CNRS Innovation

Partenariats, création d'entreprises, brevets, licences, événement... Retrouvez tous les mois les dernières actualités de la valorisation et de l'innovation au CNRS.

Instituts Carnot

ICÉEL : un Institut Carnot tourné vers le cycle de la matière et de l’énergie

L’Institut Carnot ICÉEL a vu sa labellisation Carnot reconduite pour la troisième fois en juin 2016. Gros plan sur cet Institut Carnot qui traite des enjeux sociétaux liés à l’énergie et à l’environnement, et du management de l’innovation.

« Depuis son origine, ICÉEL affiche une mixité entre laboratoires de recherche académique, centres techniques et structures de transfert. C’est ce qui en fait son originalité », souligne Jean-Michel Crompin, directeur opérationnel d’ICÉEL. Fort de ses vingt-deux1 composantes académiques et technologiques, l’Institut Carnot ICÉEL affiche des domaines d’excellence autour des sciences de la terre, du génie des procédés, de l’énergétique, et des matériaux avancés. « Cette mixité incite les croisements interdisciplinaires et favorise l’émergence de technologies de rupture », continue Jean-Michel Crompin.

Labellisé Carnot depuis 2006, ICÉEL se positionne sur quatre marchés prioritaires : les transports (aéronautique et spatial, automobile, ferroviaire), l’énergie (production, stockage, usages, efficacité énergétique), les ressources fossiles et durables et l’environnement (exploration et exploitation des ressources, gestion des déchets et recyclage des produits, traitement de l’eau et des sols), et les équipements, procédés et services de fabrication pour l’industrie (produits avancés, usine du futur, bio-raffinerie). « ICÉEL est notamment intégré dans deux actions Carnot pour les filières industrielles, qui rassemblent les Instituts Carnot fortement impliqués dans un même secteur d’activité, pour faciliter l’accès des entreprises à leurs compétences et moyens technologiques. Ce regroupement au sein d’Extra&Co, filière dédiée aux ressources minérales non énergétiques et énergétiques du sous-sol, et d’EnergICs, filière énergie, nous permet de mieux positionner notre offre, d’avoir une meilleure connexion avec les marchés et d’être proactifs vis-à-vis des entreprises et notamment des PME. »

Le projet d’ICÉEL repose sur une approche maîtrisée de l’ingénierie, pour répondre aux enjeux socio-économiques du 21e siècle : mettre en œuvre les énergies du futur et assurer la transition énergétique, en favorisant l’utilisation de sources d’énergie à faible impact environnemental et en maximisant l’efficacité énergétique des procédés industriels, des transports et des bâtiments ; gérer durablement les ressources naturelles (eaux, sols, air, biomasse) et l’environnement dans un contexte de changements globaux (climatiques, sociaux, historiques) et de contraintes économiques  fortes ; maîtriser l’ensemble de la chaîne de valeur des matériaux dans une optique d’économie circulaire et en tenant compte des spécificités de leurs secteurs d’applications. Le captage et le stockage du CO2, les produits métalliques, céramiques, polymères et composites, le vieillissement et la corrosion des matériaux, les batteries Li-ion, ou encore la production et le transport d’hydrogène, sont quelques exemples des thématiques développées au sein d’ICÉEL.

 

Une expertise en management de l’innovation orientée vers les entreprises

L’Institut tire parti de son continuum entre recherche, transfert et innovation, pour répondre de manière intégrée et concertée aux besoins des entreprises (groupes industriels, ETI et PME) et proposer des formats d’interventions adaptés : projets de R&D à la carte (bilatéraux ou collaboratifs), sourcing de compétences et de moyens, prestations de recherche (étude de faisabilité, transfert de technologie), diagnostic de la capacité à innover, ateliers de transfert et d’innovation, formation continue, ou prestations de service (caractérisation, expertise, veille). Pour exemple, en 2014, ICÉEL a répondu à une demande de MBDA, leader européen de la conception de missiles et de leurs systèmes, concernant le démantèlement des missiles. ICÉEL s’est appuyé sur toutes ses composantes pour construire une proposition. Une recherche collaborative s’est engagée entre TJF&U (Techniques Jet Fluide et Usinage) et trois des laboratoires académiques membres de l’Institut Carnot : le Laboratoire réactions et génie des procédés (LRGP), le Laboratoire de chimie physique et microbiologie pour l'environnement (LCPME) et le Laboratoire d'énergétique et de mécanique théorique et appliquée (LEMTA). Alors que le TJF&U a étudié la faisabilité d’une découpe du missile non génératrice d’étincelles, le LRGP s’est occupé de la fabrication d’un polymère modèle. Le LCPME a pris en charge le traitement des effluents et le LEMTA travaillé sur la caractérisation thermique des phénomènes ayant lieu lors de la découpe. « MBDA a ensuite monté une usine à Bourges grâce à un transfert de technologie assuré par le TJF&U dans le domaine du démantèlement de minutions complexes par jet d’eau. Une vingtaine d’emplois ont été créés », explique Jean-Michel Crompin. « Sans le regroupement sous le label Carnot, ce projet n’aurait pas pu se faire. »

