Si les photons, les vibrations, les pressions… stimulent
directement nos récepteurs sensoriels, il n'existe pas
d'énergie spécifiquement liée à
l'espace. Chaque individu, à partir d'une partie des
perceptions disponibles, doit alors construire une
représentation spatiale personnalisée. Ainsi pour
s'orienter dans l'espace, certains s'appuient surtout sur les
références visuelles (géométriques et
cinématiques), d'autres semblent préférer les
forces, d'autres encore les informations tirées de la
posture. De tels choix, objectivables à l'aide de conflits
perceptifs expérimentaux, apparaissent sans
conséquences en situations clémentes. Par contre en
situations extrêmes, ils entraînent d'importantes
différences entre les individus (mal des transports,
vertiges, conduite automobile, chutes…). Ces comportements
très individualisés limitent fortement les concepts
classiques "d'objet et de sujet indépendants" au
profit d'une interaction mutuelle et permanente entre l'individu et
son environnement. Ces propositions seront illustrées par
des expérimentations effectuées chez les sujets sains
comme chez les sujets
cérébro-lésés.
Théophile Ohlmann est professeur de
psychologie différentielle à l'Université
Pierre Mendès France et membre du laboratoire de Psychologie
et de Neurocognition - LPNC (CNRS/UPMF/USavoie). L'essentiel de ses
recherches porte sur les référentiels spatiaux
d'orientation avec des applications dans le domaine des trains
pendulaires, de la conduite automobile, de la posture et de la
neuropathologie. Aujourd'hui professeur associé à
l'Imperial College (Université de Londres), il a
été également professeur à
l'Université de Genève.