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Brevets et licences

Une avancée dans la thérapie cellulaire de la DMLA

Une équipe de l'Institut de la vision1 a mis au point une technique qui accroît l'efficacité du traitement des maladies dégénératives de la rétine par une greffe de cellules. Les résultats sont en cours de validation sur des cellules issues de patients atteints de DMLA.

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Pour les personnes atteintes de dégénérescence maculaire liée à l'âge (DMLA), première cause de handicap visuel après 50 ans, il n'existe pas aujourd'hui de traitement curatif satisfaisant. L'une des pistes explorées consiste à greffer dans la rétine des cellules d'épithélium pigmentaire rétinien (EPR) du patient. En effet, ces cellules EPR ont un rôle clé dans la protection des photorécepteurs, dégradés par la DMLA. Mais l'effet de la transplantation s'est révélé jusqu'à présent limité : le patient greffé ne bénéficiant que d'une amélioration partielle de sa vision, car les cellules EPR subissent une dédifférenciation après la greffe et perdent leur fonction de protection. Des chercheurs de l'Institut de la vision1 ont identifié le mécanisme de dédifférenciation et ont trouvé le moyen d'obtenir des cellules EPR qui résistent à ce processus.

Leur premier travail a porté sur le facteur de transcription2 OTX2, dont ils ont montré in vitro qu'il régulait l'expression des gènes assurant le maintien de la différenciation des cellules EPR. La stratégie adoptée consiste alors à provoquer une surexpression d'OTX2 dans des cellules EPR avant transplantation. L'expérimentation sur un modèle animal a été concluante : « L'effet de la surexpression d'OTX2 sur l'efficacité de la greffe a été doublement constaté : la survie des photorécepteurs est grandement améliorée, tandis que l'électrorétinogramme montre l'impact positif sur le fonctionnement de la rétine », indique Thierry Léveillard, directeur de recherche à l'Institut de la Vision. Ces travaux ont donné lieu à un dépôt de brevet3. Les cellules EPR qui surexpriment OTX2 et résistent ainsi à la dédifférenciation, sont obtenues à partir de cellules souches pluripotentes (iPS) modifiées par une technique utilisée en thérapie génique (un virus adéno-associé, vecteur de transfert de gènes).

Un programme de maturation de cette technologie, mené avec la Satt Lutech, a permis de poursuivre ces études sur des modèles animaux. Les travaux actuels menés dans l’équipe par Laurence Klipfel portent sur des cellules iPS issues de patients atteints de DMLA, afin de vérifier la pertinence de cette stratégie thérapeutique sur des cellules humaines.

 

1 Institut de la vision (CNRS/Inserm/UPMC).

2 Un facteur de transcription est une protéine qui régule l'expression d'un gène dans une cellule.

3 Brevet EP14307069, en copropriété CNRS/Inserm/UPMC, déposé le 18/12/2014 et étendu (WO2016097183A1) le 25/10/2017.

Contact :

Thierry Léveillard / Institut de la vision / thierry.leveillard@inserm.fr