Jean-Pierre Meyers, Vice-président de la Fondation Bettencourt Schueller, Françoise Bettencourt Meyers, fondatrice et présidente, Gaëlle Legube, Yves Gaudin, Pamela Schnupf, Luc Dupuis, lauréats du Prix Coups d'élan et Olivier Brault, directeur général © Jean Picon pour la Fondation Bettencourt Schueller

Vingt ans de coups d’élan pour la recherche française

Recherche

Les prix Coups d’élan pour la recherche française de la fondation Bettencourt Schueller soutiennent depuis vingt ans les chercheurs du CNRS en sciences de la vie. Un véritable appui pour des équipes scientifiques en devenir.

Le 20 novembre, les deux chercheurs CNRS Gaëlle Legube et Yves Gaudin ont reçu, aux côtés de deux scientifiques de l’Inserm, les prix Coups d’élan pour la recherche française 2019 de la fondation Bettencourt Schueller. À hauteur de 250 000 euros, ce prix représente une véritable impulsion financière pour des équipes de recherche, mais également une large reconnaissance scientifique.

Créée en 1987, la fondation Bettencourt Schueller « croit en l’Homme et pense que ce sont les hommes et les femmes qui font la différence », explique Olivier Brault, directeur général de la fondation. Nous sélectionnons des personnalités porteuses d’avenir. Notre objectif est de leurs permettre d’aller encore plus loin. » Engagée pour le bien commun, la fondation soutient trois domaines d’action : les arts, la solidarité et la recherche, plus particulièrement les sciences du vivant.

Booster la recherche fondamentale

Au sein de la recherche en sciences du vivant, la fondation apporte plus particulièrement son soutien à la recherche fondamentale. « Les dotations de la fondation Bettencourt Schueller sont très importantes pour la recherche fondamentale française, elles démontrent une vraie compréhension de l’importance de la connaissance. Aujourd’hui, il existe une tendance à privilégier le court terme et les applications alors que le long terme est très essentiel… », affirme Pierre Netter, professeur émérite et chargé de mission au sein de l’Institut des sciences biologiques du CNRS.

La fondation soutient des personnalités talentueuses par le biais de nombreux prix dont quatre dédiés à la science. Parmi ces derniers figurent les prix Coups d’élan pour la recherche française, imaginés en partenariat avec le CNRS et l’Inserm, et par lesquels la fondation récompense deux chercheurs CNRS et deux chercheurs Inserm chaque année. Ces prix s’adressent à des chercheurs en milieu de carrière afin d’aider à améliorer les conditions de travail des équipes de recherche. « L’intuition du prix se retrouve dans son titre : Coups d’élan. L’objectif est de donner des ailes aux talents », rapporte Olivier Brault. Depuis vingt ans, la fondation Bettencourt Schueller a distribué soixante-dix prix Coups d’élan qui ont permis d’équiper soixante-dix laboratoires français.

Des chercheurs et des projets d’excellence

Les prix Coups d’élan permettent d'accompagner des parcours scientifiques, de faciliter l'acquisition de matériels d'expérimentation ou encore de rénover des laboratoires de recherche : « des financements très difficiles à obtenir », indique Angela Falciatore, lauréate du prix Coups d’élan 2018 et soutenue par la fondation pour l’aménagement du laboratoire Biologie du chloroplaste et perception de la lumière chez les micro-algues1, à l’Institut de biologie physico-chimique. « Ce prix est un soutien important pour la structuration de notre projet qui vise à renforcer, au cœur de Paris, la recherche sur les micro-algues et leurs capacités d’adaptation. Un savoir fondamental pour appréhender les conséquences des changements environnementaux sur les écosystèmes aquatiques », explique la chercheuse.

Depuis sa création, la liste des lauréats des prix Coups d’élan fait honneur à la recherche française. « Devenus, pour la plupart, directeur d'instituts, d'unités, ou animateurs d'équipes reconnues, leurs thématiques illustrent bien la diversité des candidats retenus par le jury. De la biologie structurale aux neurosciences cognitives, des mégavirus à l'homme en passant par le nématode, la drosophile ou la souris, la liste est longue des domaines de recherche ainsi soutenus par la fondation », rapporte Pierre Netter.

Autant de chercheurs d’excellence qui ont eu l’occasion de se retrouver le 20 novembre pour célébrer les vingt ans du prix Coups d’élan, au cours de la cérémonie annuelle de remise des prix de la fondation, en présence d’Antoine Petit, président-directeur général du CNRS.

Les lauréats CNRS 2019

Gaëlle Legube a obtenu son doctorat en biologie moléculaire en 2003 au Laboratoire de biologie moléculaire des eucaryotes2 à Toulouse. Aujourd’hui, la voici directrice de recherche CNRS au Laboratoire de biologie cellulaire et moléculaire du contrôle de la prolifération3. Cette spécialiste de la biologie moléculaire s’intéresse, avec son équipe qu’elle dirige depuis 2011, aux mécanismes de la réparation des cassures double-brin de l’ADN, cassures qui peuvent conduire à des réarrangements dramatiques du génome et à l’apparition de cancers. C’est pour ses recherches, étudiant à un niveau très fondamental le fonctionnement la cellule humaine, que la chercheuse reçoit le prix Coups d’élan pour la recherche française 2019. Une dotation qui permettra de financer un nouvel équipement, notamment en analyse génomique sur cellule unique qui manquait cruellement à l’équipe. « C’est une belle reconnaissance dans notre domaine car le prix est très compétitif ! Il permettra d’asseoir notre équipe et de mettre un beau coup de projecteur sur nos recherches », se réjouit la lauréate.

 

Gaëlle Legube, lauréate du Prix coups d'élan © Art in Research/A. DARMON pour la Fondation Bettencourt Schueller
Gaëlle Legube, lauréate du prix Coups d'élan pour la recherche 2019 © Art in Research/A. DARMON pour la Fondation Bettencourt Schueller

Titulaire d’un doctorat en biochimie obtenu en 1992 au Laboratoire de génétique des virus4, Yves Gaudin est directeur de recherche CNRS à l’Institut de biologie intégrative de la cellule5et responsable du département de virologie au sein de l’institut. Spécialisé en virologie, avec une formation initiale en biophysique et biochimie, le chercheur est reconnu par le prix Coups d’élan pour la recherche française pour ses travaux sur les virus et plus précisément sur « l’usine virale » formée au sein de la cellule infectée. Des recherches aux enjeux fondamentaux qui étudient des structures tout récemment découvertes dans la cellule. « C’est un sujet très nouveau qui va révolutionner la biologie des dix prochaines années », s’enthousiasme le lauréat. Un prix de la fondation Bettencourt Schueller qui permettra à l’équipe de s’équiper en microscopie pour faire de l’imagerie sur des cellules vivantes, et qui apportera également une belle visibilité tant au niveau national, qu’international.

 

Photo gaudin
Yves Gaudin, lauréat du prix Coups d'élan pour la recherche 2019 © Art in Research/A. DARMON pour la Fondation Bettencourt Schueller

 

 

  • 1. CNRS/Sorbonne Université
  • 2. CNRS/Sorbonne université
  • 3. CNRS/université Toulouse Paul Sabatier
  • 4. Aujourd’hui intégré à l’Institut de biologie intégrative de la cellule
  • 5. CNRS/Université Paris-Sud/CEA