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Start-up

Dynacure : vers une nouvelle stratégie de traitement des myopathies centronucléaires

Issue des recherches de l’équipe de Jocelyn Laporte de l’Institut de génétique et de biologie moléculaire et cellulaire1, la start-up Dynacure développe une nouvelle approche thérapeutique pour le traitement des myopathies centronucléaires, des maladies neuromusculaires rares ayant une origine génétique. Elle prévoit la mise au point d’oligonucléotides antisens capables de diminuer l’expression de certains gènes cibles, notamment celui de la dynamine 2.

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Apparaissant souvent dès la naissance, les myopathies congénitales se caractérisent par des anomalies structurelles des fibres musculaires qui entrainent une faiblesse musculaire généralisée. Déficit respiratoire, atrophie musculaire, difficultés à mobiliser les bras et à marcher, la gravité et l’évolution de ces maladies génétiques rares peuvent varier d’une myopathie congénitale à l’autre, voire d’un patient à l’autre.

Parmi les formes les plus graves, les myopathies centronucléaires se distinguent par la position centrale des noyaux des fibres musculaires, normalement localisés en périphérie. Ces maladies touchent aujourd’hui une naissance sur 50 000 dans le monde et peuvent déboucher sur une perte de la marche autonome, et parfois sur une incapacité respiratoire associée au décès précoce des patients lors de l’enfance. Elles impliquent des mutations localisées des gènes codant pour des protéines régulant l’organisation des cellules musculaires. Trois gènes principaux ont pour l’heure été identifiés : la myotubularine (MTM1), la dynamine 2 (DNM2) et l’amphiphysine 2 (BIN1). Selon le cas, la maladie se transmet à la descendance selon un mode autosomique dominant, récessif ou lié au chromosome X2. A ce jour, il n’existe aucun traitement curatif, l’approche thérapeutique étant uniquement symptomatique et multidisciplinaire (kinésithérapie, appareillage…).

Issue de résultats de recherches récentes de l’Institut de génétique et de biologie moléculaire et cellulaire1, la toute jeune start-up strasbourgeoise Dynacure a pour objectif de développer une nouvelle stratégie thérapeutique contre les myopathies centronucléaires. Créée en octobre 2016, elle s’appuie sur les travaux de l’équipe de Jocelyn Laporte, à l’origine de l’identification de plusieurs gènes impliqués - notamment celui de la dynamine 2 - et ayant fait l’objet de deux dépôts de brevets3. Cette protéine appartient à une famille de protéines cytoplasmiques impliquées dans la formation de vésicules lors de l'endocytose. Les chercheurs ont montré qu’en diminuant, par croisement génétique, le niveau d’expression de la dynamine 2 chez des souris atteintes de myopathie centronucléaire, ils obtenaient leur rétablissement quasi-total sur l’ensemble des signes cliniques de la maladie et l’allongement de leur durée de vie (de deux mois, celle-ci revient à une durée normale de deux ans).

Partant de ce constat, la start-up va mettre au point des oligonucléotides antisens ciblant certains gènes identifiés au laboratoire, dont celui de la dynamine 2, pour développer une nouvelle approche thérapeutique pour le traitement des myopathies centronucléaires. Dynacure est le fruit d’une maturation réalisée par la SATT Conectus Alsace. La start-up vient de finir son premier tour de financement auprès de Kurma Partners, un fonds de capital-risque dédié à la santé. Elle a également signé un premier partenariat industriel avec la compagnie pharmaceutique Ionis Pharmaceuticals, leader mondial de la thérapie antisens, pour accéder à sa plate-forme anti-sens et prochainement réaliser in vivo des preuves de concept avec un oligonucléotide antisens ciblant la dynamine 2 humaine.

1 Institut de génétique et de biologie moléculaire et cellulaire (CNRS/Université de Strasbourg/Inserm).

2 Un mode de transmission autosomique signifie que la version mutée du gène est localisée sur un chromosome non sexuel (autres que les chromosomes X et Y). Dans le cas d’une transmission autosomique dominante, un seul exemplaire du gène muté suffit à instaurer la maladie. Une transmission autosomique récessive implique, elle, la présence de deux exemplaires défectueux, chacun issu d’un des deux parents. Un mode de transmission lié au chromosome X signifie que le gène défectueux est présent sur le chromosome sexuel. Ainsi, seuls les hommes sont, en général, affectés par la maladie, et seules les femmes la transmettent.

 3 Brevets WO2015055859 publié le 23/04/2015 « Inhibiteur de la dynamine 2 pour le traitement des myopathies centronucléaires » et WO2016170162 publié le 27/10/2016 « Inhibiteur de dynamine 2 pour le traitement de la dystrophie musculaire de Duchenne ».

 

Contact :

Jocelyn Laporte / Institut de génétique et de biologie moléculaire et cellulaire / jocelyn@igbmc.fr