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MicroLAS : une nouvelle méthode d’analyse ultra-rapide et ultra-sensible de l’ADN

Opérations d’analyse d’ADN d’une seule traite, réduction drastique du temps de manipulation, amélioration de la sensibilité : MicroLAS (µLAS), la méthode de séparation et de concentration des molécules d’ADN mise au point par Aurélien Bancaud du LAAS1, promet de révolutionner les analyses de biologie moléculaire. 

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Une dizaine de minutes au lieu des trois heures habituelles, un gain de sensibilité de 100 à 1000 fois supérieur... Voilà des chiffres qui ont de quoi donner le tournis à n’importe quel criminologue spécialiste des analyses ADN. MicroLAS (µLAS), la nouvelle méthode de séparation des molécules d’ADN mise au point par Aurélien Bancaud, du Laboratoire d’analyse et d’architecture des systèmes (CNRS), promet de bouleverser les futures analyses de police scientifique et tests de dépistage du cancer. Début février, le chercheur a reçu le prix d’instrumentation de la Société chimique de France pour cette innovation révolutionnaire. Sa prouesse ? Une puce microfluidique, capable de réaliser d’une seule traite les opérations de concentration,purification et séparation d’ADN inhérentes aux analyses, et qui remplace la matrice d’agarose (un polymère d’agar-agar purifié) habituellement utilisée.

La séparation classique de l’ADN par électrophorèse repose sur l’application d’un champ électrique. Les fragments d’ADN déposés sur la matrice gélatineuse migrent, sous l’effet du courant, en fonction de leur poids moléculaire : les petits fragments se faufilent rapidement à travers la matrice alors que les plus gros sont freinés dans leur progression. Utilisée pour identifier des séquences génomiques, vérifier la qualité d’un échantillon, ou encore récolter un fragment spécifique d’ADN, la méthode, qui a peu évolué depuis les années 80, requiert à la fois un long temps de préparation (du gel et des échantillons) et une importante quantité d’ADN pour être sensible.

Véritable coup d’éclat, µLAS  supprime le gel et autorise des échantillons mille fois plus dilués que ceux traités par les outils classiques. Obtenues à partir de procédés de fabrication hautement similaires à la microélectronique, les puces µLAS sont très attractives en termes de coût. La technologie est également suffisamment polyvalente pour s’adapter aux capillaires (des tubes de verre de 100 µm de diamètre utilisés couramment pour la séparation d’ADN). Les performances d’analyse sont au meilleur niveau mondial sur des appareils commerciaux.

Cette technologie de rupture a fait l’objet d’un accompagnement par Toulouse Tech Transfer (TTT) et de deux dépôts de brevet CNRS2. La société Picometrics, spécialisée dans la détection haute sensibilité de fluorescence, a signé un accord de licence3 du brevet en vue du développement de l’innovation.

1 Laboratoire d’analyse et d’architecture des systèmes (CNRS).

2 DI 05260-01 et 05260-02.

3 Contrat sous-licence L15297 « Transfert de résultats de maturation et option de licence ».

 

 

 

Contact : 

Aurélien Bancaud / LAAS / abancaud@laas.fr