CNRS La lettre innovation

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Créations d'entreprise

Le CNRS : une pépinière d'entreprises à succès

Introductions en bourse réussies, acquisitions industrielles d’avenir, levées de fonds significatives, le CNRS soutient, depuis presque vingt ans, les démarches entrepreneuriales portant sur les innovations issues de ses laboratoires.

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Le CNRS occupe dans le domaine de l’innovation et de la valorisation une place assez singulière. Il dépose certes des brevets mais sa particularité et sa force résident dans ses recherches fondamentales d’où sont issues les innovations qui voient le jour quotidiennement dans ses laboratoires. Le CNRS consacre ainsi chaque année un budget de plus de 27 millions d’euros à la valorisation de ses résultats.

Depuis 2006, sept spin-offs du CNRS ont pu concrétiser leur réussite via des introductions en bourse fortement médiatisées et ayant séduit les marchés : Innoveox, McPhy Energy, Supersonic Imagine, Quantum Genomics, Integragen, ImmuPharma et Carbios. Innoveox et Supersonic Imagine comptent d’ailleurs pour actionnaires FIST,  la filiale de valorisation du CNRS.

L’intérêt industriel pour les innovations issues du CNRS a par ailleurs été encore une fois confirmé, en mars 2014, par la transaction entre Arterial Remodeling Technologies, dont FIST est l’un des actionnaires historiques, et la société japonaise Terumo.

Qu’il s’agisse de dépollution, de stockages des énergies renouvelables, d’imagerie médicale, de diagnostics ou de dispositifs médicaux, les technologies développées par ces sociétés issues du CNRS, ont su se positionner sur des marchés stratégiques très variés aux enjeux sociétaux forts.

Innoveox
Créée en 2008 à Bordeaux, la société Innoveox propose une offre de services clé en main pour traiter et valoriser durablement les déchets organiques, notamment les déchets industriels dangereux (huiles, solvants, pesticides, etc...). Cette offre repose en partie sur l’oxydation hydrothermale en milieu supercritique (OHTS) à énergie positive, résultat de vingt années de recherches portées par le CNRS au sein de l'Institut de chimie de la matière condensée (CNRS).

De ces recherches avec l’équipe de François Cansell, deux familles de brevets ont été déposées puis ont été transférées à la société lors d’une opération finalisée en 2014 au cours de laquelle le CNRS, via FIST, est entrée au capital de la société.

Depuis, Innoveox poursuit ses succès commerciaux : un partenariat structurant avec Air Liquide a été signé et son introduction en bourse (Euronext Alternext) a permis de lever plus de 15 millions d'euros. La société est actuellement valorisée à plus de 40 millions d’euros.

McPhy Energy SA
McPhy Energy SA, créée en 2008 à La Motte-Fanjas, développe une technologie unique de stockage d'hydrogène sous forme solide (hydrure) associée à une technologie de production d'hydrogène par électrolyse de l'eau, réinventée et parfaitement ajustée aux besoins des énergies renouvelables. McPhy a ainsi réalisée et installée, à ce jour, plus de 3 000 solutions de production flexible d’hydrogène à travers le monde chez plus de 1 000 clients. Plus de 7 000 Nm3/h de production d'hydrogène sur site sont aujourd’hui en opération avec la technologie McPhy. Le groupe dispose de trois sites de production en France, en Allemagne et en Italie et d'un laboratoire de R&D en France. Pour soutenir son fort développement, McPhy Energy SA bénéficie du soutien d'actionnaires de premier plan dont Bpifrance et Areva.
La société a pour origine des travaux du CNRS datant des années 2000 sur les hydrures métalliques au sein de l’Institut Néel (CNRS) avec les chercheurs Daniel Fruchart et Patricia De Rango. Ces recherches ont permis le dépôt de plusieurs brevets qui ont depuis été concédés en licence à McPhy Energy SA.
La société a, lors de son introduction en bourse cette année (Euronext Compartiment C), levé 32 millions d’euros et se valorise actuellement à plus de 100 millions d’euros.

