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Doubler le budget du programme de prématuration du CNRS

Le programme de prématuration, mis en place par le CNRS depuis cinq ans, vise à faire émerger des projets à fort potentiel d’innovation. Le CNRS, en consacrant deux millions d'euros par an à ce programme, assume le risque d’investir et d’accompagner des projets amont.

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Proposés par les Instituts thématiques du CNRS puis sélectionnés par un comité d'experts (industriels, entrepreneurs, investisseurs, CNRS et sa filiale nationale de valorisation, CNRS-Innovation), une vingtaine de projets bénéficie ainsi, chaque année, d’un financement et d’un accompagnement personnalisé du CNRS.

Parmi eux, on peut citer par exemple un projet d’étude de tumeurs cancéreuses greffées dans des embryons de poulet porté par Valérie Castellani. Ce projet a conduit à la création de la start-up Oncofactory en 2016. Valérie Castellani a été lauréate du Concours Mondial de l’Innovation en 2016, du concours I-lab et du prix de la fondation Bettencourt Schueller.

Autre exemple, le projet porté par Alain Penicaud et Carlos Drummond sur la fabrication d’eau de graphène et de nanotubes de carbone pour préparer des films transparents conducteurs pour écrans flexibles a conduit à la création de la start-up Carbon water en 2017. Il est candidat au prochain concours I-lab.

Enfin le projet de Cyril Aymonier et François Martin porte sur la synthèse en continu du mica et de la kaolinite, l’élaboration de matériaux nanostructurés à partir d’une méthode de synthèse non conventionnelle et durable : la voie fluide supercritique. Ces minéraux ont de nombreuses applications, papier, médical pour la kaolinite, propriétés d’isolant électrique et de résistance à la chaleur pour le mica. Un réacteur démonstrateur a été développé dans le cadre de la prématuration. Des discussions sont en cours avec l’entreprise IMERYS pour, à partir du démonstrateur mis au point, la réalisation d’un pilote industriel.

Ces exemples illustrent bien le rôle d’aiguillon et d’initiateur du programme de prématuration du CNRS. La prématuration ne constitue que la première étape de la vie d’un projet. Lorsqu’elle débouche sur les résultats attendus, il est essentiel que l’accompagnement du projet se poursuive. Ceci peut se faire par une maturation par une SATT (comme pour le projet d’Alain Penicaud et Carlos Drummond) ou par un industriel (comme pour la synthèse du mica) ou encore par le démarrage d’une start-up à laquelle le CNRS concède une licence, voire prend une participation au capital.

L’évaluation des projets achevés a montré un bilan très positif et témoigne de la pertinence de l’action de prématuration. En effet, plus de 2/3 des projets ont pu valider les objectifs visés et atteindre une maturité située au niveau TRL 3 ou 41. Parmi eux, de nombreux projets ont poursuivi leur développement dans le cadre d’une maturation par une SATT (70 %) par un industriel ou sur fonds propres. Environ la moitié des prématurations terminées s’est vue valoriser ses résultats par la création d’une start-up (12 start-up créées et 8 en cours).

Compte tenu de l’intérêt suscité par le programme et du nombre de projets potentiels, l’objectif est de doubler le budget du programme de prématuration.

L'échelle TRL (Technology readiness level) est un système de mesure employé pour évaluer le niveau de maturité d'une technologie.

 

Marie-Pierre Comets

Directrice de l'Innovation et des relations avec les entreprises du CNRS