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Start-up

NanoMedSyn : mieux adresser les enzymes thérapeutiques pour améliorer le traitement des maladies lysosomales

La start-up NanoMedSyn exploite une technologie capable d’augmenter l’efficacité des traitements enzymatiques de substitution des maladies lysosomales. Basé sur le couplage de l’enzyme thérapeutique à un composé synthétique, le procédé améliore le ciblage et la pénétration cellulaire de l’enzyme recombinante. Il offre également des applications pour le traitement du cancer de la prostate.

Maladie de Gaucher, maladie de Pompe, cystinose… Autant de maladies lysosomales souvent inconnues du grand public. Au nombre d’une cinquantaine, ces maladies génétiques rares touchent entre une naissance sur 40 000 et une naissance sur 100 000. Elles se caractérisent par un dysfonctionnement des lysosomes, des organites cellulaires chargés de recycler les déchets (métabolites) produits par la cellule au cours de son fonctionnement. Cette opération requiert une cinquantaine d’enzymes lysosomales, chacune intervenant au niveau d’un métabolite en particulier.

Chaque maladie lysosomale implique un gène différent codant pour une de ces enzymes. La mutation génétique engendre soit la production d’une enzyme défectueuse soit son absence totale. Mal pris en charge par les lysosomes, voire pas du tout, le métabolite s’accumule alors dans les cellules et les tissus, et devient toxique. Des lésions apparaissent au niveau des organes, qui ne fonctionnement plus normalement. Chroniques et évolutives, les maladies lysosomales provoquent des troubles irréversibles et de multiples handicaps, physiques et parfois neurologiques.

Les traitements spécifiques, reposant sur l’enzymothérapie substitutive, présentent une efficacité variable. Le patient reçoit toutes le deux semaines, à vie, des injections par voie intraveineuse d’une version recombinante humaine de l’enzyme déficiente. Mais suivant le type et le stade de la maladie, certains organes demeurent inaccessibles. Seules huit maladies lysosomales disposent actuellement d’un traitement enzymatique.

Améliorer le ciblage et la pénétration cellulaire, et étendre le traitement à toutes les maladies lysosomales, voilà l’objet de la société montpelliéraine NanoMedSyn fondée fin 2012 par quatre chercheurs de l’Institut des biomolécules Max Mousseron (CNRS/ENSC Montpellier/Université de Montpellier) et de l’Institut Charles-Gerhardt de Montpellier (CNRS/ENSC Montpellier/Université de Montpellier). Spécialisée dans la mise au point de traitements innovants contre les maladies de surcharge lysosomale, NanoMedSyn a développé une nouvelle approche basée sur le couplage de l’enzyme recombinante avec un composé breveté1 : un analogue synthétique du mannose 6-phosphate (AMFA) ayant une forte affinité pour les cellules.

Comme leur analogue natif, les AMFA ciblent le récepteur du mannose 6-phosphate, une lectine membranaire spécifique impliquée dans le mécanisme d’adressage des protéines aux lysosomes. Les AMFA agissent comme un signal pour adresser enzymes ou médicaments aux tissus et cellules exprimant ces récepteurs. Grâce à son association avec un AMFA, l’enzyme recombinante pénètre plus facilement dans la cellule ce qui améliore son absorption par le lysosome.

Des études précliniques, réalisées chez la souris, ont montré que le traitement enzymatique de remplacement était dix fois plus efficace en présence d’un composé AMFA-enzyme. En se basant sur cette technologie, NanoMedSyn a développé son premier candidat médicament pour le traitement de la maladie de Pompe, une maladie lysosomale due au stockage du glycogène suite à un défaut de l’enzyme alpha-1,4-glucosidase acide. Existant sous une forme infantile et adulte, la maladie provoque une faiblesse musculaire, qui s’aggrave progressivement pour devenir handicapante. Le couplage d’un AMFA à l’enzyme recombinante a généré un candidat médicament efficace sur les deux formes de la maladie, et qui a passé avec succès les phases d’essais précliniques.

NanoMedSyn envisage désormais d’appliquer sa technologie à de nouvelles enzymes recombinantes afin de fournir une nouvelle gamme de médicaments contre les maladies lysosomales. La technologie laisse également entrevoir des applications pour le traitement photodynamique du cancer de la prostate2. En effet, 84 % des cancers de la prostate sur-expriment le récepteur du mannose 6-phosphate.

En septembre 2015, la start-up a conclu un accord de collaboration avec Généthon afin d’améliorer le tropisme, les doses administrées et l’efficacité des vecteurs viraux de thérapie génique.

Le 20 juin 2016, NanoMedSyn s’est vue décerner le Grand Prix « Sciences de la Vie » lors de la finale du 16e concours Tremplin Entreprises dédié aux jeunes entreprises innovantes en recherche de financement.

 

1 Brevet « Composés ciblant le récepteur du mannose 6-phosphate cation indépendant » WO2011000958 (06-01-2011) en copropriété CNRS/INSERM/Université de Montpellier 1/Université de Montpellier 2.

2 Brevet  « Nouvelle méthode de dépistage du cancer de la prostate » WO2015110759 (23-01-2014) en copropriété CNRS/Université de Montpellier 1/Centre hospitalier universitaire de Toulouse.

 

Contacts :

Magali Gary-Bobo / Institut des biomolécules Max Mousseron / magali.gary-bobo@inserm.fr

Alain Morère / Institut des biomolécules Max Mousseron / morere@univ-montp2.fr

Marcel Garcia  / Institut des biomolécules Max Mousseron / marcel.garcia@inserm.fr

Jean-Olivier Durand/ Institut Charles Gerhardt de Montpellier/ durand@univ-montp2.fr

Henry-Vincent Charbonné / NanoMedSyn/ contact@nanomedsyn.com