Supersonic Imagine
Supersonic Imagine, créée en 2005 à Aix-en-Provence, spécialiste de l'imagerie médicale, conçoit, développe et commercialise une plateforme échographique révolutionnaire,Aixplorer®.Aixplorer® est le seul échographe à pouvoir imager deux types d’ondes : les ondes ultrasonores permettant de construire des images d’une qualité exceptionnelle et les ondes de cisaillement permettant aux médecins de visualiser et analyser en temps réel la dureté des tissus, et ce, grâce à une procédure fiable, reproductible, et non invasive. La société dispose d’une base installée de plus de 800 Aixplorer® dans plus de 50 pays. Cette innovation a même récemment été primée comme étant une véritable technologie de rupture par le groupement d'achat Premier, Inc..
Cette offre de produits s’appuie sur des travaux réalisés au CNRS autour des chercheurs Mathias Fink et Mickaël Tanter de l’Institut Langevin (CNRS/ESPCI ParisTech/Inserm/UPMC/Université Paris Diderot). SuperSonic Imagine exploite aujourd'hui en tout quatorze familles de brevets issues de ces recherches académiques. En 2008, le CNRS a confirmé son soutien à la société en entrant notamment à son capital via FIST, tout en poursuivant une collaboration historique.
Depuis cette année, Supersonic Imagine est cotée en bourse (Euronext Compartiment B) suite à une opération où 50 millions d’euros ont été levés. La société est actuellement valorisée près de 200 millions d’euros.

Quantum genomics
Créée en 2006 à Massy, Quantum Genomics est une société de recherche biopharmaceutique développant de nouvelles thérapies dans le domaine des maladies cardiovasculaires. Elle s’est donnée pour mission de développer de nouvelles thérapies pour des besoins médicaux non satisfaits dans le domaine des maladies cardiovasculaires, notamment l’hypertension artérielle et l’insuffisance cardiaque.
Les molécules thérapeutiques développées par la société sont des inhibiteurs de l’aminopeptidase A, enzyme agissant sur la régulation centrale de la pression artérielle et qui trouvent leurs origines auprès des chercheurs Bernard Pierre Roques de l’Unité de technologies chimiques et biologiques pour la santé (CNRS/Université Paris Descartes/Inserm/Chimie ParisTech) et Catherine Llorens-Cortes du Centre interdisciplinaire de recherche en biologie (CNRS/Inserm/Collège de France). Ces développements ont depuis fait l’objet de trois familles de brevets concédées en licence à la société.
Quantum Genomics est depuis cette année cotée en bourse (Euronext Alternext) et est actuellement valorisée à plus de 20 millions d’euros.

ImmuPharma
Immupharma, installée à Mulhouse, a pour origine la société BioDelivery system créée en 2001 et dont la stratégie vise le développement de nouvelles molécules actives d’origine peptidique.
ImmuPharma France développe actuellement cinq candidats médicaments visant respectivement le traitement du lupus, du cancer, des douleurs modérées à sévères (cancers ou douleurs post-opératoires), des infections sévères et résistantes acquises à l’hôpital et des conditions inflammatoires/allergiques (asthme, arthrite rhumatoïde).
Ces développements s’appuient en partie sur les avancées réalisées au sein de certains laboratoires du CNRS : l’Institut de biologie moléculaire et cellulaire (CNRS), le laboratoire "Immunopathologie et chimie thérapeutique" (CNRS) , tous deux situés à Strasbourg, et le laboratoire "Croissance, réparation et régénérations tissulaires" à Créteil. De ces travaux, huit familles de brevets ont été licenciées ou déposées en copropriété avec Immupharma, couvrant ainsi un large spectre de peptides thérapeutiques.
Parmi les projets développés conjointement par Immupharma et le CNRS, le plus avancé est relatif à un traitement spécifique du lupus, maladie auto-immune inflammatoire sévère. Ce traitement, le LupuzorTM est un péptide découvert en 2001 par laboratoire "Immunopathologie et chimie thérapeutique" (CNRS). C’est alors pour financer les essais cliniques de ce traitement que la société ImmuPharma a fait son entrée en bourse sur le marché anglais en 2006 (London Stock Exchange 2nd marché AIM). Le Lupuzor a depuis validé avec succès la phase clinique IIb et est autorisé pour démarrer la phase III réglementaire.
L’autre projet phare d’Immupharma, actuellement en phase I/IIA, est relatif à un peptide anti-cancéreux du type nucleolin/nucleophosmin (projet Nucant) développé en collaboration avec les laboratoires "Croissance, réparation et régénérations tissulaires" et "Immunopathologie et chimie thérapeutique".

