CNRS La lettre innovation

Partenariats, création d'entreprises, brevets, licences, événement... Retrouvez tous les mois les dernières actualités de la valorisation et de l'innovation au CNRS.

Start-up

Signia Therapeutics identifie des molécules pour contrer les infections respiratoires

La start-up fondée par des chercheurs du Centre international de recherche en infectiologie1 et de l'université Laval (Québec, Canada) a mis au point une méthode innovante de repositionnement de molécules dans de nouvelles applications thérapeutiques. Sa cible : les maladies infectieuses respiratoires.

illustration

Les maladies infectieuses respiratoires comme la grippe (250 000 à 500 000 décès chaque année dans le monde), ou la bronchiolite, qui peut s'avérer grave chez les jeunes enfants, représentent un véritable enjeu de santé publique. Or, les traitements contre les virus responsables de ces infections sont parfois inefficaces voire inexistants. La start-up Signia Therapeutics, fondée en avril 2017 par des chercheurs du Centre international de recherche en infectiologie1 et de l'université Laval (Québec, Canada), propose une méthode innovante pour identifier des molécules capables de contrecarrer ces infections respiratoires. Développée au sein du laboratoire, cette méthode a déjà permis d'identifier huit molécules antivirales, protégées par des brevets, et qui sont maintenant dans le pipeline de Signia Therapeutics. La stratégie de la start-up consiste à repositionner comme anti-infectieux des molécules qui avaient été au départ développées pour d'autres indications, sans parfois atteindre la mise sur le marché.

« Nous travaillons notamment sur des molécules qui sont dans le domaine public, ou sur des molécules appartenant à la chimiothèque de laboratoires mais n’ayant jamais atteint le marché, et pour lesquelles nous proposons de nouvelles possibilités commerciales », indique Olivier Terrier, l'un des cofondateurs de Signia Therapeutics2. Ainsi, la start-up a signé récemment un important accord avec Sanofi, qui prévoit l'évaluation de plus de cent molécules provenant de la chimiothèque du laboratoire pharmaceutique, dans l’optique de repositionner certaines d’entre elles dans le champ antiviral.

La stratégie utilisée par Signia Therapeutics consiste à cibler non pas le virus lui-même mais son impact sur la cellule hôte, à partir d'échantillons cliniques provenant de patients infectés. La plateforme d'identification de nouvelles applications thérapeutiques repose sur un processus original : l'identification d'une molécule active est basée sur l'analyse transcriptomique3, par comparaison entre les signatures transcriptomiques de cellules pathologiques et de cellules traitées par la molécule.

« D'autres accords avec des laboratoires pharmaceutiques sont en cours de négociation pour repositionner des molécules qui n’avaient plus de perspectives de développement », indique Philippe Personne, directeur général de Signia Therapeutics. L'équipe initiale des fondateurs va se renforcer pour atteindre huit personnes fin 2019. La start-up va également valoriser son portefeuille de brevets en recherchant des partenaires industriels susceptibles de poursuivre le développement de ses molécules jusqu'à l'autorisation de mise sur le marché, puis la commercialisation. Une levée de fonds est sur le point d'être finalisée, pour continuer le développement de l'entreprise.

 

1 Centre international de recherche en infectiologie (CNRS/Inserm/ENS Lyon/Université Claude Bernard)

2 Les quatre fondateurs scientifiques de Signia Therapeutics, tous trois issus du Centre international de recherche en infectiologie, sont Olivier Terrier (CNRS), Andrés Pizzorno (Université Lyon 1), Manuel Rosa-Calatrava (Inserm) et Guy Boivin (Université Laval/CHU de Québec)

3 L'analyse transcriptomique est l'étude de l'ensemble des ARN produits lors de la transcription d'un génome. La quantification de ces ARN donne une indication du taux de transcription de différents gènes dans des conditions données et peut ainsi permettre de caractériser un état infectieux des cellules : sa signature transcriptomique.

Contacts :
Olivier Terrier / Centre international de recherche en infectiologie / olivier.terrier@univ-lyon1.fr
Philippe Personne / Signia Therapeutics / philippe.personne@signiatherapeutics.com