CNRS Innovation

Partenariats, création d'entreprises, brevets, licences, événement... Retrouvez tous les mois les dernières actualités de la valorisation et de l'innovation au CNRS.

Partenariats

Les UMI : des structures partenariales au plus près des industriels à l’étranger

Outil phare de la coopération made in CNRS, l’unité mixte internationale (UMI) réunit au sein d’une même structure des équipes de recherche françaises et étrangères à la collaboration déjà fortement structurée. Ce modèle de laboratoire commun, positionné à l’étranger, a de plus en plus le vent en poupe auprès des industriels.

« L’unité mixte internationale (UMI), c’est la manifestation d’une coopération extrêmement riche qui a atteint un degré de maturité et une masse critique suffisants pour  créer un véritable laboratoire du CNRS à l’étranger », déclare Patrick Nédellec, directeur de la Direction Europe de la recherche et coopération internationale du CNRS. Construction ad hoc négociée entre le CNRS et une ou plusieurs institutions, l’UMI est un laboratoire commun qui regroupe, sur un même site et autour d’un projet de recherche conjoint, chercheurs, étudiants, post-docs, techniciens qui y sont affectés. C’est une véritable plateforme de formation pour les jeunes chercheurs. Infrastructures et matériels sont partagés et conjointement financés. Toute la propriété intellectuelle et industrielle qui en découle suit un cadre précis négocié en amont, en conformité avec les intérêts des parties. D’une durée de cinq ans renouvelable, l’UMI instaure un environnement encadré de recherche et vise l’excellence scientifique. Certaines UMI ont été renforcées par la création d’un site miroir en France : l’objectif est d’ancrer la collaboration entre les universités, les COMUEs1 et les sites, et de contribuer à internationaliser les partenaires académiques français du CNRS.

Actuellement, on dénombre trente-quatre2 UMI, réparties sur l’ensemble des continents, avec une forte prédominance en Amérique du Nord (Etats-Unis, Canada, Mexique) et en Asie (Chine, Japon, Singapour). Chacune d’entre elles, bien que construite sur un squelette commun, possède son propre visage. « Certaines sont par exemple des hôtels à projets où les chercheurs viennent travailler pour de courtes ou moyennes périodes, de quelques mois. C’est le cas de l’UMI IMPA (Institut national de mathématiques pures et appliquées), créée en 2006 à Rio de Janeiro », signale Patrick Nédellec. D’autres fédèrent un grand nombre de partenariats différents. Elles sont ainsi de plus en plus nombreuses à s’appuyer sur un partenaire industriel. « Preuve que le CNRS a réussi à développer un savoir-faire quant à la construction d’un partenariat public-privé sur des thématiques amont », commente Patrick Nédellec.

Elles sont actuellement quatre UMI, dont trois en Asie, à se fonder directement sur ce type de partenariat. L’UMI CINTRA (CNRS International – NTU – Thales Research Alliance), créée en 2009 à Singapour, réunit le CNRS, la Nanyang Technological University de Singapour et Thales, le géant de l'aérospatiale, de la défense, de la sécurité et du transport terrestre. Elle concentre ses recherches sur les nanotechnologies, l'électronique, la photonique du futur et les applications associées. Dédiée à la chimie verte, l’UMI E2P2L (Eco-efficient products & processes laboratory) réunit depuis 2011 à Shanghaï le CNRS et le groupe Solvay, grand nom de la chimie mondiale. L’UMI franco-japonaise LINK (Laboratory for innovative key materials and structures) lie quant à elle depuis deux ans le CNRS, le National institute for materials science de Tsukuba et le groupe Saint-Gobain, leader mondial en matériaux innovants pour l’habitat. Ses recherches s’articulent autour des matériaux et des structures clés innovants. Enfin, l’UMI COMPASS (Complex assemblies of soft matter laboratory), créée en 2009 en Pennsylvanie, compte sur le CNRS, l’université de Pennsylvanie et le groupe Solvay pour orienter ses recherches vers la création, la manipulation et la compréhension de la matière molle.

 

Une co-construction aux avantages réciproques qui alimente l’innovation

« Toutes ces UMI travaillent dans un double respect, celui des exigences de la recherche fondamentale et celui de la propriété industrielle et des besoins des entreprises partenaires impliquées, commente Patrick Nédellec. Elles sont, d’une part, pour le CNRS, l’assurance d’un travail scientifique amont de qualité avec des industriels positionnés à l’international, et d’autre part, pour ces derniers, un moyen de démontrer leur capacité à s’engager auprès d’un acteur scientifique de poids comme le CNRS, pour conduire des recherches de haut niveau ». Autre fait remarquable : le grand dynamisme de ces UMI en matière de dépôts de brevet et de contrats de licence. En à peine quatre années d’existence, E2P2L est à l’origine d’une quarantaine de publications scientifiques et a déposé trente-cinq brevets. Une illustration du double intérêt de ce partenariat public-privé, à la fois au service de l’innovation et en capacité de renforcer l’internationalisation des entreprises partenaires du CNRS.

D’autres UMI, si elles ne comptent pas de partenaire industriel parmi leurs membres fondateurs, peuvent néanmoins tabler sur une forte connexion avec le monde industriel. L’UMI LN2 (Laboratoire nanotechnologies et nanosystèmes), à Sherbrooke (Québec), a signé sur la période 2012-2017 un partenariat avec la société ST Microelectronics pour le financement de ses actions de recherche. De même, l’UMI <MSE>2 (Multi-scale materials science for energy and environment), établie au Massachusetts institute of technology (MIT), finance une partie importante de ses projets de recherche au travers de partenariats avec de grands groupes industriels, tels que Schlumberger, Shell ou encore Arcelor Mittal. Pour sa part, L’UMI JRL (Joint robotics laboratory), au Japon, bénéficie d’une chaire d’excellence financée par Airbus. « Autant de preuves que ces structures de très haut niveau scientifique et à fort potentiel technique ne cessent d’attirer les industriels. »

Aujourd’hui, de nouvelles UMI sont en cours de création. « Leur nombre va probablement encore un peu augmenter à l’avenir, pour ensuite se stabiliser. » Pour un chercheur, même si partir travailler à l’étranger dans une UMI peut représenter un défi, cela reste une expérience extraordinaire.  « Il va tester ses capacités d’adaptation et d’ouverture, et devoir se confronter à une autre façon de faire la science. C’est tout à la fois une aventure professionnelle, personnelle et familiale. Une véritable découverte ! », conclut Patrick Nédellec.

1 Communauté d'universités et établissements.

2 Onze UMI en Amérique du Nord, douze en Asie, six en Amérique latine, trois en Europe, une en Russie et une en Afrique.

 

Article rédigé par Véronique Meder.

 

Contact :

Patrick Nédellec / Direction Europe de la recherche et coopération internationale du CNRS / Patrick.NEDELLEC@cnrs.fr