Carbios
Carbios, jeune entreprise innovante créée en 2011 à Saint-Beauzire, est spécialisée dans le développement de bioprocédés industriels proposant de nouvelles voies compétitives pour la valorisation des déchets plastiques et la production de bio-polymères. Truffle Capital, spécialisé dans le soutien de sociétés technologiques, futurs leaders sur leurs marchés, est l’investisseur historique de Carbios.
Carbios entretient des liens très forts avec le CNRS dans le cadre de projets de recherche en collaboration avec Thierry Ferreira du Laboratoire signalisation et transports ioniques membranaires (CNRS/Université de Poitiers/Université François-Rabelais de Tours) à Poitiers et Valagro. De ces recherches, deux familles de brevets portant sur des souches bactériennes particulières capables de dégrader des polymères et des compositions de polymères dégradables ont été déposées et sur lesquels des options sur licence ont été concédées à Carbios.
Depuis, un laboratoire coopératif Ebi-Carbios, animé par Thierry Ferreira, est alors né de la volonté commune de poursuivre, dans le cadre du projet Thanaplast™, ces travaux de recherche et développement. Ce projet est un consortium de sociétés de biotechnologie et de partenaires industriels producteurs de films plastiques ou de bioproduits issus de la biomasse végétale pour le développement de technologies éco-innovantes dans le domaine des plastiques biodégradables.
La société Carbios est depuis fin 2013 cotée en bourse (Euronext Alternext) et est déjà valorisée à plus de 50 millions d’euros.

IntegraGen
IntegraGen, créée en 2000 à Evry, développe des biomarqueurs pour l’autisme et l’oncologie, en y associant des services en génomique grâce à un savoir-faire technologique et scientifique de tout premier plan. IntegraGen a ainsi mis en place une offre de médecine personnalisée en oncologie, une plateforme de séquençage génomique et enfin un premier test de diagnostic moléculaire prédictif de l’autisme.
Pour répondre aux ambitions affichées de médecine personnalisée et sur la base de recherches menées sur le cancer colorectal métastatique du laboratoire "Bases moléculaires de la réponse aux xénobiotiques" (Inserm), IntégraGen a développé un biomarqueur pour l’oncologie permettant un test prédictif de réponse aux traitements. De cette découverte, une famille de brevets a été constituée puis concédée en licence à IntegraGen. En parallèle, le CNRS a aussi apporté son soutien à cette société en entrant à son capital via sa filiale FIST.
La société IntegraGen est depuis fin 2010 cotée en bourse (Euronext Alternext) et est déjà valorisée à plus de 28 millions d’euros. Une opération d’augmentation de capital a récemment été réalisée avec succès ; plus de 4 millions d’euros ont pu être levés. Ces fonds supplémentaires visent à financer divers développements en cours sur l’offre de produit et service proposée par la société.

Arterial Remodeling Technologies
Créée en 2001 à Noisy-Le-Roi, Arterial Remodeling Technologies est une société développant des endoprothèses coronaires biorésorbables qui favorisent le remodelage naturel d'une artère endommagée après angioplastie. La société est le fruit des travaux de recherche menés par trois institutions renommées : the Cleveland Clinic, le CNRS (Centre de recherche sur les biopolymères artificiels aujourd'hui Institut des biomolécules Max Mousseron (CNRS/Universités Montpellier 1 et 2)) et l’Université Paris Descartes. Cette collaboration a abouti à une famille de brevets portant sur les stents biorésorbables, qui a depuis été concédée en licence à la société. Le CNRS a apporté son soutien en parallèle à cette licence notamment en entrant au capital d’Arterial Remodeling Technologies via sa filiale FIST, et ce, dès la création de cette société.
La société continue aujourd’hui ses développements dont l’intérêt scientifique et industriel a su porter ses fruits comme le démontre l’accord de rachat structuré signé avec Terumo. De par cet accord, Terumo obtient une option exclusive pour le rachat de la technologie relative aux supports biorésorbables à des fins de traitement des maladies coronariennes.

 

Contact :

Julien Brohan / FIST / T. +33 1 1 40 51 00 90 / julien.brohan@fist.fr