Le CNRS et la région Nouvelle-Aquitaine signent un protocole de coopération

CNRS

Le CNRS a signé ce 20 mars son premier protocole de coopération avec une région, la Nouvelle-Aquitaine. Un signal fort du rapprochement du CNRS vers les collectivités. Retour sur cet accord avec Gérard Blanchard, conseiller régional et vice-président de Nouvelle-Aquitaine en charge de l’Enseignement supérieur et de la Recherche et Stéphanie Thiébault, directrice de l’Institut écologie et environnement du CNRS.

Que représente la signature d’un protocole de coopération entre le CNRS et la région Nouvelle-Aquitaine ?

Gérard Blanchard : C’est la première fois qu’un protocole de coopération est signé entre le CNRS et une région : cela souligne la relation forte qu’a développée la Nouvelle-Aquitaine avec le CNRS. Cette signature est la reconnaissance de notre engagement en faveur de la recherche et de l’innovation aussi bien sur le plan financier que politique. Nous sommes convaincus que renforcer le socle de la recherche fondamentale au meilleur niveau national et international permet d’alimenter les processus d’innovation. Nous avons ainsi développé un schéma régional Enseignement supérieur, recherche et innovation pour lequel nous avons comme ambition la construction d’un espace régional de la recherche. Le protocole de coopération s’inscrit totalement dans cette logique : nous sommes reconnus par le premier organisme de recherche français et européen comme un acteur de la recherche. C’est une marque de confiance et nous sommes heureux que le protocole nous apporte la crédibilité scientifique nécessaire qui vient renforcer notre politique de recherche.

Quels sont les objectifs de ce protocole de coopération ?

G.B. : Le protocole de coopération, d’une durée initiale de quatre ans renouvelable et évalué à mi-parcours, se veut souple, proposant à la fois une agilité politique et opérationnelle. Nous avons, avec le CNRS, définit onze thématiques prioritaires1 pour ce protocole, ces dernières composant le regroupement des priorités stratégiques communes entre le CNRS et la région. La liste des thématiques scientifiques n’est cependant pas le reflet exhaustif de toutes les collaborations existantes entre nous, ces dernières perdureront bien évidement même en dehors du protocole. Toutes les thématiques ne peuvent pas être engagées en même temps, aussi proposons-nous de commencer cette année par quelques-unes d’entre elles : Neurosciences et bio-imagerie ; Littoral, biodiversité, évolution des écosystèmes, biogéochimie et écotoxicologie aquatiqueEtudes Africaines ; Stockage de l’énergie – cette dernière n’apparaît pas encore dans le protocole, mais représente une volonté forte de notre région. En effet, Il faut noter qu’il est possible d’ajouter des thématiques au protocole s’il devait y avoir une émergence de recherche commune.

Dès que la région et le CNRS se mettent d’accord sur une action de coopération inscrite dans une thématique prioritaire, chacun mobilise des moyens et les propose à l’ensemble de nos partenaires en région. De notre côté, ces moyens sont tout aussi bien financiers que politiques à travers les instruments de la région (les réseaux régionaux de recherches, les appels à projet, les chaires). En retour, le CNRS marque son intérêt et apporte sa capacité à organiser une communauté scientifique pertinente à l’échelle régionale grâce à sa vision nationale et à l’ensemble de ses laboratoires et chercheurs. Notre volonté conjointe prendra évidemment en compte les stratégies de nos partenaires que sont les universités et les écoles. Nous souhaitons faire émerger très vite des sujets et des communautés organisées pour avoir une visibilité internationale.

La problématique de la biodiversité fait partie des onze thématiques affichées et est le premier sujet lancé par le protocole. Il s’appuie notamment sur l’initiative Ecobiose de la région et sur la mise en place de notre nouveau dispositif régional de réseau de recherche qui apporte les moyens de coordination et d’animation de la communauté scientifique mobilisée.

 

  • 1. Efficacité énergétique, stockage et usages ; Performance des matériaux et procédés avancés ; Lasers, photonique et opto-électronique ; Neurosciences et bio-imagerie ; Immunologie, défenses contre les microbes pathogènes ; Littoral, biodiversité, évolution des écosystèmes, biogéochimie et écotoxicologie aquatique ; Sciences Archéologiques ; Etudes Africaines ; Réseaux, traitement innovant de la donnée ; Chimie pour la santé et les agro-ressources ; Mathématiques et modélisation.

« Le réseau de recherche régional sur la biodiversité » par Stéphanie Thiébault

« Le CNRS et la région Nouvelle-Aquitaine ont joint trois dynamiques pour construire le Réseau de recherche régional sur la biodiversité : l’initiative Ecobiose, confiée à Vincent Bretagnolle (DR CNRS) en charge de coordonner l’ensemble des connaissances de la région sur la biodiversité afin de rédiger un état des lieux de la biodiversité ; la Fédération de recherche en environnement pour le développement durable du CNRS en Nouvelle Aquitaine (FREDD pilotée par Pascale Garcia, Professeure à l’Université de La Rochelle) et le dispositif de partenariat en écologie et environnement (DIPEE) qui rassemble déjà une partie des unités de recherche concernées. A la confluence de ces trois initiatives, nous avons souhaité construire un réseau de recherche formalisé par l’évolution de la fédération de recherche CNRS ayant pour objet de s’ouvrir à tous établissements et organismes situés dans la région. Ce réseau représente un vrai partenariat de recherche avec une région sur une thématique très importante : celle de la biodiversité. Aujourd’hui, nous assistons au déclin massif des populations animales et végétales et à l’extinction d’espèces à un rythme de 100 à 1000 fois supérieur à la normale. La biodiversité est un enjeu politique et scientifique pour la France et le CNRS. Le réseau de recherche régional sur la biodiversité que nous allons développer en Nouvelle-Aquitaine nous offrira un laboratoire à ciel ouvert à l’échelon d’une région disposant d’une mosaïque d’écosystèmes différents allant de la plaine, à la montagne en passant par toute la fraction littoral atlantique. Au travers de ce réseau, nous pourrons solidifier les liens entre la connaissance scientifique sur la biodiversité et les leviers de décisions de politiques publiques régionales avec une vraie co-construction avec la société. Ce réseau va ainsi apporter un cadre de réflexion sur le rôle de la science vers une évolution des usages et des modes de vie actuels conséquences du changement global auxquel nous sommes confrontés : depuis l’usage des ressources, aux inégalités économiques, en passant par la justice environnementale, l’érosion de la biodiversité ou encore la relation environnement-santé. »