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Start-up

Algodone : une solution inédite pour gérer les droits sur les puces électroniques

Issue du Laboratoire d'informatique, de robotique et de microélectronique de Montpellier1, Algodone a mis au point une technique qui permet d'identifier et d'activer à distance les blocs prédéfinis (blocs IP) achetés par les fabricants de produits microélectroniques pour les intégrer dans leurs circuits. Une solution très innovante pour lutter contre la contrefaçon, et qui bouleverse le modèle économique des vendeurs de blocs IP.

La production de circuits intégrés est de plus en plus une industrie d'assemblage : les fabricants conçoivent leurs circuits en y intégrant des blocs prédéfinis (blocs IP) qu'ils achètent auprès de multiples fournisseurs spécialisés. Un mode de fonctionnement qui ne profite pas également à tous les acteurs. Sur les 140 milliards de dollars de chiffre d'affaires mondial pour les circuits électroniques, les blocs prédéfinis ne représentent que 2 milliards de dollars... Un écart dû en partie aux contrefaçons et à la difficulté à valoriser l'usage et la diffusion de ces circuits réutilisables.

C'est pour résoudre ce problème qu'est née Algodone, fondée en mars 2015 par Lionel Torres, chercheur au Laboratoire d'informatique, de robotique et de microélectronique de Montpellier1, avec Jérôme Rampon et Gaël Paul.

Les sociétés qui vendent des blocs d'électronique prédéfinis ont en effet du mal à contrôler l'usage fait de leurs produits, une fois intégrés dans les circuits. « Il n'existait pas de solutions sur le marché, et nous sommes quasiment partis d'une page blanche », se souvient Lionel Torres.

Le chercheur travaillait depuis des années sur la sécurisation de la communication des circuits électroniques. Jérôme Rampon, de son côté, apportait sa connaissance du problème de la monétisation dans l'industrie microélectronique. Leur solution permet d'identifier chaque bloc utilisé dans un système électronique et de l'activer en fonction des droits effectivement vendus par le concepteur.  « C'est un peu le principe des licences de logiciels, appliqué cette fois au matériel, et qui découle sur un paiement à l'usage », explique Jérôme Rampon, le président d'Algodone.

La solution d'Algodone réside dans un petit élément de circuit que le concepteur de blocs ajoute dans son design. Cet élément empêche le fonctionnement du bloc tant qu'il n'est pas « réveillé » par un code d'activation. Une fois intégré dans un circuit, le bloc pourra donc être identifié et activé par l'envoi sécurisé du code. Le vendeur de blocs peut ainsi, via un logiciel de type SaaS (accessible sur un serveur et payé par abonnement) fourni par Algodone, gérer ses licences et contrôler les quantités de circuits qui utilisent ses blocs.

Lauréats en 2014 du concours i-LAB d'aide à la création d'entreprise, les trois fondateurs d'Algodone ont bénéficié d'un programme de maturation de la SATT AxLR. Une première levée de fonds de 660 000 euros, en novembre 2016, a permis de démarrer la commercialisation en Europe. La start-up dispose en effet d'une première offre, ciblée sur les circuits reprogrammables (FPGA). Sa solution est actuellement en cours de validation pour les circuits spécifiques (Asic). L'ensemble permettra de couvrir une large part du marché.

 

1 CNRS/Université de Montpellier.

 

Contacts :

Lionel Torres / Laboratoire d'informatique, de robotique et de microélectronique de Montpellier / lionel.torres@lirmm.fr

Jérôme Rampon / Directeur Algodone / jerome@algodone.com