Entrepreneuriat : le CNRS exporte ses bonnes pratiques vers l’Europe
Lancé en janvier 2023, le programme d’accompagnement à l’entrepreneuriat du Conseil européen pour l’innovation, Tech2Market, souhaite développer les bonnes pratiques à l’échelle européenne. Le CNRS au sein d’un consortium de neuf partenaires a été choisi pour partager ses connaissances.
C’est avec huit autres partenaires
Divisé en deux actions, Tech2Market comprend un programme ‘Entrepreneurship’ qui vise à « sortir les innovations du laboratoire grâce à des formations à l’entrepreneuriat ou la construction de business model » et le programme ‘Venture Building’ qui « met les équipes accompagnées en contact avec des entrepreneurs intéressés à développer un projet », explique Viorel Peca, chef d’unité à l’EIC. Le CNRS, par le biais du consortium Tech2Market, est uniquement impliqué dans la branche Entrepreneurship. « Elle propose différents modules allant de deux demi-journées d’entrainement au pitch, au programme de quatre mois explorant des thématiques telles que la propriété industrielle, le management d’une équipe ou encore les aspects juridiques », détaille Thomas Ribeiro. Les programmes d’accompagnement ont été imaginés par le consortium en fonction de la maturité des projets. « Une partie se dédie à l’exploration et une autre sert à aller plus en profondeur. » Ils visent à mieux équiper les lauréats Pathfinder et Transition se confronter aux lois du marché. « Il faut développer les technologies, mais également les business model. C’est pour cela que nous avons créé le programme Tech2Market », explique Viorel Peca.
Du programme national RISE à l’Europe
Chacun des partenaires apporte sa plus-value. « Nous sommes le seul partenaire vraiment rattaché à la recherche académique. Ce que l’on apporte c’est aussi notre expertise à travailler avec des chercheuses et des chercheurs », explique Thomas Ribeiro. Une idée partagée par l’EIC. « Le CNRS a cette qualité d’être un représentant de la recherche. Et nous avons les mêmes ambitions : faire sortir les résultats de recherche des laboratoires », souligne Viorel Peca.
En effet, avec son programme d’accompagnement de projets de start-up valorisant des résultats de recherche, RISE, le CNRS a développé tout une gamme de compétences qu’il apporte au niveau européen allant de la stratégie en propriété industrielle, au positionnement de la technologie, à une méthodologie liée à la découverte du marché. « Notre expertise est de savoir travailler le lien entre la start-up et le laboratoire, par exemple en sachant créer une feuille de route technologique en fonction des ressources du laboratoire », rapporte Thomas Ribeiro.
Un consortium aux compétences complémentaires
Et si le CNRS s’est entouré des meilleurs partenaires pour son programme national RISE, il en a fait de même au niveau européen. En effet, on retrouve parmi les membres du consortium Tech2Market l’entreprise de formations à l’entrepreneuriat, Deeptech Founders. « Depuis 2018, nous accompagnons les chercheurs porteurs de projets scientifiques sur des questions d’entrepreneuriat allant de la négociation d’une licence, à la propriété industrielle, en passant par le retour d’expérience CEO… Ce qui fait la différence à Deeptech Founders c’est que nous venons du terrain », explique Guillaume Berteloot, formateur à Deeptech Founders. Un modèle qui fonctionne très bien notamment avec le programme RISE du CNRS dont les bénéficiaires suivent une formation Deeptech Founders. « Avec le CNRS, nous apportons des visions assez complémentaires. Nous avons un rôle de prise de recul là où un programme comme RISE est plus dans l’action et dans la gestion de la PI », ajoute Guillaume Berteloot. Une complémentarité désormais disponible au niveau européen.
Faire bénéficier tout un écosystème européen
Alors que le programme Tech2Market en est à ses débuts, il a accompagné déjà 30 projets Pathfinder et Transition. « Notre participation au programme Tech2Market de l’EIC démontre de la qualité de l’accompagnement entrepreneuriale qui s’est développé au CNRS. Un accompagnement apprécié à des niveaux aussi avancés que ceux des projets lauréats des appels Pathfinder dont les taux de succès sont de 7 % », indique Thomas Ribeiro. Et si la participation du CNRS au programme lui permettra de continuer à améliorer son accompagnement, c’est également l’occasion pour l’organisme de se confronter à d’autres points de vue, méthodologies et approches. « Si le CNRS apporte son expertise, les échanges entre européens lui permettront également d’apprendre des différents retours d'expérience et formations » souligne Viorel Peca.
Le programme soutient également une volonté de l’EIC de partager les bonnes pratiques avec l’ensemble de l’écosystème académique européen afin que les résultats de la recherche ne « dorment pas sur des étagères. » L’EIC souhaite que les bons élèves partagent leurs pratiques avec les pays dont les actions d’accompagnement à l’entrepreneuriat nécessitent encore des efforts de structuration. Une consolidation d’un écosystème que le CNRS pourra faire bénéficier à ses start-up.