CNRS La lettre innovation

Partenariats, création d'entreprises, brevets, licences, événement... Retrouvez tous les mois les dernières actualités de la valorisation et de l'innovation au CNRS.

Start-up

Exotrail met ses micro-propulseurs électriques en orbite

A partir de la technologie développée au Groupe d'étude de la matière condensée1, la start-up Exotrail va commercialiser dès 2020 des propulseurs électriques miniaturisés permettant aux petits satellites de se repositionner afin d'améliorer leurs performances et leur durée de vie.

illustration

Depuis quelques années, les projets de constellations de petits satellites se multiplient pour l'observation de la Terre mais aussi pour les télécommunications (connexions internet, défense, agriculture, internet des objets...). Cependant, ces satellites de moins de 100 kilos ont un inconvénient : ils sont dépourvus d'un système propulsif qui leur permettrait de changer d'altitude ou de corriger leur trajectoire après lancement, et d'optimiser ainsi leurs performances et leur durée de vie. Exotrail, une start-up créée en 2015, à partir d'une technologie née au Groupe d'étude de la matière condensée1, développe des petits propulseurs électriques miniaturisés et peu consommateurs d'énergie, conçus pour équiper ces petits satellites. La technologie, qui a bénéficié d'un programme de prématuration du CNRS, a débouché sur la preuve de concept d'un propulseur miniature à effet Hall2.

Un projet de maturation3, soutenu par la Satt Paris-Saclay, a abouti en juin 2018 à un prototype intégré du propulseur, comprenant les systèmes annexes (électroniques, fluidiques et thermiques), et une licence a été signée entre la Satt Paris-Saclay et Exotrail. La start-up développe maintenant deux propulseurs : une version « nano » pour les satellites de 10 à 20 kilogrammes, et une version « micro » destinée aux satellites pesant jusqu'à une centaine de kilogrammes. Pour miniaturiser un propulseur à effet Hall, les partenaires ont joué sur plusieurs leviers. « Le choix des matériaux magnétiques a simplifié l'architecture du propulseur, tout comme l'impression 3D, en rendant possible la fabrication de pièces de géométries nouvelles. Enfin, le recours à des technologies venues d'autres domaines a aussi permis de réduire le coût du système », explique Jean-Luc Maria, co-fondateur et directeur technique d'Exotrail.

En septembre 2018, l'entreprise a réalisé une levée de fonds de 3,5 millions d'euros. Ces nouveaux moyens financiers vont lui permettre d'atteindre trois objectifs. Dès la fin 2019, un démonstrateur de son micro-propulseur électrique sera testé dans l'espace. En parallèle, la start-up va poursuivre l'optimisation des performances et la qualification de ses produits : les premières livraisons à des intégrateurs ou opérateurs de petits satellites sont prévues au premier semestre 2020. Enfin, Exotrail a lancé le développement d'outils logiciels pour la conception optimisée de trajectoires de satellites après lancement, bientôt proposés aux opérateurs. Pour réaliser ce programme, les effectifs vont tripler : Exotrail emploiera 18 personnes à la fin de 2018. Au-delà de 2025, l'entreprise envisage de développer une activité d'opérateur de services en orbite de satellites.

 

1 Groupe d'étude de la matière condensée (CNRS/Université de Versailles Saint-Quentin-en-Yvelines)

2 Un propulseur à effet Hall utilise un champ électrique pour accélérer des ions d'un gaz ionisé. Ces ions accélérés produisent une poussée.

3 Ce projet réuni quatre partenaires de Paris-Saclay : 

  • L'Observatoire de Versailles Saint-Quentin-en-Yvelines (OVSQ) qui gère le projet avec son expérience des projets instrumentaux spatiaux et ses moyens d’intégration et de tests regroupés au sein d’une plateforme de services à la communauté (la PIT) ;
  • Le laboratoire Gemac (CNRS/UVSQ) d’où sont issue la technologie et la propriété intellectuelle du projet, suite aux travaux de Marcel Guyot ;
  • Le Synchrotron Soleil (CNRS/CEA) pour ses capacités de modélisation magnétique et ses moyens de caractérisation ;
  • L’école Polytechnique au travers de son centre spatial étudiant qui a soutenu techniquement le démarrage du développement par des projets en cours d’études et des conseils techniques dans le domaine des petits satellites.

Contacts :

Jean-Luc Maria / Exotrail / jean-luc.maria@exotrail.com

David Henri / Exotrail / david.henri@exotrail.com