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G’MIC, un algorithme pour coloriser automatiquement les bandes dessinées

Afin d’alléger le travail des auteurs de bandes dessinées, des chercheurs du Groupe de recherche en informatique, image, automatique et instrumentation de Caen1 ont développé un nouvel algorithme de colorisation automatique. Jusqu’à dix fois plus rapide que d’autres logiciels, il prend même en compte les spécificités du trait des dessinateurs.

Si l’œuvre finale fait le bonheur de millions de lecteurs, la création d’une bande dessinée passe par certaines étapes ingrates. La colorisation des planches réclame ainsi de d’abord peindre numériquement des aplats de couleurs sur chaque zone d’une scène, ce qui prend plusieurs heures pour une seule page. L’illustrateur David Revoy, qui élabore lui-même toutes les facettes de sa BD Pepper & Carrot, a ainsi demandé l’aide de Sébastien Fourey et David Tschumperlé, chercheurs au sein du Groupe de recherche en informatique, image, automatique et instrumentation de Caen1 et qui développent depuis 2008 le logiciel libre G'MIC2. Ils y ont donc ajouté un nouvel outil pour précoloriser les planches : Smart Colorize.

Certaines options numériques permettent déjà de remplir des zones mais se heurtent à des difficultés. En fonction du style de l’auteur, les différentes parties d’un dessin ne sont pas parfaitement bien distinctes. Si le cercle d’un ballon n’est pas complètement fermé, le logiciel risque de coloriser en dehors de la balle et de remplir tout l’arrière-plan.

G’MIC analyse finement le tracé et en déduit les limites de chaque zone, y compris pour des traits corrigés par anticrénelage. Ces derniers ne sont pas constitués d’un noir uniforme, mais comportent des nuances de gris qui aident à en lisser l’aspect. Comme ces bordures peuvent trop ressortir une fois la planche colorisée, G’MIC adapte la couleur de ces pixels intermédiaires afin d’harmoniser le rendu.

Si G’MIC permet de coloriser une planche en fonction de marqueurs colorés disposés par l’utilisateur, il peut aussi placer des couleurs aléatoires. Le coloriste saisit alors mieux les ensembles et la géométrie du dessin. L’option est paramétrable pour s’adapter au style. La bonne teinte peut ensuite être mise au bon endroit par un simple clic, plus facilement qu’en partant du dessin de base. L’algorithme est d’ailleurs dix fois plus rapide que certains concurrents : il a ainsi précolorisé un dessin de 2 600 pixels sur 1 200 en 4,8 secondes, là où un autre logiciel libre en a pris 57. L’étroite collaboration entre les chercheurs et l’auteur a permis de s’adapter aux besoins et contraintes réels des artistes, quand certains produits ne correspondent pas aux pratiques.

Une nouvelle version du logiciel G’MIC 2.0 est disponible depuis le 02 juin 2017.

1 CNRS/Université Caen Normandie/ENSICAEN.

2 Le logiciel libre G'MIC (GREYC’s Magic for Image Computing) a été déposé à l’Agence de protection des programmes (APP) le 26 septembre 2016, n°IDDN.FR.001.170024.000.S.P.2017.000.21000.

 

Contacts :

Sébastien Fourey / Groupe de recherche en informatique, image, automatique et instrumentation de Caen / sebastien.fourey@ensicaen.fr

David Tschumperlé / Groupe de recherche en informatique, image, automatique et instrumentation de Caen / david.tschumperle@ensicaen.fr