Le programme de prématuration du CNRS : les lauréats de la troisième vague 2019

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Six nouveaux projets ont été sélectionnés au terme de la troisième vague 2019 du programme de prématuration. Ils bénéficieront à ce titre d’un soutien financier et d’un accompagnement spécifiques. Les candidats aux futures vagues de l’appel à projets prématuration peuvent se rapprocher du correspondant valorisation de leur Institut, ou de leur SPV.  

Les lauréats de la troisième vague 2019 du programme de prématuration du CNRS trouvent leurs applications dans des domaines variés tels la santé, la pharmacologie, l’agrochimie, l’agroalimentaire, la parfumerie, la sécurité, l’instrumentation spatiale, les lasers ou les sciences humaines et sociales :
 

  • LEDsGO : Lasers pompés par LED's. Porté par François Balmebois, chercheur au Laboratoire Charles Fabry1, ce projet a pour objectif de pousser la technologie des lasers pompés par LED dans la perspective de réaliser des produits lasers à la fois robustes et de faible coût apportant une rupture majeure dans le monde des lasers scientifiques, industriels ou médicaux. La rupture scientifique  vient de l'utilisation d’un concentrateur de lumière en remplacement des sources de pompage classiques. Ce concept innovant propose une configuration de pompage indirect utilisant un concentrateur pompé par LED, basée sur un cristal fluorescent dans le visible avec une absorption dans le bleu, à une longueur d'onde où les LEDs sont très performantes.
     
  • SILOGUES : Simuler la logistique urbaine dans son environnement économique et spatial. Le projet SILOGUES, porté par Mathieu Gardrat et Florence Toilier, ingénieurs de recherche au Laboratoire Aménagement économie transports2, a pour objectif de développer une plate-forme de simulation permettant de réaliser un diagnostic des flux de marchandises à l’échelle d’une agglomération ou à des échelles plus fines et de simuler l’impact de scénarios socio-économiques, organisationnels et technologiques à un horizon donné. La prématuration permettra de réaliser le portage de cette plateforme sur un outil web, largement diffusable dans la perspective de créer une structure pour son exploitation par tous les acteurs du fret urbain (collectivités, bureaux d’études, transporteurs, etc.). Des acteurs du monde économique (Michelin, Bouygues, la Métropole de Lyon, Renault et Renault Trucks) ont déjà exprimé leur souhait de bénéficier du modèle et de construire éventuellement des partenariats.
     
  • µP-I : Micro-Propuls-Ion. Le projet µPP-I, porté par Jacques Gierak, ingénieur de recherche au Centre de nanosciences et de nanotechnologies3, propose une nouvelle technologie de micro-propulseur électrospray basé sur l’émission électrohydrodynamique (EHD) intense d'ions rapides. Ce concept présente plusieurs ruptures technologiques en matière de matériaux, de carburants et gestion de l’alimentation électrique. Son niveau de performance en termes de rapport poids/puissance et d’endurance le positionne de manière adaptée aux nouveaux satellites de tailles réduites. Les applications visées sont la propulsion spatiale des satellites (1-300 kg) ou encore l’exploration de l’espace lointain, un acteur majeur du spatial s’est montré intéressé pour tester le dispositif.
     
  • Textiles auto-décontaminants pour l’épuration des pesticides et agents neurotoxiques organophosphorés. Porté par François Estour, chercheur au laboratoireChimie organique, bioorganique, bioorganique : réactivié et analyse4, ce projet propose de mettre au point un procédé d’immobilisation sur support textile de dérivés de cyclodextrines fonctionnalisés par un groupement réactif (mime d’enzyme). Le procédé proposé est capable de piéger et de dégrader les agents neurotoxiques organophosphorés en conditions physiologiques. Le but est notamment de tester d’autres agents de couplage utilisables à l’échelle industrielle pour lier la cyclodextrine au support. Les premières applications seront orientées vers le développement du dispositif afin de mettre en œuvre des supports textiles de décontamination à haute valeur ajoutée pour des domaines comme la sécurité, la défense et l’agrochimie. Des entreprises partenaires et des utilisateurs potentiels ont été identifiés.
     
  • Validation préclinique d’inhibiteurs de LIMK dans le cancer. Ce projet porté par Hélène Benedetti, chercheuse au Centre de biophysique moléculaire5 et Sylvain Routier chercheur à l’Institut de chimie organique et analytique6, s’inscrit dans la lutte contre le cancer. Il a pour objectif de déterminer l’efficacité dans leur mode d’action d’inhibiteurs, des protéines kinases LIMKs, nouvelles cibles thérapeutiques particulièrement intéressantes pour traiter les cancers pour lesquels les thérapies existantes sont inefficaces. La prématuration permettra de caractériser l’effet cellulaire de ces composés et de déterminer leurs propriétés pharmacocinétiques dans la perspective de réaliser des essais in vivo sur trois modèles cancers dans lesquels les LIMKs jouent un rôle majeur.
     
  • ChiralTrack : Suivi en temps réel de la composition de mélanges chiraux. Le projet ChiralTrack, porté par Yann Mairesse, chercheur au Centre lasers intenses et applications7, propose une méthode innovante pour la mesure rapide et précise de la composition d’échantillons chiraux. Cette technique basée sur l’effet de dichroïsme elliptique de photoélectrons, permet de remonter à la chiralité de la molécule à partir de la mesure de la direction d'éjection des électrons. La prématuration permettra de démontrer son application sur des échantillons complexes et pertinents pour des domaines de la pharmacologie, la parfumerie, l’agro-chimie et l’agro-alimentaire.  

Une nouvelle vague de projets est attendue pour début octobre. Elle sera examinée le 16 octobre par le comité de pilotage, constitué de personnalités qualifiés et de représentants du CNRS. 

  • 1. Laboratoire Charles Fabry (CNRS/Institut d’optique graduate school)
  • 2. Laboratoire, aménagement, économie et transport (CNRS/École nationale des travaux publics d’état/Université lumière Lyon 2)
  • 3. Centre de nanosciences et de nanotechnologies (CNRS/Université Paris-Sud)
  • 4. Laboratoire Chimie organique, bioorganique : réactivité et analyse (CNRS/INSA Rouen/Université Rouen Normandie)
  • 5. Centre de biophysique moléculaire (CNRS)
  • 6. Institut de chimie organique et analytique (CNRS/Université d’Orléans)
  • 7. Centre lasers intenses et applications (CNRS/Université de Bordeaux/CEA)

Contact

Saïd Essabaa / Responsable du programme de prématuration CNRS à la Direction des relations avec les entreprises du CNRS / said.essabaa@cnrs-dir.fr