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Start-up

Le CNRS investit dans trois start-up

Fin 2019, CNRS Innovation, la filiale nationale de valorisation du CNRS, a pris des participations dans les start-up Ciloa, G+Lyte et Plantalys, issues de recherches menées dans des laboratoires du CNRS.

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Le CNRS accompagne et soutient les initiatives entrepreneuriales de ses chercheurs par le biais de prises de participations de CNRS Innovation, sa filiale nationale de valorisation, au capital de start-up issues de ses laboratoires. Depuis 1998, des participations ont ainsi été effectuées dans plus de trente-cinq sociétés pour un total proche de 5 millions d’euros.

La prise de participation, reposant sur une compensation de créances, permet à la start-up d’allouer sa trésorerie à ses phases de recherche et de développement. Le nouvel actionnaire lui apporte également un soutien technique et stratégique important. L’objectif pour le CNRS est de soutenir des équipes talentueuses qui présentent des projets de rupture technologique à fort potentiel commercial, et pouvant avoir un réel impact socio-économique. Ces prises de participation sont aussi une opportunité pour le CNRS de diversifier ses sources de revenus d’exploitation sur les licences.

Trois nouvelles start-up ont bénéficié fin 2019 de cet accompagnement, avec l’entrée au capital de CNRS Innovation dans les sociétés Ciloa, G+Lyte et Plantalys.

 

Ciloa

De nouveaux agents thérapeutiques pour le traitement de cancers et de maladies infectieuses

Des vésicules naturellement produites par l'organisme peuvent se transformer en agents thérapeutiques. Ciloa mise ainsi sur les exosomes, ces vésicules secrétées par les cellules, et qui jouent le rôle de messagers intercellulaires. Les exosomes peuvent être modifiés pour cibler certaines cellules et réaliser des fonctions spécifiques. Transformés en agents thérapeutiques, ils peuvent ainsi donner naissance à une nouvelle génération de traitements ciblés.

Les agents développés par Ciloa sont basés sur des résultats du laboratoire Dynamique des interactions membranaires normales et pathologiques1. Ils reposent sur l’expression de protéines dans la membrane des exosomes. Ces protéines, « ajoutées » sur la membrane de ces vésicules, lui permettent par exemple de cibler spécifiquement certaines cellules (comme des cellules tumorales), tandis que des substances actives incorporées aux exosomes auront une fonction thérapeutique, comme détruire des agents infectieux ou déclencher un mécanisme de défense immunitaire. La start-up, fondée en 2011, mène de front le développement de plusieurs applications, comme le ciblage de cellules tumorales, mais aussi la réalisation de vaccins contre les virus du Zika et du Chikungunya. Le modèle économique de l'entreprise consiste à développer ses produits jusqu'à la fin des essais précliniques, pour ensuite vendre des licences à des grands laboratoires qui ont les moyens de financer le développement jusqu'à la mise sur le marché.

 

G+Lyte

Une solution pour développer les applications des cellules solaires à colorant

Les cellules solaires à colorant ont l'avantage d'avoir un bon rendement de conversion avec une lumière de faible puissance. Leurs principales applications se situent dans le bâtiment, le mobilier urbain, ou encore pour la recharge de l'électronique nomade. Mais elles ont pour inconvénient d'être encore peu stables : durant un test de vieillissement accéléré de 1 000 heures à 60° C sous 1000 W/m2 d’illumination, une cellule à colorant peut perdre de 30 à 40 % de son rendement. G+Lyte repousse cette limite. Grâce à la nouvelle classe d'électrolytes ultrastables développée par la start-up, des cellules à colorant n'affichent plus aucune baisse de rendement à l'issu du même test de vieillissement tout en améliorant les rendements de conversion. G+Lyte a été fondée en décembre 2019, sur la base de travaux de recherche menés au Laboratoire de réactivité et chimie des solides2 et au Laboratoire de glycochimie, des antimicrobiens et des agroressources3. Ce projet a notamment bénéficié d’une maturation technologique réalisée par la SATT Nord et d’un accompagnement à la création de startup dans le cadre du programme RISE proposé par CNRS Innovation.

Après une période d'industrialisation, pour laquelle des recrutements d'ingénieurs et docteurs sont en cours, les nouveaux électrolytes seront proposés aux fabricants de modules photovoltaïques basés sur des cellules à colorants, et aux laboratoires de recherche qui travaillent dans ce domaine. La start-up développe en parallèle ses propres modules solaires semi-transparents de différentes colorations. Elle vise en premier lieu le marché du mobilier urbain, puis celui, très prometteur, du photovoltaïque intégré aux façades des bâtiments.

 

Plantalys

Une technologie d'apport d'oligoéléments aux végétaux respectueuse de l'environnement.

Les micronutriments minéraux sont nécessaires à la croissance des plantes. Or, pour corriger les carences en oligoéléments, entre autre responsables de chutes de rendement, les formulations chimiques couramment utilisées atteignent leurs limites, notamment en termes environnementaux. Plantalys propose une solution innovante : l'oligoélément (fer, cuivre, manganèse...) est intégré dans une structure minérale poreuse – une zéolithe - capable de laisser circuler en son sein l’eau et les sels minéraux, et qui le libère progressivement et de manière prolongée. Les paramètres de ces zéolithes-oligoéléments peuvent être ajustés pour répondre aux besoins des différents utilisateurs potentiels (viticulteurs, horticulteurs, maraîchers, …), en fonction des différents types de plantes et de carences, des différentes caractéristiques des sols etc.

La technologie brevetée de Plantalys est issue de recherches conduites l’Institut de chimie des milieux et matériaux de Poitiers4. La start-up, fondée en juin 2019, vise d'abord la viticulture, à laquelle elle proposera son premier produit, des zéolithes-fer, à partir du premier semestre 2020 (le produit est en phase d'enregistrement Reach). D’autres oligoéléments (cuivre, manganèse, …) seront ensuite mis sur le marché. La start-up développe également une formulation applicable en pulvérisation sur les feuilles. Une levée de fonds est à l'étude, afin de financer notamment l'acquisition d'un outil de production.

 

1 Le laboratoire Dynamique des interactions membranaires normales et pathologiques est devenu le Laboratory of pathogenes hosts interactions (CNRS/Université de Montpellier)

2 Laboratoire de réactivité et chimie des solides (CNRS/Université de Picardie Jules Verne)

3 Laboratoire de glycochimie, des antimicrobiens et des agroressources (CNRS/Université de Picardie Jules Verne)

4 Institut de chimie des milieux et matériaux de Poitiers (CNRS/université de Poitiers)

Contacts :

Pour Ciloa : Robert Mamoun / Président de Ciloa / rmamoun@ciloa.fr

Pour G+Lyte : Franck Barath / Président de G+Lyte / franck.barath@gmail.com et Frédéric Sauvage / Directeur de Recherche CNRS, conseiller scientifique de G+Lyte / frederic.sauvage@u-picardie.fr

Pour Plantalys : Jean-François Chollet / Institut de chimie des milieux et matériaux de Poitiers / jean.franc.chollet@univ-poitiers.fr