky Vonderscher / Président d’ENYO Pharma / jv@enyopharma.com

Patrice André / Centre international de recherche en infectiologie / patrice.andre@inserm.fr

Vincent Lotteau / Centre international de recherche en infectiologie / vincent.lotteau@inserm.fr