Océans : la fragmentation des particules joue un rôle majeur dans la séquestration du carbone

Environnement

Une équipe franco-britannique pilotée par le Laboratoire d’océanographie de Villefranche-sur-Mer (CNRS/Sorbonne Université) vient de découvrir qu’un processus méconnu régule la capacité des océans à séquestrer le dioxyde de carbone (CO2). Il faut savoir qu’à la surface des océans, la photosynthèse réalisée par le phytoplancton transforme le CO2 atmosphérique en particules organiques dont une partie chute ensuite en profondeur. Ce mécanisme essentiel permet de séquestrer une partie du carbone océanique. Or entre 100 et 1 000 mètres de profondeur, environ 70 % de ce flux de particules est perdu. Des études précédentes avaient montré que des petits animaux en consomment la moitié mais aucune mesure n’avait permis d’expliquer ce qu’il advenait de l’autre moitié. En utilisant une flotte de robots déployés dans différents océans, des scientifiques ont révélé qu’environ 35 % de ce flux est fragmenté en particules plus fines. Ces résultats sont publiés le 14 février 2020 dans Science.

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Un robot flotteur-profileur de type BGC-Argo équipé de capteurs biologiques et chimiques, qui peut réaliser des mesures entre la surface de l’océan et 2 000 mètres de profondeur. 
© D. Luquet, IMEV

 

Bibliographie

Major role of particle fragmentation in regulating biological sequestration of CO2 by the oceans. Nathan Briggs, Giorgio Dall’Olmo, Hervé Claustre, Science, 14 février 2020
doi: 10.1126/science.aay1790

 

Contact

Hervé Claustre
chercheur CNRS
Priscilla Dacher
Responsable adjointe du bureau de presse du CNRS