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Start-up

Aryballe Technologies : un capteur d’odeurs électronique qui a du nez

Issue du CNRS et du CEA, la start-up Aryballe Technologies a mis au point un capteur d’odeurs portatif capable d’imiter les mécanismes de l’odorat humain. Ce nez électronique offre une solution aux personnes atteintes de troubles de l’odorat et ouvre également des applications dans les domaines de l’industrie agro-alimentaire ou de l’environnement.

Sens de l’imagination pour les uns, des émotions pour les autres, l’odorat occupe une place à part au royaume de la perception sensorielle. Les odeurs influent sur le rapport à soi, aux autres et à l’environnement. Au quotidien, elles sont omniprésentes et de nature différente. Mais chez les personnes atteintes d’anosmie, ces éléments demeurent inaccessibles. Liée à un défaut de perméabilité des fosses nasales (rhinites, sinusites, rhume…) ou à une altération des organes sensoriels (anomalie anatomique, lésion du nerf olfactif suite à un traumatisme…), cette perte partielle ou totale de l’odorat touche entre 1 et 2 % de la population, et 15 % des personnes âgées.

C’est pour leur venir en aide qu’Aryballe Technologies a mis au point le premier nez électronique capable d’imiter les récepteurs olfactifs humains. Créée en 2014, cette start-up grenobloise est issue du Laboratoire structures et propriétés d’architectures moléculaires1 et de l’Institut de chimie moléculaire et des matériaux d'Orsay2 et s’appuie sur une technologie brevetée3.

Equipé de nano-capteurs biochimiques d’odeurs, le nez artificiel NeOse reproduit les mécanismes de l’odorat humain. Il comprend un lecteur optique mobile capable de transformer une odeur en image. Les molécules olfactives présentes dans l’air ambiant sont aspirées par un ventilateur, puis fixées, en fonction de leur affinité, à la surface des nano-capteurs embarqués. Le dispositif génère, sous la forme d’un code-barres, une signature visuelle spécifique de chaque molécule. A l’aide d’une puce électronique, cette signature est ensuite envoyée, analysée et comparée à la base d’odeurs d’Aryballe Technologies afin d’identifier l’odeur associée.

Aujourd’hui, le nez artificiel NeOse reconnaît déjà 150 odeurs différentes et ce n’est qu’un début. « Notre ambition n’est pas de redonner l’odorat aux personnes atteintes d’anosmie mais de leur apporter des réponses objectives sur les odeurs qui les entourent, comme celle des fleurs, de la nourriture, de l’hygiène ou encore des indications qui peuvent assurer leur sécurité, comme pour les odeurs de brûlé, de gaz ou de feu par exemple », précise Tristan Rousselle, directeur d’Aryballe Technologies.

Les applications que laisse entrevoir la technologie sont nombreuses et variées. En plus d’apporter une solution aux personnes anosmiques, NeOse pourrait servir à détecter, de façon précoce, certaines maladies, comme des cancers, comportant des odeurs caractéristiques. Et il ne s’arrêterait pas là : ce capteur d’odeurs pourrait également trouver sa place dans les réfrigérateurs des consommateurs afin d’améliorer le contrôle de la conservation des aliments. Sans compter des applications liées aux contrôles de la chaîne du froid dans l’industrie agro-alimentaire, ou à la détection de polluants et des mauvaises odeurs dans l’environnement et l’industrie.

En pleine phase de croissance, Aryballe Technologies a déjà levé trois millions d’euros auprès d’Innovacom, spécialiste européen en capital-innovation, de CEA Investissement et du groupe industriel japonais Asahi Kasei. Cette levée de fonds favorisera l’industrialisation et la commercialisation du produit, prévue pour début 2017. La start-up a d’ores et déjà conclu un accord de distribution avec la société japonaise Hakuto.

1 Laboratoire structures et propriétés d’architectures moléculaires (CNRS/CEA/Université Grenoble Alpes)

2 Institut de chimie moléculaire et des matériaux d'Orsay (CNRS/Université Paris-Sud)

3 Brevet « Capteurs de nez ou de langue électronique », WO2013124810, 29/08/2013.

 

Contacts :

Yanxia Hou-Bourtin / Laboratoire structures et propriétés d’architectures moléculaires / yanxia.hou-broutin@cea.fr

Thierry Livache / Directeur scientifique Aryballe Technologies / thierry.livache@aryballe.com

Tristan Rousselle / CEO Aryballe Technologies / tristan@aryballe.com