Aujourd’hui, ICÉEL rassemble 970 personnels de recherche (ETP), dont près de 500 doctorants. L’Institut bénéficie d’un budget consolidé de recherche de 91 millions d’euros et ses recettes partenariales industrielles s’élèvent à 25,6 millions d’euros. Parmi ses partenaires, ICÉEL compte de grands noms industriels : Airbus, Air Liquide, Alstom, Arcelor Mittal, Areva, EDF, Engie, Fives, Groupe PSA, Renault, Safran, Saint-Gobain, Solvay, Suez Environnement, Technip, Total, Véolia Environnement. Il détient un portefeuille de près de 500 brevets et comptabilise trois laboratoires communs créés avec des industriels et deux start-up.

« Outre le fait qu’il nous a permis de gagner en visibilité, le label Carnot nous a également obligé à nous organiser et nous structurer pour mieux nous présenter auprès des entreprises », signale Jean-Michel Crompin. ICÉEL dispose ainsi depuis 2007 d’une unité mixte de services, dont la mission est d’assurer la gestion et l’animation des activités de l’Institut Carnot. Portée par les trois tutelles présentes au sein de l’Institut - le CNRS, l’Université de Lorraine et le Pôle régional de transfert de technologie (PRETT) de Lorraine - cette unité met actuellement en place cinq « cellules métier » : communication, gestion, qualité, développement d’affaires, contrats. « L’objectif est d’optimiser le fonctionnement de l’Institut Carnot, d’amplifier la professionnalisation engagée et déboucher sur une organisation encore plus percutante », conclut Jean-Michel Crompin.

 

1 Les Centres de ressources technologiques, les Centres techniques industriels et les Centres de transfert sont : l’Association scientifique pour la géologie et ses applications (ASGA), le Centre de recherches sur la géologie des matières premières minérales et énergétiques (CREGU), le Centre technique des industries de la fonderie (CTIF), le Centre de développement rapide de produit (CIRTES), le TJF&U (Techniques Jet Fluide et Usinage), le CRITT Bois (Ressources et transferts technologiques pour la filière Bois), le CM2T Ingénierie (métallurgie, matériaux, procédés, produits), le Centre de promotion en génie des procédés pour l’industrie (PROGEPI), l’Institut de soudure ; les laboratoires de recherche académique sont : le Centre de recherches pétrographiques et géochimiques (CNRS/Université de Lorraine), l’Institut Jean Lamour (CNRS/Université de Lorraine), le Laboratoire réactions et génie des procédés (CNRS/Université de Lorraine), le Laboratoire de chimie physique et microbiologie pour l'environnement (CNRS/Université de Lorraine), l’Equipe de recherche sur les processus innovatifs (Université de Lorraine), le laboratoire GéoRessources (CNRS/Université de Lorraine), le Laboratoire d'énergétique et mécanique théorique et appliquée (CNRS/Université de Lorraine), le Laboratoire d'études et de recherche sur le matériau bois (Université de Lorraine), le Laboratoire d'ingénierie des biomolécules (Université de Lorraine), le Groupe de recherche en électrotechnique et électronique de Nancy (Université de Lorraine), le Laboratoire de chimie physique macromoléculaire (CNRS/Université de Lorraine), le Laboratoire interdisciplinaire des environnements continentaux (CNRS/Université de Lorraine), le Laboratoire sols et environnement (INRA/Université de Lorraine).

 

Article rédigé par Véronique Meder.

 

Contact :

Jean-Michel Crompin / Directeur opérationnel ICÉEL / jean-michel.crompin@iceel.fr